Commentaire descriptif de l'édifice
Glissé dans un ensemble urbain en projet constitué d’immeubles imposants, cubiques et rectilignes, le temple ne peut se démarquer par ses dimensions ou par sa hauteur. Aussi, lorsque Oskar et Fernande Bitterli commencent à travailler sur son architecture, s’appuientils à la fois sur son insertion dans son environnement futur, sur sa fonctionnalité et sur les besoins de la pratique liturgique. Ils testent formes et volumes lui permettant de se différencier tout en maintenant l’harmonie de l’ensemble souhaitée par l’architecte urbaniste de la ville. Sobre et épuré, son architecture s’appuie sur un jeu de lignes verticales et de plans inclinés. La pente du toit se veut une transition en direction d’une tour de huit étages prévue sur la parcelle mitoyenne. Un soin particulier est apporté aux baies : l’unité de l’ensemble est donnée par le jeu de meneaux en béton de la baie de la façade antérieure, rappelant les meneaux de celle du clocher. Ce dernier, haut de 16,30 mètres, présente un plan incliné inverse à celui du toit du temple. Il accueille trois cloches, dons de la paroisse de Zurich, installées en 1973. Les matériaux utilisés à l’intérieur sont variés (chêne, pin et sapin pour le bois, dalles de pierre de Buxy recouvrant le sol, béton enduit). Séparée par une porteaccordéon de la salle de réunion du conseil presbytéral, la salle de culte peut être augmentée de 50 places. La couverture en plan incliné du temple permet aussi l’insertion d’une tribune accueillant un orgue, et un ensemble de cinq bancs portant la capacité totale du lieu à 200 personnes. Oskar Bitterli soigne le dessin de l’ensemble du mobilier, qui est réalisé par des entreprises locales. Tout comme la croix, la table de communion, les bancs et la chaire sont en sapin. Les fonts baptismaux, dont les faces sont bouchardées et l’arête ciselée, sont taillés dans de la pierre de Buxy. Les chaises, les tables et l’orgue ont également fait l’objet d’une sélection et d’une commande par l’architecte. Enfin, il fait appel au Père Éric de la communauté de Taizé pour la réalisation de deux vitraux sur les thèmes du « buisson ardent » et « d’Élie ravitaillé par les corbeaux dans le désert ».