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de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoineAutel de Mithra-Chronos léontocéphale
Autel de Mithra-Chronos léontocéphale

Référence de la notice
00640070587
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
6 juillet 2015
Date de mise à jour
23 février 2026
Rédacteur de la notice
Anne Ziéglé
Crédits photographiques
musée d'Aquitaine
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
87.1.48
Domaine
Dénomination
Titre
Autel de Mithra-Chronos léontocéphale
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Historique
La très haute teneur symbolique du relief contraste fortement avec le cadre conventionnellement gréco-romain de l'autel à niche et pilastres sur les côtés, aiguière et patère à libation sur les faces latérales, foyer et 'pulvini' (rouleaux de feuillage) au sommet. Le léontocéphale, personnage anthropomorphe à tête de lion et pattes de lions présente, quant à lui, un certain nombre d'éléments originaux par rapport à ceux qui ont été retrouvés dans les autres 'mithraea' (temples du dieu Mithra) du monde romain : il se tient déhanché, avec deux serpents à tête de dragon (gueule de mammifère et crête de coq sur la tête) qui s'enroulent autour de ses jambes en une spire et demie chacun. La représentation de sa tête, tête de lion gueule grande ouverte découvrant des canines menaçantes, était destinée à impressionner les fidèles. La figuration habituelle présente un seul serpent enroulé en trois ou six circonvolutions pour symboliser la course apparente du soleil d'un solstice à l'autre. Le lion représente le quatrième des sept grades d'initiation aux mystères de la religion mithriaque, dont la clef permet d'ouvrir symboliquement les portes, notamment lors de la cérémonie commémorant la naissance de Mithra qui marque, comme pour Janus, le début de la nouvelle année. Ce grade ouvre aussi à la possibilité de partager l'eucharistie, allongé sur les banquettes latérales : les trois grades précédents permettent de n'être que les serviteurs des initiés. Les Grecs, puis les Romains à leur suite, assimilèrent ce dieu à Kronos ou Chronos Saturne par une mauvaise compréhension du nom oriental qui le désigne. Ils en firent donc un dieu du temps (' chronos ' en grec), le vorace, mais aussi Aiôn, l'infini, et Ahriman, dieu des ténèbres. Son élément est le feu, ce qui implique l'utilisation du miel et non de l'eau pour la purification précédant la célébration. A l'origine, le sang du taureau, siège de l'énergie vitale, était utilisé pour la purification : le prêtre s'en aspergeait. Des ailes peintes ont pu figurer au fond de la niche, puisque de nombreuses sculptures représentent le léontocéphale ailé, tout comme les représentations anciennes d'Ahriman, qui existent aussi dans le culte de Sabazios, puisqu'il s'agit d'une religion hénothéiste (honorant plusieurs dieux, en en privilégiant un en particulier auquel est rendu un culte privilégié).
Localisation
Bordeaux ; musée d'Aquitaine