Commentaire descriptif de l'édifice
Le palais de justice de Créteil est situé à l’ouest de la commune, sur un terrain sensiblement quadrangulaire de 1,8 hectare de superficie, situé en lisière de l’autoroute A86. La partie occidentale du site, la plus proche de la voie rapide, est occupée par un parking de plein-air d’environ 200 véhicules, réservé au personnel. Une allée monumentale mène à une tour de 16 étages, signal architectural constituant un point de repère visible depuis de nombreux points du territoire communal. De l’autre côté de la tour, sur la moitié orientale du terrain, s’étend un bâtiment bas formant une composition symétrique, comprenant les locaux accessibles au public et en particulier les salles d’audience, qui surmontent un parking souterrain. Situé face à la sortie de la galerie commerciale du palais, l’accès général au palais de justice est encadré par deux bassins d’ornement dotés de jets d’eaux et un ensemble de jardins plantés. Empreinte d’une solennité accentuée par la symétrie général de l’édifice, l’entrée du palais de justice s’effectue, après le passage entre les fontaines, par un sas orné de deux portes en métal dues au sculpteur Pierre Sabatier. Le visiteur pénètre alors dans le hall des pas perdus, baptisé rue de la justice par les architectes. Couvert par une verrière zénithale, cet espace d’accueil fait l’objet d’une composition particulièrement soignée, les bases des douze poteaux en béton armé s’évasant en alcôves dotées de banquettes, préservant une certaine intimité pour l’attente et la discussion. Le hall donne accès aux équipements encadrant les deux bassins extérieurs : au sud, le restaurant de 200 places destiné au personnel, et au nord la cafétéria du public. Une garderie, un bureau de poste et un drugstore sont également proposés, à l’origine, aux visiteurs. Située dans l’axe du hall d’entrée, une passerelle permet d’accéder à la tour. Le rez-de-chaussée du bâtiment bas est dévolu aux assises et au parquet, qui occupe la partie nord autour de la grande salle d’audiences. La partie sud accueille quant à elle deux salles d’audiences pénales et les locaux du tribunal de police. Des escaliers donnent accès à quelques locaux en mezzanine. Le rez-de-chaussée surmonte deux niveaux de rez-de-jardin. Le niveau inférieur, en grande partie enterré, est à usage de locaux techniques, d’archives et de parking souterrain ; seule la partie occidentale est aménagée en bureaux destinés au service d’application des peines et à l’ordre des avocats. Le niveau supérieur du rez-de-jardin comprend également de vastes locaux d’archives ainsi que les services sociaux et le tribunal des mineurs. C’est à ce niveau que sont amenés les détenus, la salle des gardes ainsi que les cellules étant situées en cœur d’œuvre. Des escaliers et des ascenseurs dédoublés permettent d’amener directement les détenus aux salles d’audience, sans jamais les mêler à la circulation du public. Haute de 16 étages, et de ce fait classée dans la catégorie des IGH, la tour suit un plan en V largement ouvert. Les deux niveaux de son soubassement sont occupés par des locaux techniques, ainsi que ceux destinés au traitement du courrier et à la sécurité incendie. Accessible au public depuis le bâtiment bas via une passerelle, le rez-de-chaussée est pour l’essentiel occupé par le hall d’accueil et des espaces d’attente, ainsi que par l’aide judiciaire. Le premier niveau comprend les salles d’audience, de réunion et d’instruction des affaires familiales. Le reste du bâtiment, soit quinze étages, est réservé au fonctionnement administratif du palais de justice : y sont logés les services d’administration générale. Contraints par l’économie générale du projet, les architectes ne mettent pas en œuvre des formules structurelles audacieuses ; le palais de justice de Créteil mêle cependant l’emploi d’éléments préfabriqués, pour le bâtiment bas, avec une expression franche de l’ossature pour l’IGH, les murs de refend étant coulés en continu grâce à des coffrages glissants. Le bâtiment bas adopte une échelle humaine dans sa recherche de détails esthétiques et constructifs et dans sa variété d’aspect matériel, la pierre reconstituée étant mêlée au béton de gravillon de quartz blanc. La tour s’affirme quant à elle par sa silhouette exprimée par les fortes verticales des murs de refend, ceux entourant les cages d’ascenseurs formant une proue évoquant le fléau de la balance de la justice. Le traitement en couronnement de l’attique oppose une horizontale franche à cet élancement vers le ciel.