Précisions sur l'utilisation
Utilisé par les américains pendant la guerre de Corée, le Hiller est le premier hélicoptère mis en oeuvre par l'armée française en Indochine en 1950. Initialement servi par les équipages de l'Armée de l'Air, le Hiller s'illustra particulièrement grâce au médecin-capitaine Valérie André, première femme militaire pilote d'hélicoptère. Celle-ci évacua en 1950 et 1953 165 blessés en 129 missions de guerre. Le Capitaine Valérie André sera la première femme nommée Officier Général dans l'armée française. A partir de 1954, une partie des Hiller sera transférée dans l'ALAT (Aviation Légère de l'Armée de Terre). Essentiellement dédiés à la formation des pilotes, certains participeront à la mission scientifique de Paul-Émile Victor aux îles Kerguelen en 1955.Dès le début de la campagne d'Indochine, la nécessité d'évacuer le maximum de blessés fût un souci du commandement. Depuis 1946 la tâche d'aller au plus près des combats chercher les blessés était réservée aux Morane 500 [NDLR : avions légers de liaison et de reconnaissance]. Mais la nécessité d'avoir des bandes d'atterrissage pour ces appareils et le fait que ces bandes ne pouvaient pas toujours se trouver sur les lieux même des combats (jungle) conduisit à l'emploi d'engins susceptibles de supprimer ces bandes d'envol ainsi que le convoyage, à travers la jungle, sur civière ou à dos d'homme, des blessés pour arriver sur les lieux d'évacuation. Le seul engin répondant à ces besoins fût l'hélicoptère qui fit son apparition en Indochine en 1950. Commandement des forces aériennes françaises en Extrême Orient, synthèse sur l'emploi des forces aériennes en extrême orient 1946-1954, n°158/FAFEO/CH.OPS/TS du 19 juillet 1955. Le 16 avril 1950, deux Hiller UH 12 A sont livrés sur l'aéroport de Saïgon. Il s'agit du n° 126 et du n°133, aujourd'hui conservé au musée de l'ALAT et de l'hélicoptère de Dax. La mise en service de ces deux hélicoptères, achetés par le service de santé des armées, marque le tout début de l'emploi opérationnel de l'hélicoptère par l'armée française. Jusqu'à la fin de l'année 1951, ils seront les deux seuls hélicoptères utilisés en Indochine. Pendant cette période, essentiellement servis par des équipages de l'armée de l'air, ils multiplient les missions (évacuations sanitaires, recherche et récupération de combattants, liaisons, transports de fret et de passagers) et totalisent 550 heures de vol pour 750 sorties dont 190 évacuations sanitaires permettant de secourir plus de 300 blessés. Leur présence sur le théâtre d'opération contribue à relever fortement le moral des combattants. Le potentiel extraordinaire démontré par ces nouvelles machines volantes, dans le domaine des évacuations sanitaires et du sauvetage notamment, est rapidement reconnu à tous les échelons du commandement. Surcroît de mobilité, possibilité d'intervenir dans des délais très brefs et sur très court préavis dans des endroits isolés jusque là inaccessibles, possibilité de disposer d'un poste d'observation capable de tenir le vol stationnaire : la qualité et la nouveauté des services rendus par ces premiers hélicoptères apportent un indéniable progrès dans la manuvre aéroterrestre. D'autres hélicoptères suivront, plus nombreux et plus puissants, leurs missions vont se diversifier (transport de commandos, posés d'assaut, plate forme de renseignement et de tir). De véritables unités spécialisées dans l'emploi des hélicoptères seront progressivement mises sur pied. L'Aviation légère de l'Armée de Terre (ALAT) va prendre forme à partir de 1954 et devenir le plus gros utilisateur d'hélicoptères. Le concept d'aéromobilité qu'elle va développer dans les années 1970 fera référence dans le monde entier.