Commentaire descriptif de l'édifice
Le quartier des Hauts-Clos se situe dans la périphérie sud-ouest de Troyes, entre Saint-Andréles – Vergers et Saint-Julien-les-Villas, près de la limite avec la commune de Rosières-près-Troyes. Avec le quartier voisin des Chartreux, les Hauts et Bas-Clos entament leur urbanisation à partir des années 1950 autour de l’hôpital des Hauts-Clos édifié à partir de 1932. C’est dans cette zone, où se développent plusieurs opérations de logements au cours des Trente Glorieuses, que le nouveau château d’eau doit venir suppléer à l’ancien réservoir devenu insuffisant – et sur lequel il a fallu installer des surpresseurs pour alimenter les quartiers hauts nouvellement sortis de terre. Claude Le Cœur élabore diverses solutions d’aménagement (en suggérant notamment une composition générale dissymétrique par rapport à l’axe principal du premier réservoir) et propose de nombreux dessins pour le château d’eau (structure évasée, parois des cuves arrondies – évoquant une soucoupe volante, etc.). Il opte finalement pour une composition d’ensemble symétrique dans l’alignement entre le milieu du mur de contrebutement ancien du premier réservoir construit sur l’avenue Edouard-Herriot et le nouveau château d’eau. Pour ce dernier, il conçoit une structure à profil droit sur plan circulaire reposant sur une série de six piliers de hauteurs variables, qui dépassent celles des cuves. Il en résulte un ouvrage monumental (culminant à 65 mètres) rythmé et animé, et dont la rotondité contraste avec la sobriété des autres composantes de l’ensemble (station de pompage et édicule élevé à l’emplacement de l’ancien kiosque). Un trop-plein complète l’ensemble. Le nouveau dispositif formé du château d’eau et de la station de pompage dissimule un important système de canalisations, robinetterie, vannes, accessoires de pompage et appareillages électriques. Le rez-de-chaussée de la station de pompage, en contrebas de la bute de l’ancien réservoir, abrite les vannes tandis qu’à l’étage est installé un bureau de contrôle. Le château d’eau, dont le poids atteint 14 000 tonnes, est composé de deux cuves concentriques (dont l’étanchéité intérieure est assurée par l’apposition d’une couche de film plastique) pouvant chacune contenir 3 000 mètres cubes. Cette configuration autour d’un même centre formant une galerie périphérique permet de faciliter les contrôles techniques. Les cuves sont revêtues, à l’extérieur, d’une paroi circulaire unique en forme de cylindre orné d’une ceinture et d’une série de cannelures verticales sur tout le pourtour du réservoir, qui repose sur une dalle de béton armé. Les six piliers colossaux qui s’imbriquent dans la masse formée par le réservoir, reposent directement sur cette dalle. Ils sont composés de deux parois parallèles en béton armé, que relient entre eux les panneaux de béton préfabriqué et les menuiseries des ouvertures et dont l’axe principal se cale sur le diamètre du plan dans lequel s’inscrit l’ensemble. A la base de ces supports sont ménagées des portes métalliques. Une rampe circulaire située au niveau du plancher haut de l’ancien réservoir complète les circulations vers les cuves hautes via les piliers ; elle est reliée à la station de pompage, ellemême accessible par deux rampes latérales symétriques depuis la plateforme des anciennes cuves. Éléments de maintien jouant un rôle de premier ordre dans la composition du château d’eau, les piliers qui comportent des ouvertures garnies de vitrages semi-opaques de type « Altuglas ® », renferment différents éléments : deux d’entre eux permettent de loger les tuyaux ; un autre comporte une gaine technique ; un quatrième pilier sert de cage pour un ascenseur et les deux derniers, pour des escaliers conçus rampe-sur-rampe par paliers successifs jusqu’au niveau inférieur des cuves, puis en colimaçon jusqu’au sommet de l’édifice couvert par un dôme surbaissé au-dessus duquel se hérissent les extrémités hautes des piliers.