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POP | Plateforme ouverte du patrimoinePortrait de Claude-François Attiret (face) ; Etude d'homme barbu, de profil (revers)
Portrait de Claude-François Attiret (face) ; Etude d'homme barbu, de profil (revers)


Référence de la notice
01370005639
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
23 août 2006
Date de mise à jour
23 février 2026
Rédacteur de la notice
Creuzet Laurent ; Bardin Dominique
Crédits photographiques
© Jay
Identification du bien muséal
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Historique
Avec le titre du tableau surgit le premier obstacle : l'identité du modèle. Le second ne tarde pas à venir, qui concerne l'identité de l'auteur. Double problème d'identification donc, lié à la chronologie notamment. Car s'agit-il vraiment de Claude-François Attiret ? La réunion de plusieurs portraits de l'artiste à l'occasion de cette publication liée à l'exposition laisse bien sûr espérer une fructueuse confrontation qui pourra confirmer la traditionnelle identification (voir l'inscription au dos du portrait). Le tableau nous montre un sculpteur jeune et élégant absorbé dans le modelage d'une statue. A l'aide des deux pouces, il façonne une figure féminine ; sur la table des débris d'argile épars. La justesse du geste dénote l'observation des pratiques de la sculpture et rend vivante cette évocation peu éloignée d'une petite scène de genre, malgré certaines faiblesses imputables probablement à la jeunesse du peintre. Et nous voulons ici nommer Joseph-Marcelllin Combette, natif de Nozeroy. Par prudence sans doute, son nom ne fut pas maintenu en 1968 dans le catalogue de Pierre Quarré et Monique Geiger. Pour notre part, nous proposons de rétablir l'attribution ancienne, fût-ce à titre provisoire, estimant qu'elle n'était pas sans fondement, liée à la provenance de l'oeuvre, à la famille du commanditaire ou au donateur. Cette tentative de restitution nous paraît susceptible d'amorcer des recherches vivement souhaitables et de susciter un regain d'intérêt pour cet artiste dont le corpus se limite aujourd'hui à une vingtaine d'oeuvres, principalement des portraits. Il compta cependant parmi 'Les Jurassiens recommandables'. Relisons donc, non sans profit, Désiré Monnier en 1828 : Combette, affirmait-il, 'tient encore le haut rang parmi les peintres jurassiens de notre temps. Il s'occupe surtout des sujets sacrés et des portraits à l'huile ; l'on peut dire, avec assurance, que les églises et les salons dans le Jura doivent souvent au pinceau de cet artiste leurs plus beaux ornements' (1828, p. 338). La tenue vestimentaire soignée du jeune sculpteur qui évoque les dernières décennies du XVIIIe siècle se révèle en accord avec l'époque de Combette, plus qu'avec celle d'Attiret (Jean-François méjanès, communication orale, avril 2005). Sachant que quarante-deux ans séparent les deux artistes jurassiens, soit environ deux générations, vraisemblable serait, pensons-nous, l'hypothèse du portrait rétrospectif qui pourrait aussi expliquer la ressemblance peu marquée. Le caractère modeste de l'oeuvre fait écarter la possibilité d'une commande officielle. Une initiative privée paraît évidemment plus plausible : à la demande de la famille, de l'un des sept enfants issus du second mariage ou encore d'un fidèle amateur ? On pourrait aussi imaginer d'y voir de la part de Combette, dont la formation chez Jean-Melchior Wyrsch (1732 - 1798) à l'Ecole gratuite de Peinture de Besançon se poursuivra à Paris auprès du sculpteur jurassien Claude Dejoux (1732 - 1816), l'expression de son admiration pour l'oeuvre d'Attiret. Le présent tableau ne révèle pas encore le peintre dans la pleine maturité de son talent : l'attendrissant 'Portrait de famille' du musée des beaux-arts de Tours (inv. 850-1-1), son oeuvre la plus célèbre aujourd'hui, est signé et daté de l'an IX, soit 1800-1801. Mais le portrait du sculpteur dolois n'est pas cependant en contradiction avec le style savoureux des attachantes figures de Jurassiens conservés dans plusieurs collections publiques de Franche-Comté ; au musée des beaux-arts de Lons-le-Saunier (inv. 1998.22.1), au musée municipal de Poligny, ni surtout avec les trois portraits masculins du musée Sarret de Grozon à Arbois, précieux repères, signés et datés respectivement de l'an IX (inv. 76), de 1817 (inv. 37) et de 1820 (inv. 168). La statuette qui devrait permettre d'éclairer l'identité du sculpteur n'est identifiable, même approximativement, avec aucune oeuvre d'Attiret connue à ce jour (G. Scherf, communication oral e, mai 2005). Mais, comme l'on sait, de son abondante production, beaucoup d'oeuvres restent à découvrir... A moins qu'il ne s'agisse simplement d'une évocation de fantaisie. Un nettoyage de l'oeuvre, exécutée sur un support fragile, en permettra une meilleure appréciation. Il est à souhaiter enfin que la publication de ce tableau conservé à Dijon soit aussi, pour le lecteur de ce catalogue, une invitation à regarder mieux ses tableaux de famille. (Notice extraite du catalogue de l'exposition 'Claude-François Attiret', Dole, 2005)
Localisation
Dijon ; musée des beaux-arts