3430 ; 190 (Cat. peint. françaises 1968)
Jardinière de fleurs
TEISSIER ou TESSIER : Paris, 1719 ; ?, 1781 ; nationalité : Française VALLAYER : Paris, 1744 ; Paris, 1818 ; femme ; nationalité : Française
féminin
France
D'après Madame Roland-Michel (entretien du 20 juillet 2000 avec Emmanuel Starcky) cette toile serait un devant de feu (cf. article de G. de Lastic Saint-Jal dans Connaissance des Arts, mai 1955, n° 39, p. 26-31) et plus vraisemblablement attribuée à Tessier ( Louis v. 1719 - 1781 ? ) (cf. Faré pl. IX). Cette proposition d'attribution paraît convaincante (MG)
Dimensions Hauteur : 82.5 cm ; Largeur : 93.5 cm ; Dim. hors tout (en cm) HAC 101.3 LAC 112.7 EPT 7 ; Hauteur (en cm) 82.5 ; Largeur (en cm) 93.5 ; Epaisseur du châssis (en cm) 2.5 ; Hauteur avec cadre (en cm) 101.3 ; Largeur avec cadre (en cm) 112.7 ; Epaisseur totale (en cm) 7
Peinture à l'huile sur toile ; Cadre en bois doré
Au XVIIIe siècle, la fleur a investi tous les espaces du quotidien, des plus usuels aux plus luxueux. Ses supports sont l'architecture, la peinture, la sculpture, les boiseries, la ferronnerie d'art, les tissus d'intérieur (tapisseries de soie, revêtements de mobilier), les vêtements, les ustensiles de table, les objets d'art, etc. Il n'existe aucune pièce de la maison où sa présence ne soit signalée. Même la cheminée du salon en devient l'écrin : c'est la fonction de la 'Jardinière de fleurs', qui est un devant de cheminée. Louis Tessier en a réalisé un certain nombre, dans lesquels on retrouve des fleurs identiques à celles du tableau de Dijon, jusqu'au dessin des pétales : lilas, roses trémières, chèvrefeuille, pieds d'alouette ... En effet, en 1756, il reçoit 120 livres pour chacun des quatre tableaux 'faits pour des devants de cheminée, représentant des vases de fleurs, des instruments de musique et autres accessoires, propres à orner les places auxquelles ils sont destinés'. La commande provenait du service du Roy, sur l'ordre du surintendant des Bâtiments, le marquis de Marigny. Dès le Moyen Age, on se soucie de supprimer les courants d'air qui se produisent l'été dans les maisons. Pour condamner ces entrées, des châssis ou bâtis de menuiserie viennent épouser étroitement l'intérieur du manteau de la cheminée. A la Renaissance, ce sont des structures mobiles de bois ou de fer qui barrent le passage des courants d'air, de la pluie, de la suie, mais aussi des oiseaux et des voleurs, ce qui n'était pas une moindre précaution ! Aux XVIe et XVIIe siècles, la mention 'devants de cheminée' apparaît de plus en plus souvent dans les inventaires mobiliers, signe qu'ils sont désormais d'un usage courant. Les maîtres des lieux entreprennent de leur donner un aspect plus attrayant en passant commande auprès de divers artisans : certains panneaux sont alors réalisés en cuir, en cuivre doré, ou sur des tissus assortis aux autres tentures de la pièce ; ce sont parfois de simples rideaux... Au début, ce sont donc plutôt les tapissiers et les menuisiers qui sont sollicités. Dès 1660, ce sont des artistes qui sont signalés pour avoir réalisé des peintures sur toile en 'devants de feu', sur des châssis encastrés dans les montants d'un âtre. On trouve ces dispositifs essentiellement chez les grands nobles et les riches bourgeois. Les thèmes puisent dans le registre théâtral, avec des paysages en perspective, des panoramas, des mondes en miniature qui font parfaitement illusion. Leur usage comme trompe-l'oeil d'agrément se généralise au début du XVIIe siècle. Ils sont peints par des artistes de renom qui, le plus souvent, mettent en scène des agencements d'objets, des natures mortes ou des bouquets de fleurs. Ces derniers se détachent sur un fond sombre légèrement ovale (celui de l'âtre), le contenant (bassine, jardinière) repose sur un dallage recevant les ombres portées, la profondeur y est habilement suggérée. Pour parfaire l'illusion, la lumière frappe violemment les objets les plus avancés, comme s'ils émergeaient subitement de l'obscurité. Les artistes renouent ainsi avec les trompe-l'oeil illusionnistes de l'Antiquité (comme à Pompéi), mais aussi avec ceux du XVe siècle, lorsque l'on peignit des fausses portes, des placards entrouverts factices, des faux rayonnages de bibliothèques, etc. La plupart de ces devants de cheminée ont survécu au temps parce qu'ils ont été transformés en tableaux de chevalet. Mais combien ont été perdus, détruits parce que trop abîmés, exposés qu'ils étaient aux aléas du quotidien, du fait de leur emplacement : coups de balai des domestiques, jeux brutaux des enfants ? Certains sont encore repérables grâce à leur perspective particulière : après tout, ils étaient faits pour être regardés de haut (en perspective plongeante) ou à une certaine distance. Leur mode est tombée dans l'oubli à la fin du XVIIIe siècle. (Notice de Liliane Lecler-Boccacio et Yves Mignotte extraite de 'Flore au musée : Une his toire symbolique et scientifique des représentations de fleurs ... à travers les collections du musée des Beaux-Arts de Dijon', Dijon, 2008)
propriété de la commune, don manuel, Dijon, musée des beaux-arts
1934
Collection privée, Delmoure Mr
La Rose, Paris : Château de Bagatelle, 1938 (n° 21) Les femmes peintres au 18e siècle, Castres : Musée Goya, 1973 (n° 30, pl. XXIII) Les Femmes au temps de la Révolution française, Bruxelles : Banque Lambert, 1989 (n° 87 p. 173, repr.)
Quarré (Pierre) et Geiger (Monique), musée des beaux-arts de Dijon. Catalogue des peintures françaises, Dijon, 1968 (n°190) Roland-Michel (Marianne), Anne Vallayer-Coster, Paris, 1970 (n°124bis, repr. p.268) Boccacio (Liliane) et Mignotte (Yves), Flore au musée : Une histoire symbolique et scientifique des représentations de fleurs ... à travers les collections du musée des Beaux-Arts de Dijon, Dijon, 2008 (p.60-61 repr. p. 61 et 63) Lecler-Boccacio (Liliane), L'Oeuvre du mois : 'Hyacinthe Rigaud. Etude de fleurs', Dijon, musée des beaux-arts, novembre 2008 (fig. 6)