Description historique
Au début des années 20, la commune de Lunéville est peu dotée en équipements sportifs : les activités sportives sont organisées sur le Champ de Mars, sans installation fixe, ni vestiaire. Le président de l’Union Sportive de Lunéville, le docteur Paul Kahn, milite pour la création d’un terrain clos et d’un stade sur le Champ de Mars. En 1922, le ministère de la Guerre met à disposition un terrain de plus de 3 hectares au Champ de Mars pour construire un stade sur le terrain de manœuvres. Un terrain d’entraînement provisoire y est réalisé en attendant la conception d’un projet d’aménagement plus complet. Finalement, le projet de stade municipal est dessiné sur un autre terrain de 6 hectares, celui de la Ménagerie, situé au nord du Champ de Mars. Le conseil municipal approuve le projet définitif de construction d’un stade moderne le 13 mai 1933. Le 24 décembre 1934, le maire Edouard Fenal et son conseil municipal décident de réaliser un concours ouvert aux entreprises spécialisées dans les installations sportives pour la construction de l’entrée, des tribunes et de la piste cycliste. Le concours pour la réalisation « d’une piste cycliste moderne » est ouvert le 11 juin 1935 et remporté par la société rémoise “Le Ciment armé Demay Frères”. Cette dernière étant la seule à proposer des fondations sur poteaux pour ce projet en béton armé, le jury souligne la maîtrise technique de l’entreprise et lui confie la réalisation d’une piste de 500 mètres sur 6m25 de largeur, bordée par une lisse de protection réalisée par un voile de béton armé à profil galbé. Le conseil municipal ouvre également un second concours pour la réalisation des « travaux de superstructure du Stade » le 11 juin 1935 et le clôture le 7 septembre de la même année. Cinq entrepreneurs candidatent mais la société Demay Frères propose le projet le plus économique et le plus moderne par « son élégance, son style architectural et ses conceptions techniques ». Ainsi, dans le marché signé le 15 novembre 1935, la société Demay Frères est également chargée de la réalisation de l’entrée principale du stade, d’une tribune de 700 places, des gradins non couverts latéraux à la tribune pour 1000 spectateurs, des bordures basses délimitant la piste pédestre et de la clôture du parc automobile. L’architecte Henri Royer est à l’origine de cette conception moderne et économique, à une époque où l’utilisation du béton armé est encore peu répandue et synonyme de nouveauté. Le stade de Lunéville est le troisième stade-vélodrome en France, après celui de Bordeaux et Reims, à utiliser uniquement le ciment armé permettant de disposer d’une tribune sans poteaux, dont la couverture est entièrement en porte-à-faux. Les plans et dessins du stade de Lunéville sont ainsi exposés à l’Exposition internationale de 1937 dans la section du Ministère de la Santé Publique. Le chantier est suivi par M. Marchal, directeur des travaux municipaux de Lunéville. Le stade est inauguré le 7 août 1937 en présence du président de la République Albert Lebrun et de Léo Lagrange, alors sous-secrétaire d’Etat aux Sports et aux Loisirs. Rebaptisé en 1942 « stade Edouard Fenal » en mémoire du maire ayant œuvré à sa construction, le stade est occupé par la Wehrmacht durant la Seconde Guerre mondiale puis bombardé en septembre 1944. À la Libération, le projet d’un centre des Sports scolaire au stade municipal est lancé. Il consiste à aménager des terrains au nord du stade existant afin de compléter l’offre sportive. Étudiée dès 1946, cette deuxième tranche de travaux est initiée en 1949 avec la réalisation d’un second terrain de football pour les scolaires. En 2009, un projet de rénovation du stade est lancé pour homologuer le complexe sportif tout en conservant ses qualités architecturales. L’agence nancéienne Studiolada est missionnée sur ce projet pour restructurer la tribune d’honneur et les vestiaires qui sont à cette occasion isolés et remis aux normes. Dans le cadre de cette rénovation, la piste cendrée d’origine est remplacée par une piste synthétique de 400 m en polyuréthane.