Commentaire descriptif de l'édifice
Dessiné dès 1964, les architectes Max Guillaume et Henri Vauzelle se sont associés au scénographe Camille Demangeat pour répondre à l’appel d’offre. Le parti architectural prévoit l’insertion de la maison du travail et celle de la culture dans une plateforme horizontale de deux niveaux servant d’assise à la cage de scène de la grande salle de spectacle côté Loire, et côté boulevard la tour des syndicats de sept étages. La présence de l’ossature porteuse saillante, en béton armé et de section carrée, ainsi que des galeries extérieures abritées par l’avancée de la toiture terrasse servent de brises soleils sur les façades ouest et est permettant d’éviter toute surchauffe par rayonnement solaire l’été. De configuration axiale en plan masse, la disposition des salles répartit les activités selon une direction majeure qui permet de répondre convenablement à la nécessité de continuité de fonctionnement durant tous les créneaux horaires et pour tous les usagers (associations, organismes, syndicats, etc.). Un grand hall d’accueil permet l’accès à deux salles de spectacles dont l’une peut recevoir 1.200 usagers, mais aussi aux autres fonctions du programme tels que discothèque, auditorium, etc. Des projections de cinéma étaient régulièrement proposées au public, dans le cadre de la programmation ou de rencontres, la salle de projection était située, dans la grande salle, derrière l’actuelle régie, et dans la petite salle, à l’étage dans les anciennes régies. Il était également possible de regarder la télévision à la maison de la Culture, notamment la seconde chaîne en couleurs de l’époque. Un système d’emprunt était proposé aux gens pour les livres de poche (système des médiathèques actuelles), les revues, journaux périodiques et encyclopédies pouvaient être consultées sur place, dans la salle de documentation donnant sur la Loire. Inaugurée en juin 1970 et complètement ouverte aux publics en 1971, la maison du travail au sein de cet établissement culturel a engendré pour les architectes une spécificité concernant la circulation. « Le but consiste à assurer l’équilibre et de bonnes connexions entre les différentes composantes du bâtiment, mais aussi à créer les conditions favorables à la rencontre et au bien-être. La maison de la Culture est également un endroit où l’on flâne (par exemple sous les galeries extérieures), en effectuant des pas perdus suivant les itinéraires bien étudiés. Destinée en priorité aux jeunes, elle veut favoriser la vie communautaire en offrant des espaces et une ambiance propres à renforcer et enrichir les liens sociaux. » (Ibidem) Les éléments verticaux porteurs en béton tramé, de finition brute et de couleurs vives (jaune, vert, etc.) rythment la configuration spatiale des différents espaces composants le programme. Le simple portique poteau-poutre-panne rythme la spatialité du lieu. « Le volume de la salle de théâtre est encastré dans le plateau horizontal, alors que les autres composantes, bibliothèque, médiathèque, salle d’exposition, salle de répétition et cafétaria, sont réparties dans la structure rigoureuse du volume horizontal. L’expression rationaliste de l’ensemble est ponctuée par le signal de la tour des syndicats dont la position urbaine signale l’entrée du complexe. » (Sous Dir. Richard Klein, Les maisons de la culture en France, Paris, Carnets d’Architecture, Éditions du patrimoines, Centre des monuments nationaux, p. 41) « Une restructuration de la grande de spectacle a été réalisée par le scénographe Igor Hilbert en 1991, et des travaux de mise aux normes ont été effectués entre 1995 et 1997. » (Dominique Aris et Élisabeth Henry, Architecture de la Culture, Culture de l’architecture, Paris, Éditions du patrimoines, Centre des monuments nationaux, Mai 2009, p. 56). Toutefois, la plastique rationaliste de l’ensemble a été effacée par la récente intervention conçue par l’agence d’architecture ABW Warnant. Les couleurs vives intérieures ont migré à l’extérieur tandis que les couleurs ternes gris et noirs soulignent les ouvrages composants l’édifice à l’intérieur. Les grandes baies vitrées, séquencées par des allèges pleines, traverses et montants métalliques bleu roi, ont été remplacées par des menuiseries en aluminium de tonalité foncée marron-gris.