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Plateforme ouverte du patrimoine

Portrait d'Agrippa

Identification du bien culturel

N°Inventaire

Ra 336 ; 30002 (Ancien numéro)

Dénomination

Appellation

type Gabies

Titre

Portrait d'Agrippa

Période de création

Millésime de création

18 av JC, 11 av JC

Matériaux - techniques

Mesures

Hauteur en cm 32 ; Hauteur tête en cm 24,5 ; Longueur en cm 20 ; Profondeur en cm 23,5

Description

L’œuvre a été rapprochée, tant par Jean-Charles Balty que par Emmanuelle Rosso, en raison de caractères stylistiques communs, du portrait de Julie. Gendre et fille d’Auguste venaient s’ajouter, probablement au sein de l’un des bâtiment principaux du forum de l’antique Colonia Urbs Iulia Baeterrae, à l’hommage statuaire rendu à Octave, en tant que fondateur de la colonie. C’est en réalité tout un groupe familial tout à fait cohérent qui devait progressivement prendre place au cœur d’un espace public privilégié. Ainsi les deux portraits contemporains d’Agrippa Postumus et d’une petite fille, probable Vipsania Agrippina, démontrent-ils l’ambition du prince en matière de succession, à travers la mise en place d’un véritable programme dynastique. Dans ce cadre, la présence de Gaius et Lucius César, « Princes de la jeunesse », dont les destins tragiques bouleverseront les desseins impériaux, devient-elle ainsi vraisemblable. Agrippa, qui fut le plus proche conseiller et auxiliaire du prince devint également, suite à la mort du jeune Marcellus et à son remariage avec Julie, en 21 av. J.-C., l’héritier politique d’Auguste et son égal. L’histoire en décida autrement, puisque ce protagoniste essentiel des débuts de l’Empire disparu brutalement au mois de mars de l’an 12 av. J.-C. En raison de la datation envisagée pour ce premier groupe de portraits dans l’ensemble dynastique de Béziers, l’image d’Agrippa pourrait être immédiatement postérieure à sa disparition. Les analyses des marbres permettent de constater que les portraits survivants de Béziers furent majoritairement taillés dans des lychnites de Paros (Octave, Agrippa, Julie, Agrippa Postumus, Agrippine, Livie et Antonia). Le marbre de Carrare a, quant à lui, servi à l’élaboration des effigies de Tibère, Drusus et Germanicus. Au moins l’emploi du marbre italien permet-il de confirmer la chronologie et les rapprochements stylistiques soulignés entre ces trois dernières figures, ultimes figures, peut-être, du groupe julio-claudien conservé à Toulouse. Pascal Capus, catalogue d'exposition L'empereur romain, un mortel parmi les dieux, Nîmes, 2021 ; Vispanius-Agrippa (64/63 - 12 av. J.-C.), gendre d'Auguste. Aussitôt identifiée grâce à son profil caractéristique que l'on retrouve sur les monnaies, l'oeuvre ne pose aucun problème particulier d'interprétation ; elle appartient à un groupe d'une douzaine de répliques qui suivent, avec plus ou moins de précision dans le détail, un prototype dont un splendide buste du Louvre (Ma 1208, découvert en 1792 à Gabies) reste, aujourd'hui encore, la tête de série la plus sûre ("type Gabies") et que l'on s'accorde à dater des années 18-12 av. J.-C. Agrippa avait épousé la fille de l'empereur en 21 ; depuis 20 et 17 respectivement, il était le père de Gaïus et Lucius César, les "Princes de la Jeunesse", petits-fils et fils adoptifs d'Auguste. Son pouvoir s'était considérablement accru, en 18, avec la délégation, pour l'Orient, de l'imperium proconsulaire du Prince et l'attribution de la puissance tribunicienne. "Collega Augusti", au plan proprement juridique, et adiutor imperü, Agrippa apparaît alors comme le "garant de la continuité" (Roddaz, p. 379) et, s'il ne vise pas le pouvoir pour lui-même, il n'en contribue pas moins à renforcer le système monarchique et représente finalement une étape essentielle dans l'importante évolution constitutionnelle de ces années décisives. Notice de Jean Charles Balty extraite du catalogue d'exposition « Le regard de Rome », 1995

Contexte historique

Lieu de création/utilisation

Europe, France, Occitanie, Hérault (lieu de création)

Découverte / collecte

Europe, France, Occitanie, Hérault, Béziers (Rue Pierre-Paul Riquet, lieu de découverte) ; Fouilles archéologiques ; (1844, avril, date de découverte)

Précisions découverte

Les fouilles rue de l'Ave (aujourd'hui rue Riquet) permirent la découverte de dix têtes en marbre (n° inventaire Ra 336 à Ra 342 d). H. Rachou, 1912. Les portraits de Béziers ont été découverts dans l'angle d'une construction antique près du forum de Béziers.

