Description historique
L’institut du Monde arabe est une fondation de droit français, créée par la France et dix-neuf États arabes pour favoriser la connaissance de la culture et de la civilisation arabes par le public français et international. Le projet a été proposé par la France dès 1974, mais l’acte de fondation n’est signé au ministère français des Affaires étrangères que le 28 février 1980. Les vingt États fondateurs sont : l’Algérie, l’Arabie saoudite, Bahreïn, Djibouti, les Emirats Arabes Unis, l’Irak, la Jordanie, le Koweït, le Liban, la Mauritanie, le Maroc, Oman, le Qatar, la Somalie, le Soudan, la Syrie, la Tunisie, le Yémen du Nord, le Yémen du Sud et la France. Ces États furent rejoints par les autres membres de la Ligue arabe : la Libye en 1988, l’Egypte et la Palestine l’année suivante. Les statuts de l’Institut ont été solennellement ratifiés le 23 juin 1980. Ils sont entrés en vigueur le 14 octobre 1980, date à laquelle un décret a conféré à la Fondation la personnalité juridique et la qualité d’établissement d’utilité publique. Le fonctionnement de l’Institut est, dès l’origine, confié à deux organes : un Haut Conseil (38 membres) et un Conseil d’administration (12 membres). Le président de l’Institut est élu par le Conseil d’administration sur proposition de l’Etat français. Depuis 2012, l’Institut a ouvert une antenne à Tourcoing, devenue autonome trois ans plus tard (IMA-Tourcoing). L’ancien ministre de la Culture Jack Lang préside l’institution depuis 2013. La construction de l’IMA s’inscrit dans la politique des Grands Travaux de François Mitterrand, bien qu’elle ait été décidée sous le septennat de Valéry Giscard d’Estaing en vue d’améliorer les relations diplomatiques et culturelles avec les pays arabes, en particulier dans le contexte des crises pétrolières. Le siège de l’IMA est alors provisoirement installé au 40, rue du Cherche – Midi (VIe arrondissement) dans un immeuble ancien, et un projet d’Henry Bernard doit voir le jour dans le XVe arrondissement de Paris. L’histoire de ce projet est mouvementée, et les recours administratifs nombreux. L’édifice d’Henry Bernard devait prendre place boulevard de Grenelle, sur une parcelle portant alors des terrains de sport. Après une lutte féroce engagée avec les riverains, l’Etat l’emporte et les travaux sont sur le point de commencer lorsque se tiennent les élections présidentielles de 1981. Le projet est alors gelé jusqu’à ce que la Ville de Paris propose plusieurs terrains : quai de Javel, parc Montsouris et angle des quais de Seine et de la rue des Fossés-Saint-Bernard. Ce dernier site (8 000 m2) appartient alors à l’université de Paris, et devait abriter une caserne de pompiers. Le terrain, davantage en lien avec la fonction traditionnelle de transmission de la connaissance dévolue au Quartier latin, aux abords du jardin des Plantes, du site universitaire de Jussieu et de la Grande Mosquée de Paris, est finalement attribué par l’Etat au programme de l’IMA. Un nouveau concours est lancé suite à l’impulsion nouvelle donnée par François Mitterrand. Il s’agit d’une consultation sur esquisse (un mois, 80 000 francs de rémunération) entre sept équipes d’architectes : Henri Ciriani, Edith Girard, Yves Lion, Gilles Perraudin, Christian de Portzamparc, Roland Castro et Jean Nouvel, qui s’était joint à l’équipe d’Architecture-Studio. Les projets sont rendus le 17 novembre 1981. Le comité d’examen, présidé par Joseph Belmont, sélectionne trois projets (Henri Ciriani, Edith Girard et Jean Nouvel). La consultation est remportée par l’équipe de Jean Nouvel et Architecture-Studio, qui sera gratifiée plus tard de l’Equerre d’argent (1987) et du Prix d’architecture de l’Agha Khan pour cet édifice.