Commentaire descriptif de l'édifice
La halle aux farines forme un volume monumental de 18 000 m², long de 147 m., large de 15 m. pour 25 m. de hauteur. Ces dimensions imposantes, très représentative des besoins d’un magasin de stockage en lien avec une activité minotière, reflète cependant par son gigantisme l’ampleur du site des Grands Moulins de Paris dans le XIIIe arrondissement, longtemps le plus grand moulin d’Europe. Il traduit aussi les besoins d’approvisionnement important pour un aire de chalandise telle que celle de Paris et de sa banlieue. A l’origine, le bâtiment était divisé en trois nefs séparées par des poteaux en béton. Le vocabulaire architectural est proche de celui d’Auguste Perret, ce qui a sans doute contribué renforcer longtemps l’attribution de la construction à son élève Denis Honegger : ossature poteauxplanchers, claustras, façades en éléments préfabriqués. Face à l’imposante structure et contraint par la faiblesse du budget alloué à la réhabilitation de la halle aux farines, l’ANMA choisit en 2001 d’en préserver l’enveloppe et le volume. Seule la travée centrale a été vidée dans sa totalité. Dans l’espace libéré sont logés les 13 amphithéâtres dégagés de tout point porteur intermédiaire. Ces volumes déterminent, en partie haute, un lieu ouvert sous la voûte où sont aménagés des espaces informatiques pour les étudiants. La verrière créée en toiture contribue à la mise en valeur de la voûte, visible depuis le quatrième niveau. Au rez-de-chaussée, deux grands passages ouverts sur deux niveaux font office de halls traversants afin de mettre en relation l’esplanade des Grands Moulins avec les autres bâtiments universitaires plus à l’est. A proximité, les architectes ont aménagé un jardin et un lieu dédié à l’art contemporain. Sur le côté Seine, le restaurant universitaire occupe une construction légère à structure métallique largement vitrée ajoutée à l’édifice. Les 55 salles de cours sont aménagées dans les travées latérales desservies par des couloirs sur le pourtour du bâtiment. Les amphithéâtres sont accessibles depuis des plates-formes créées à chaque demi-niveau. L’ANMA a fait le choix de la sobriété dans le traitement des espaces intérieurs pour être en cohérence avec le caractère industriel du bâtiment d’origine, Les matériaux sont employés bruts : béton, cloisons de parpaings, réseaux apparents. A l’extérieur, les brises-soleil en béton reprennent le motif des lames de ventilation qui caractérisait le bâtiment d’origine. Dans le cadre du 1 % artistique, Bertrand Segers a créé un bas-relief intitulé Surface vivante. Répartie dans les espaces de circulation, l’œuvre est constituée de 450 pastilles de béton représentant, en écriture braille, les imperfections de peau de sa femme. A chaque type d’accident de la peau correspond un caractère braille. Mettant à profit un décrochement sur l’un des angles de la halle, l’agence Antonini-Darmon y loge en 2011 une tour étroite abritant, sur sept étages, les locaux des associations universitaires. La base du bâtiment repose sur des piliers de béton afin de libérer la circulation au rez-de-chaussée. Une résille en aluminium anodisé, perforé et plié, revêt le volume. L’effet de légèreté, les subtiles nuances qui, selon la lumière, parcourent cette peau contrastent avec la masse de béton de la halle.