Architecture de culture recherche sport ou loisir ; édifice et aménagement de culture recherche sport ou loisir ; centre de loisirs
Salle Mille-Club
Hauts-de-France ; Nord (59) ; Bailleul ; rue Natalis-Dumez
Natalis-Dumez (rue)
AH 11
20e siècle
20e siècle
1976 ; 1976
En 1966, le ministère de la Jeunesse et des Sports lance un concours pour un prototype d’équipement socio-éducatif visant à équiper la France de « Mille Clubs de jeunes ». La même année, le ministre de la Jeunesse et des Sports François Missoffe décidait de la rédaction d’un Livre blanc sur la jeunesse, consultation qui devait permettre à la jeunesse d’exprimer son opinion mais qui ne recevra pas l’accueil escompté. Dans un but économique, les Mille Clubs devaient être des modèles de série, produits selon des processus de préfabrication légère. Ils devaient être livrés en kit aux communes sélectionnées et montés par les jeunes sous la direction d’un agent technique, impliquant une facilité d’assemblage et un poids limité (moins de 60 kg par élément constructif). Le choix du terrain, sa viabilisation et la réalisation des fondations du club étaient à la charge des municipalités. Les exemplaires devaient être identiques quelle que soit la région ou la taille de la commune (urbaine ou rurale), comporter un foyer avec bar et sanitaires, et assurer une diffusion et un accès aux animations socio-culturelles égalitaires sur tout le territoire. 1130 clubs, de deux modèles différents (SEAL et BSM), sont livrés de 1968 à 1972. Une deuxième opération est initiée à la suite du Plan Construction de 1971, qui devait stimuler l’innovation dans le domaine du bâtiment. Un concours de conception-construction est décidé l’année suivante pour « l’étude de bâtiments ayant une grande souplesse en plan et en aménagements intérieurs, leur permettant d’être utilisés à des fins diverses ; et la réalisation, à partir de cette étude, d’un millier de clubs de jeunes qui seront répartis sur l’ensemble du territoire de la France métropolitaine ». Il ne s’agit donc plus des deux modèles identiques proposés entre 1968 et 1972, mais de nouveaux modèles plus adaptables. Parmi les trois lauréats de ce concours, l’entreprise SCAC et l’agence d’architecture Environnement Design rejoignent les deux lauréats déjà présents au premier concours. Les marchés de base sont achevés fin 1976 pour SEAL et BSM et fin 1977 pour SCAC. 2500 clubs sont construits à l’issue de ces deux phases. La Société d’Exploitation des Alliages Légers avait produit 630 clubs SEAL entre 1968 et 1972. Pour la seconde série, toujours en collaboration avec l’architecte Béchu, elle propose un nouveau type de club, le CL480, plus modulable, suivant les prescriptions du concours. En effet, la rencontre de deux modules crée de nouvelles formes de toiture, plus hautes, et deux types de pièces peuvent être combinés, selon deux trames carrées, décalées de 45 degrés. La commune de Bailleul va bénéficier de ce type de Mille Club, dont les éléments permettant sa construction sont livrés le 5 mai 1976. Le Mille Club est installé en limite nord-est du bourg, sur un terrain cultivé jusqu’au début des années 1970. Sur cet emplacement favorisé, spacieux et à proximité de la place Charles-de-Gaulle, est d’abord construit le collège Maxime Deyts, achevé à la fin de l’année 1975. Le Mille Club y est rapidement assemblé, suivi d’un gymnase et d’une piste d’athlétisme achevés en 1982. Ils forment le complexe sportif Natalis-Dumez, du nom du maire de Bailleul entre 1919 et 1928, auteur du plan de reconstruction de la ville, décédé en 1976.
Le Mille Club de Bailleul est situé au nord-est du bourg, à l’angle d’un gymnase et d’une piste d’athlétisme qui lui sont contemporains, et près d’un collège récemment construit. Il est accessible soit par un chemin longeant le côté sud du gymnase, tourné vers la ville, soit par un sentier longeant le côté ouest du gymnase, le reliant au collège. Des fenêtres ouvertes sur tous les côtés offrent différents points de vue sur la végétation qui entoure le bâtiment. Construit sur une dalle de béton, le Mille Club, de type CL 480, est constitué d’une charpente en alliage d’aluminium, dont les éléments sont assemblés par des nœuds avec des boulons en acier. La toiture est composée de tuiles losangées en aluminium laqué. Elles comportent un pli écrasé sur leurs côtés permettant de les agrafer entre-elles. La toiture abrite une sous-toiture en bacs autoportants en acier galvanisé, fixés à la charpente, qui permettent d’isoler thermiquement le bâtiment. Le plafond suit le rampant, laissant apparente la charpente. Les murs du club, abrités sous les pentes de la toiture, sont constitués de panneaux bruts, alternant avec des fenêtres en verre, insérés dans une ossature en aluminium. Le CL 480 étant modulable, les Mille Clubs de ce type ne sont pas tous identiques. En effet, il est dessiné sur une trame de base de 1,20 m, et les principaux éléments sont tous modulés sur des multiples de cette cote (2,40 et 4,80 m). À Bailleul il forme trois pyramides alignées atteignant 5,80 m. de hauteur et dont la pente est uniformément égale à 36°52. En partie inférieure, les pans de couverture des pyramides forment des auvents en dents de scie dont les pointes sont raccordées au sol. La pièce principale est en partie occupée par un bloc sanitaire de 2,40 x 3 m. Il comprend deux cellules de sanitaires séparées par une cloison technique et desservies par un sas. À l’autre extrémité, deux salles annexes sont aménagées, dont l’une a conservé sa cloison coulissante. L’aménagement intérieur est indépendant de la structure, ce qui permet de moduler les espaces en fonction des besoins.
Caractère innovant ou expérimental de la conception architecturale, urbaine, paysagère ou de la réalisation technique, ou sa place dans l’histoire des techniques : le Mille-Club de Bailleul (modèle CL480) correspond à la seconde série des Mille-Clubs de la Société d’Exploitation des Alliages Légers qui a produit 630 clubs SEAL entre 1968 et 1972, en collaboration avec l’architecte A. Béchu. Le CL 480 étant modulable, tous les Mille-Clubs de ce type sont différents : rencontre de deux modules créant de nouvelles formes de toiture, plus hautes que le modèle antérieur, et de deux types de pièces pouvant être combinés, selon deux trames carrées, décalées de 45 degrés. À Bailleul, le Mille-Club forme trois pyramides alignées dont la pente est uniformément égale et dont les pans de couverture forment des auvents en dents de scie en partie inférieure, raccordés au sol. Les éléments préfabriqués permettant sa construction par les jeunes sont livrés le 5 mai 1976. Toujours utilisé, il a subi peu de modifications extérieures et conserve ses cloisons et son sol d’origine ; Exemplarité de !'œuvre dans la participation à une politique publique : à l’image des 2 500 autres clubs de jeunes construits au cours des années 1970, le Mille-Club de Bailleul est la matérialisation sur le territoire d’une politique nationale tournée vers la jeunesse illustrant une volonté d’offrir à tous les citoyens une même gamme d’équipements sportifs (projet des Mille-Piscines) ou socio-culturels, que ces derniers vivent en zone urbaine ou rurale. À Bailleul, il prend place au sein d’un pôle éducatif et sportif, initié par la construction du collège.
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