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Etude de fleurs


Référence de la notice
01370006626
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
23 août 2006
Date de mise à jour
23 février 2026
Rédacteur de la notice
Creuzet Laurent ; Bardin Dominique
Crédits photographiques
© Jay
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
J 172 ; 317 (Cat. peint. françaises 1968)
Domaine
Dénomination
Titre
Etude de fleurs
Précisions sur l'auteur
RIGAUD : Perpignan, 1659 ; Paris, 1743 ; nationalité : Française
École (pays)
France
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1720
Historique
Ne pouvant plus honorer seul ses commandes, Hyacinthe Rigaud doit s'entourer très tôt de collaborateurs et d'élèves qui ne bénéficient pas au sein de l'atelier du même traitement. Celui-ci est à la fois fonction de leur degré d'habileté et de la nature de leur participation, régulière ou exceptionnelle. Si la plupart se plient à tous les exercices du métier - ébaucher, dessiner, 'habiller' tant les originaux que les répliques, 'percer de la dentelle' ou 'broder un revers' -, d'autres, académiciens de renom, passés maîtres dans les genres réputés inférieurs, ne dédaignent pas s'employer auprès d'un confrère pour des travaux ponctuels. A Pierre-Nicolas Huilliot (1674 - 1751), Jean-Baptiste Blain de Fontenay (1653 - 1715) et Antoine Monnoyer (1670 - 1747), Rigaud confie donc les fleurs qui, tantôt ornement d'une gorge ou d'une chevelure, tantôt attribut d'un travestissement divin et champêtre ('Portrait de Catherine-Marie Le Gendre, femme de Claude Pécoil' [Simmon de La Vallée], vers 1706-1709, Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie, cote Da 64 p. 121 [59] [ill.]), agrémentent ses grands portraits féminins. De ce partage des compétences, le 'Livre de raison' fournit un bon exemple (Roman, 1919, p. 72, 77) : en 1699, Huilliot fleurit Mmes Colbert de Croissy, d'Hozier et Passerat dont 'l'habillement', entièrement original, a été créé pour la circonstance. La nouveauté du parti explique sans doute que l'on ait eu recours à l'expérience d'un professionnel. Au quotidien cependant, l'atelier doit être à même d'exaucer les caprices délicats d'une clientèle toujours plus nombreuse. C'est à son intention que Rigaud exécute de petits herbiers, peints dans le goût du tableau du musée des beaux-arts de Dijon qu'une inscription ancienne, si tant est qu'on lui accorde foi, place en 1720. Il n'est pas indifférent de noter qu'à cette date, Huilliot, Blain de Fontenay et Monnoyer ont disparu des livres de comptes. Renouant avec une technique que les traditions flamande et hollandaise pratiquaient couramment, Rigaud donne la préférence à l'huile sur le dessin, lorsqu'il s'agit de rendre un détail. Très peu de ces études peintes nous sont parvenues ; mais le catalogue de la vente Hyacinthe Collin de Vermont suffit à nous convaincre de leur importance : à côté des 'neuf petits tableaux liés ensemble, études de différents sujets' et des 'huit toiles de vingt qui sont études de cuirasses, armures et draperies, peintes par M. Rigaud' figurent 'deux toiles de vingt Etudes de fleurs' du même. Sur un fond rougeâtre, coquelicots, oeillets, camomilles, boutons d'or, fleurs de grenadier, giroflées doubles, immortelles, narcisses, jasmins odorants, pavots, muguet, tubéreuses, pensées, roses échevelées composent autant de bouquets d'une même variété qu'il serait vain d'attribuer à un portrait en particulier. D'un répertoire commode pour l'atelier, Rigaud a fait une oeuvre sensible. Un charme presque irréel s'exhale de ces brassées éparses : harmonie des blancs nacrés et des jaunes fanés, où pointe l'écarlate d'une inflorescence ; correspondance secrète d'une âme féminine avec la fleur censée l'exprimer. (Notice d'Ariane James-Sarazin extraite de 'Visages du Grand Siècle. Le portrait français sous le règne de Louis XIV. 1660 - 1715', Nantes, musée des beaux-arts ; Toulouse, Musée des Augustins, 1997-1998)
Localisation
Dijon ; musée des beaux-arts