358 (A) ; 9820 032 ROUEN (N°Centre Charbonneaux) ; 10 (N°Cat.Cent chefs-d'oeuvre)
Athéna combattant Enkélados
510 av JC
figures noires
H. 41.8 ; D. 27
inscription concernant la représentation
Sur la face A, deux inscriptions désignent la déesse (au-dessus de son bras gauche : Ahénaiai) et le géant (dans son dos ; Enkelados).
Argile peinte. Amphore attique à col et figures noires. Le décor figuré occupe toute la panse. FACE A : à gauche, Athéna, casquée, vêtue d'un long chiton et d'une himation brodés, l'égide bordée de serpents déployée sur le bras gauche, brandit sa lance pour achever le géant Enkelados (l'incision qui marque la pointe de la lance ne coïncide pas avec la silhouette noire qui atteint la poitrine du géant). Ce dernier, équipé d'un bouclier rond où figure une triple jambe courant (triskélè), tombe à la renverse. Son casque à cimier ajouré est relevé au-dessus de son visage. Au-dessus du bras d'Athéna, une chouette ; au-dessus du géant, un oiseau de proie aux ailes déployées. FACE B : à gauche, Apollon couronné, portant une cithare et tenant un plectre dans la main droite, s'apprête à monter sur une estrade à deux degrés d'où il exécutera son chant. Sur l'estrade, une biche tournée à droite vers Artémis (?) qui tend une couronne de la main droite et tient des rameaux végétaux de la gauche.
Athéna figure ici dans une attitude qui la caractérise souvent, celle de la combattante du premier rang (promachos). Elle lutte contre un hoplite, mais utilise l'égide en guise de bouclier. Les deux oiseaux placés en haut de l'image semblent répéter métaphoriquement le combat entre la déesse - dont la chouette est l'emblème - et le géant. A cet affrontement guerrier s'oppose au revers l'harmonie musicale dont Apollon a la maîtrise. L'iconographie de cette très belle amphore constitue donc un programme cohérent où l'affrontement guerrier est opposé à l'harmonie musicale. Les figures peintes en noir se détachent sur le fond clair de l'argile, des incisions indiquent les plis des vêtements et différents détails, tandis que les rehauts blancs sont utilisés pour les visages et les bras.
Le style à figure noires, né à Athènes vers le milieu du 6e siècle av JC, a acquis ici une totale maîtrise. La production attique, qui monopolise alors le marché, est en grande partie exportée, notamment en Etrurie où l'on a retrouvé de nombreux vases dans les tombes.
Grèce, Athènes (lieu d'exécution)
propriété du département, Seine-Maritime, achat, musée des antiquités de la Seine-Maritime
1840
Durand ; Beugnot
Hommes, Dieux et Héros de la Grèce. Rouen, Musée Départemental des Antiquités. Du 23 octobre 1982 au 31 janvier 1983.
Lenormant, C., De Witte, J. Elite des monuments céramographiques. Paris, 1837-1861. (I, pl.8.) ; Gerhard. Auserlesene Vasenbilder. Berlin. 1840-1858. (pl.6.) ; Henle, J. Greek Myths. Bloomington. 1973. (p.4, fig.5.) ; Vian, F. Répertoire. (p.57, n°222, pl.31.) ; Hommes, Dieux et Héros de la Grèce. Rouen, Musée Départemental des Antiquités, 23/10/1982-31/1/1983. (p.302-304, p.119) ; Pollino, A. Guerriers et cavaliers dans le monde grec. Antibes. 1988 (p. 175) ; De l'Egypte ancienne à la Renaissance rouennaise, collections du Musée des Antiquités de la Seine-Maritime. Rouen, 1992. (n°10, photos noir et couleur.)