État de conservation
Le parti architectural assemble une succession de longs parallélépipèdes qui s’adaptent à la parcelle. Cet ensemble rejoint l’une des préoccupations de l’urbanisme moderne de l’entre-deux-guerres revendiqué par Le Corbusier et les CIAM. La Charte d’Athènes préconise l’intégration des volumes bâtis et des espaces verts : « tout quartier d’habitation doit comporter désormais la surface verte nécessaire à l’aménagement rationnel de jeux et sports des enfants, des adolescents, des adultes ». Dans la largeur la plus importante du terrain, une haute barre, de neuf étages et un attique, est disposée sur trois niveaux de parkings souterrains et perpendiculairement à la limite parcellaire située en fond du terrain. Cette configuration permet de séparer l’espace végétal du parc de l’espace minéral desservant des places de stationnements supplémentaires aériens et abrités (box de garages accolés à la maison du gardien). Un grand hall central et traversant permet de garder des vues entre ces deux lieux. Aux extrémités de cette barre, deux corps de bâtiments bas, orientés en quinconce, et reprenant les lignes directrices des limites de propriété facilitent l’intégration de cette réalisation à la forme du terrain. Du côté de la rue, un élégant immeuble-pont, élevé d’un seul niveau, et occupé par des bureaux, prolonge l’alignement du bâtiment mitoyen et referme la parcelle. Il est habillé d’un mur-rideau composé d’un bandeau vitré continu et d’allèges en verre émaillé. Mis en apesanteur, il marque la limite sans contraindre. À l’opposé, une barre basse de quatre niveaux abrite des logements. Sa façade se creuse en plans successifs, ménageant des terrasses privatives. Cette dernière, agencée par des logements ayant pour certains deux accès privatifs, se termine par une maison individuelle, possédant une pièce largement vitrée, et couverte par une toiture terrasse semi-circulaire. Insérée entre ces deux entités programmatiques, la barre de grande hauteur possède une mixité fonctionnelle, car elle est destinée à accueillir des bureaux et des logements. La transition entre ces deux volumes horizontaux contraste avec l’élancement du corps principal de cet ensemble immobilier, mais ce dernier sert de colonne vertébrale à cette implantation urbaine singulière à Dijon. Deux éléments verticaux, le hall d’entrée trapézoïdal totalement vitré et l’imposante cheminée saillante accolée au pignon sud de l’immeuble haut, servent d’articulation entre les trois volumes longilignes. Alors que tous les bâtiments qui composent cette réalisation sont individualisés, ce parti atypique forme un programme spatialement cohérent et homogène. Les trois entités semblent adopter des partis architecturaux différents ; le mur-rideau est toutefois une récurrence et le rapport à l’extérieur est chaque fois privilégié.