Description historique
En 1986, le Conseil Général de la Somme lance la création d’un musée de la Première Guerre mondiale. L’est du département a besoin d’un équipement culturel, et la mémoire des batailles de la Somme, où l’ensemble des troupes alliées s’engagèrent dans des combats très meurtriers, semble un peu occultée par le symbole de l’affrontement franco-allemand que représente Verdun. Le comité scientifique enrichit le projet en ajoutant au musée une fonction de recherches sur l’histoire comparée de la première Guerre mondiale. « L’Historial » a donc pour objectif d’évoquer cette époque douloureuse, non pas sous la forme d’un musée de la guerre, mais par une évocation de la société civile et militaire de l’époque. C’est en 1987 que son implantation est fixée à Péronne – ville située au cœur d’une zone d’intenses combats de 1914 à 1918 et à proximité d’un accès à l’autoroute du Nord – dont le château du 13e siècle fut un QG important des armées alliées. Le département rachète le château pour un franc symbolique et lance le concours d’architecture. A la même date, l’association « Historial de la Grande Guerre » est créé. Elle commence à créer une collection. En 1987, bien qu’il n’ait jamais construit de musée ni n’ait été confronté au dialogue entre architecture ancienne et moderne, Henri Ciriani remporte le concours d’architecture. L’architecte, habitué à l’univers abstrait des villes nouvelles, utilise dans ce projet son expérience moderne de l’équilibre et des proportions au service des grands classiques de l’architecture que sont la présence de l’eau, la recherche de la sérénité, une certaine idée de la beauté liée à la façon dont l’architecture exprime ou défie la gravité. Dans la première phase du projet, le bâtiment est proche du château mais ne lui est pas lié. Ciriani conçoit un édifice avec une façade indépendante, tournée vers le parc et l’étang. Puis, le conseil départemental souhaite raccorder les deux bâtiments, et Ciriani planche sur la passerelle d’entrée. Sur le plan de la scénographie, le projet est d’abord confié à Gérard Rougeron, scénographe du cinéma, qui propose entre 1987 et 1989 des principes de reconstitution. Il apparaît rapidement que ces propositions ne sont pas en phase avec le projet scientifique. C’est en 1990, que l’agence Repérages est choisie pour le remplacer. L’Historial de la Grande Guerre est inauguré en 1992 et obtient la même année une mention à l’équerre d’argent et une au prix de la Fondation Mies van des Rohe en 1993. En prévision de la commémoration du centenaire de la bataille de la Somme, le musée connaît un réaménagement de plusieurs de ses salles de 2014 à 2018. Le parc du C.A.M. qui entourent l’Historial a connu, en 2014, un réaménagement partiel par la création du « jardin du 6e continent », œuvre du paysagiste Gilles Clément. Pour 2018-2020, un projet de reprise partielle du bâtiment pour agrandir la cafétéria et prévoir des pièces allouées à la conservation préventive (quarantaine, anoxie, etc.) est mené par l’agence Beaudouin, dont le gérant Laurent Beaudouin est un ancien élève de Ciriani.