Informations juridiques

Statut juridique

propriété de la commune, achat, Toulouse, musée Saint-Raymond

Date acquisition

1845 acquis

Ancienne appartenance

Société Archéologique du Midi de la France

Informations complémentaires

Exposition

Le regard de Rome, museu nacional arqueoliogic, Tarragone, 31/03/1995 - 18/06/1995 Le regard de Rome, muséo nacional de arte Romano, Mérida, 07/07/1995 - 24/09/1995 Le regard de Rome, musée saint-Raymond, Toulouse, 13/10/1995 - 31/12/1995 Le regard de Rome, Rome, 09/02/1996 - 24/04/1996 Portraits julio-claudiens, musée Saint-Raymond, Toulouse, 06/2005 - 03/2006 (n° 9.) Augustus et alii, le portrait romain, musée du Bitterois, Béziers, 31/05/2011 - 18/09/2011 L'empereur romain, un mortel parmi les dieux, musée de la Romanité, Nîmes, 13/05/2021 - 19/09/2021

Bibliographie

Emile Espérandieu, Recueil général des bas-reliefs de la Gaule romaine, t. I, Paris, 1907 (p. 341, n° 528.1) Henri Rachou, Catalogue des collections de sculpture et d'épigraphie du musée de Toulouse, Toulouse, Editions Privat, 1912 (p. 138, n° 336) Curtius (Ludwig), "Ikonographische Beiträge zum Porträt der römischen Republik und der iulisch-claudischen Familie. V : M. Vipsanius Agrippa", dans Römische Mitteilungen, XLVIII, 1933, p. 192-243. (p. 222, pl. 32.2 et 33.2) Poulsen (Vagn H.), Studies in Julio-Claudian Iconography dans Acta Archaeologica, t. 17, fasc. I, 3, 1946, (p.8) Gross (W. Hatto), Iulia Augusta, Untersuchungen zur Grundlegung einer Livia-Ikonographie, Göttingen, 1962, (p.110) Monique Clavel, Béziers et son territoire dans l'Antiquité, Paris, 1970 (p. 467-468) Johansen (F.), "Ritratti marmorei e bronzei di Marco Vipsanio Agrippa", dans Analecta Romana Instituti Danici, VI, 1971, p. 17-48. (p. 28-29, fig. 13) François Salviat et Danièle Terrer, "À la découverte des empereurs romains et de leur famille, à travers les historiens et les portraits de Gaule Narbonnaise" dans Les dossiers de l'archéologie, 41, 1980, p. 6-87 Faedo (L.), "Ritratti e statue romane", dans Settis (S.), (éd.), Camposanto monumentale di Pisa. Le Antichità, II, Modène, 1984, p. 131-198. (p.138-9) Roddaz, Jean-Michel, Marcus Agrippa, Rome, Ecole française de Rome, 1984 (p. 620-621, fig. 18-21) De Kersauson (Kate), 1984. (p. 54) Hänlein-Schäfer (H.), Veneratio Augusti. Eine Studie zu den Tempeln des ersten römischen Kaisers, Rome, 1985. (p.54) Lévêque (Monique), dans Histoire de Béziers, Toulouse, Privat, 1986, (p. 62-67) Jean-Charles Balty, Daniel Cazes, Portraits impériaux de Béziers. Le groupe statuaire du forum, Toulouse, Musée Saint-Raymond, 1995 (n° 2) Le regard de Rome, Tarragone, Mérida, Toulouse et Rome, 1995, Toulouse, Musée Saint-Raymond, 1995 (p. 194) Wood (Susan), Forgotten women in the imperial portrait group from Béziers, Archaeological News, 1996-1997, Vol. 21-22, Oakland University, p. 1-19, (ill. p. 106) Hurlet (F.), Les collègues du prince sous Auguste et Tibère (Collection de l'Ecole française de Rome 227). Pp 692. Rome : Ecole française de Rome, 1997. (p. 462, fig. 37) Rose (Charles Brian), Dynastic commemoration and imperial portraiture in the Julio-Claudian period, University of Cincinnati, Cambridge, University press, 1997, (p. 126-127, fig. 158) Romeo (I.), Ingenuus leo. L'immagine di Agrippa, Rome, 1998, (p. 72-75, n° R9 p. 181) Daniel Cazes, Le Musée Saint-Raymond, Musée des Antiques de Toulouse, Paris, Somogy, 1999 (p. 51) Dietrich Boschung, Gens Augusta. Untersuchungen zu Aufstellung, Wirkung und Bedeutung der Statuengruppen des julisch-claudischen Kaiserhauses (Monumenta Artis Romanae, XXXII), Mayence, 2002 (n° 13-2 p. 58, pl. 41 1.3) Emmanuelle Rosso, L'image de l'empereur en Gaule romaine. Portraits et inscriptions, Paris, Editions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2006 (p. 342, n° 121) Garcia-Arguelles (Nathalie), Les voies gallo-romaines en Champagne méridionale. Troyes et ses environs, éd. La maison du boulanger, Troyes, 2007, (p. 14, fig. 7) L'empereur romain, un mortel parmi les dieux. Musée de la romanité, Nîmes, 2021, Nîmes, Musée de la Romanité (p. 213, n°116, notice Pascal Capus)

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