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Les gueux

Référence de la notice
00130101399
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
30 juillet 2014
Date de mise à jour
23 février 2026
Rédacteur de la notice
SIFFER Florian
Crédits photographiques
© Mathieu Bertola, Service photographique des Musées de Strasbourg
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
77.002.0.77 ; 77.R.2011.0275 (N° récolement)
Domaine
Titre
Les gueux
Précisions sur l'auteur
LEYDE : Leyde, 1494 ; Leyde, 1533 ; nationalité : Flamand, Néerlandais
École (pays)
Pays-Bas
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1509
Historique
Un pauvre voyageur en habits déchirés tend son écuelle à un homme arrêté au bord du chemin, affligé des mêmes insignes des vagueux, c'est-à-dire le bâton et la bouteille à boire. Il partage ainsi le peu qu'il possède avec son compagnon d'infortune. A côté, est assise une femme avec une cruche et une main dans le décolleté de sa robe. Lucas de Leyde ne se contente pas ici de décrire ces groupes de mendiants et d'ivrognes fréquents au seizième siècle et de faire de la misère un objet de pitié ; il les caractérise au contraire - conformément à des écrits contemporains comme La Nef des fous de Sebastian Brant ou L'Eloge de la folie d'Erasme - comme des créatures aux principes plutôt douteux, d'une malhonnêteté dont tout citoyen probe doit se garder (Silver 1976). Il y parvient tout particulièrement en combinant la représentation avec une interprétaion morale : la misère n'est pas agréable à Dieu, elle relève de la responsabilité individuelle. Avec l'alène à son chapeau, l'homme se révèle appartenir à la corporation des cordonniers, dont les membres étaient réputés -abandonner la droiture et la probité au profit d'une vie dissolue. On peut aussi comprendre le couple de mendiants comme une allégorie de la paresse, dont les moeurs doivent provoquer la répulsion. En outre, la femme assise dispose d'attributs qui, comme pour la cruche entre les jambes, peuvent être compris comme une promesse de complaisance dans le cas d'une bonne contrepartie (The Prints of Lucas van Leyden & His Contemporaries 1983, cat. 23, p. 82). Cette façon range la planche dans le domaine des estampes moralisatrices qui prendra plus tard une importance considérable dans l'art néerlandais et deviendra une part incontournable du langage pictural. La planche fait partie d'un groupe d'images de petit format, qui tournent autour des thèmes du pèlerin, du mendiant, de couples se promenant et d'autres scènes de genre. Elles témoignent de l'intérêt que Lucas de Leyde porta très tôt aux riches possibilités qu'offraient de tels sujets à côté des représentations canoniques de sujets religieux. Michael Matile
Localisation
Strasbourg ; cabinet des estampes et des dessins