Historique
Peinture à l'huile sur toile ; Cadre en bois doré avec faibles reliefs Une vitre brisée couvre en partie une planche de bois sur laquelle est collée une estampe, peut-être une aquatinte. Dès la première approche, on est interpellé par la déchirure qui a enlevé tout le côté droit de l'oeuvre et donne d'ores et déjà la tonalité de l'ensemble. L'image représente un homme chapeauté et couvert d'une mante tenant sous son bras une vielle. Son expression est triste et son regard vague. Il est accompagné d'une petite fille en train de jouer un air sur son violon. Curieusement, ses grandes mains font penser à une femme adulte recroquevillée sur elle-même. De l'autre côté de l'homme on entrevoit deux enfants encapuchonnés dont la mine réjouie contraste avec l'aspect et l'expression de l'adulte. Le groupe se trouve à l'extérieur d'une maison bordée par un arbre. L'estampe, reprise par Vispré d'après un tableau d'Adriaen van Ostade (1610 - 1685), [...] est signée 'Vispré pinx.'. De cette manière ambiguë le peintre s'attribue l'estampe, la peinture qui est à son origine et le trompe-l'oeil de l'ensemble. La vitre cassée, topos récurrent dans la peinture des trompe-l'oeil, permet de démontrer la virtuosité du peintre tout en introduisant habilement une troisième dimension. La brisure, par son aspect réaliste et trompeur, contribue certainement à la perplexité du spectateur. Vispré en a fait un artifice qu'il utilise fréquemment. D'autre part, on retrouve le thème des musiciens ambulants sur un autre tableau. La déchirure, la cassure et l'aspect miséreux des personnages inspirent tristesse et pitié. Peut-on, dans ce cas, parler de la symbolique de la vanité ? Par son titre ironique, par la dérision qu'il affirme, le peintre nous en empêche comme l'a déjà fait Van Ostade, son modèle. (Notice de Miriam Milman extraite de 'Le Trompe-l'oeil : plus vrai que nature ?', Bourg-en-Bresse, 2005) ; en rapport avec : Ostade, Musiciens ambulants