Château
Château de La Roche-Montbourcher (Cuguen)
Bretagne ; Ille-et-Vilaine (35) ; Cuguen
Ille-et-Vilaine
Combourg
Roche (la)
1826D1 276-282 1999 WK 54, WL 2, 3
Isolé
Ruisseau du Montay à la Fosse Poisson
Donjon ; enceinte ; basse-cour ; fossé ; moulin ; digue
13e siècle ; 14e siècle ; 15e siècle ; 16e siècle
Assis sur le rebord d'un plateau rocheux dominant par un talus escarpé une étroite et longue vallée au sud, le site de la forteresse de la Roche est celui d'un éperon barré artificiellement par le creusement de fossés au nord. Le château se composait d'un réduit défensif de plan trapézoïdal verrouillé par un donjon au nord, qui protège le logis seigneurial disparu dont les arrachements sont visibles sur la tour du Chesne, et d'une basse-cour s'étendant à l'est sur un vaste rectangle ceinturé de levées de terre ponctuées à chaque angle par des bases de tours circulaires. Le chemin d'accès originel venant de l'ouest devait contourner l'ensemble par le nord, franchir les fossés de la basse-cour. De là, le visiteur empruntait le pont-levis jetté sur le fossé sec séparant le bayle de la haute-cour probablement entourée de murailles. Pièce maîtresse du dispositif de défense, le donjon quadrangulaire est l'élément le mieux conservé sinon le plus intéressant du château. Constuit sur le roc qui lui a valu son nom, ce monument à lui seul est soigneusement appareillé en granite extrait sur place comme le suggèrent les excavations voisines. Il mesure 10,70 de côté et s'élevait vraissemblablement sur cinq niveaux en comptant le cul de basse fosse rempli des gravats du couronnement, le rez-de-chaussée percé de meurtrières et l'hypothétique terrasse sommitale. Le logis seigneurial primitif occupait les pièces du premier au troisième étage, éclairées chacune par de petites fenêtres à banquettes ou coussièges, chauffées par une cheminée et pourvues de latrines en encorbellement sur les douves côté ouest. L'absence d'escalier dans l'épaisseur des murs épaix de 2,80 mètres à la base laisse penser que des escaliers de bois permettaient la communication entre les niveaux. Seul accès au donjon, la porte percée au premier étage sur la face sud était munie d'un pont-levis, selon une disposition archaïque qui n'est pas sans rapeller les ouvrages romans. Pourtant, la modénature de baies et des cheminées correspondent aux usages de la seconde moitié du XIVe siècle assure Christophe Amiot à qui nous devont l'essentiel de cet analyse. L'hypothèse la plus vraissemblable avance cet auteur, attribue la construction du donjon à Jean de Montbourcher, sénéchal du Limousin pour Charles de Blois qui possède la Roche entre 1330 et 1370. Plus tardif peut être sont le logis seigneurial disparu ainsi que la tour du Chesne, (re)construit dans la première moitié du XVe siècle par Bertrand II de Montbourcher alors chambellan du duc Jean V, qui procède à une restauration du château donné comme ruiné en 1429. Forteresse de second rang, la Roche s'inscrit dans la ligne de défense des marches orientales de Bretagne, entre Dol et Saint-Aubin-du-Cormier, places ducales. L'épisode malheureux de guerres de la Ligue, sans doute la seule épreuve du feu que le monument eut à subir, lui est fatal : capitaine des Royaux, Saint-Luc met le siège devant la Roche tenu par les ligueurs en 1590. Pris et pillé, le château est démantelé par une ordonnance de 1595 et abandonné par la suite. Site d'un intérêt majeur pour le pays, qui mériterait une mise en valeur.
Terre ; granite ; moellon ; pierre de taille
Vestiges ; désaffecté
inscrit MH
Inscription à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques en date du 08/08/1995.
Propriété d'une personne privée
2001
(c) Inventaire général
2001
Gilbert Xavier
Dossier individuel
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