Description historique
Documents figurés :Le plan géométrique de 1805 et le cadastre napoléonien de 1827 (fig. 2) figurent plusieurs bâtiments (moulin, maison et dépendances) distribués par une cour, situés sur un îlot déterminé par un bras de la Selle (à l'est) et un canal de dérivation non cadastré (à l'ouest). Un plan du village réalisé vers 1868 (fig. 3) montre la disposition des bâtiments de la filature Cosserat, qui a fait l'objet de nombreux agrandissements et réaménagements.Sources :Les matrices cadastrales conservées aux archives départementales indiquent que les terrains appartiennent à M. Adeline (C 242 à 245, D 330 à 335, 342 et 345).Les parcelles D 333 et C 244 deviennent la propriété de l'architecte Marest, puis d'Eugène Cosserat à partir de 1840, qui possède alors les parcelles D 334, 335, 342, 345, 347 à 349 et en 1849, les parcelles C 244, 245, D 333, ainsi que des parcelles voisines (D 260, 261, 357 et 358).Le site devient la propriété d'Oscar Cosserat, filateur à Saleux, qui possède les parcelles C 240, 241, 244, 245 ; D 260, 261, 262, 268 à 275, 333, 334, 342, 345, 347 à 349, 358, 359, 360.Entre 1883 et 1912, Cosserat fils et Cie est propriétaire des parcelles sur lesquelles se trouvent l'usine et les logements d’ouvriers : C 244, 245, D 333, 334, 335, 342, 344, 345, 347 à 349, 356 à 360, augmentées en 1884 des parcelles D 350, 351 et 587. En 1931, l’entreprise devient la S. A. R. L. Cosserat, 14 rue Jules-Lardière à Amiens. Les terrains annexes sont divisés entre Maurice et Philippe Cosserat, domiciliés à Amiens (le premier 16 rue Jules-Lardière, le second 21 rue Delpech), propriétaires conjoints des parcelles D 348 à 351, 585 et 586, en 1912 et Philippe Cosserat Philippe, industriel, propriétaire des parcelles C 240, 241, D 260, 261 et 262 à 275, en 1914.L'ensemble comprend le site de production, dont le détail se développe ci-dessous, et les propriétés Cosserat détaillées en annexe (cf. annexe 2).Le site de production se développe sur les parcelles D 333 à 335 et 345 (à l’ouest de la Selle) et sur les parcelles C 244 et 245 (à l’est de la Selle).A l’ouest de la Selle (D 333) une maison, déclarée comme construction neuve par l'architecte Marest en 1839, est agrandie vers 1849 pour Marest et Cie. La filature de lin, agrandie vers 1848, par l'architecte Marest, est remplacée par une construction nouvelle en 1855 réalisée pour Eugène Cosserat ; elle est agrandie en 1862, 1865 et 1878. Eugène Cosserat fait ensuite construire une maison (1855) ainsi que des logements (1858) et une forge (1861). En 1888, sont construits une serre et un magasin. L'année suivante les logements sont démolis.A l’ouest (D 345), une maison est déclarée comme construction neuve, en 1839.Au sud (D 335), deux hangars sont déclarés comme construction neuve en 1866. Maison construite en 1863 Cosserat et consorts. A l’est de la Selle (C 244), six maisons sont déclarées comme constructions neuves par Marest et Cie et deviennent la propriété d’Eugène Cosserat, en 1849. Elles sont démolies en 1862, 1864 et 1866. Leur succède la construction d'un magasin, en 1876 (O. Cosserat), puis d'un magasin à lin, en 1917.L’usine est ensuite agrandie en 1922 (matériel fixe), en 1923 (matériel fixe, maison et peignerie, peignerie, magasin, maison du directeur), en 1924 (peignage et buanderie), puis en en 1926 (forge et ferblanterie, magasins, bâtiment abritant la machine à vapeur, filature à sec, bascule, atelier de menuiserie, atelier de préparation, séchoir à air libre, hangar, cheminée, chute d’eau, voie ferrée et pont tournant). Une forge et un atelier de réparation sont construits en 1930. Le détail des bâtiments composants l'usine en 1929 est donné dans la matrice (cf. annexe 1).Un procès-verbal d'épreuve dressé à Rouen le 4 juillet 1845 et conservé aux archives départementales (Mgl 96829) concerne une chaudière et deux bouilleurs en tôle fabriqués par le chaudronnier Renaud et une enveloppe de deux cylindres en fonte fabriquée par le rouennais Lacroix, pour Louis Marest et Cie à Saleux.Travaux historiques :Selon le recensement établi en 1985 par B. Dufournier, un site hydraulique est transformé en filature de lin vers 1840 et exploité par divers membres de la famille Cosserat. La production a été ensuite étendue au chanvre et à l'étoupe, attestée en 1871, avec adjonction d'une unité de blanchiment en 1914. Les agrandissements sont attestés par des dates portées : chaufferie 1880, conciergerie 1881, bâtiment non défini 1889, bureau 1903, salle des machines et cheminée 1912, ateliers de fabrication 1919, 1920, 1923, atelier de réparation 1930, transformateur 1941, et vestiaires 1951 et 1956. Après la fermeture de l'usine textile Cosserat et fils en 1956, l'usine a été reprise par Pirelli, et transformée en usine d'articles de caoutchouc, avec une unité de literie construite au sud (3e quart 20e siècle).Equipement industriel et machines :Le dossier mentionne un moulin à eau, une machine à vapeur, 23 métiers, 2880 broches, en 1850, 120 ch. thermiques, 25 ch. Hydrauliques en 1871.Effectifs : L'usine textile compte 200 ouvriers en 1850, 378 ouvriers dont 38 moins de 16 ans, en 1871 et 320 ouvriers en 1939. L’usine Pirelli emploie plus de 100 salariés, en 1962 et 235 salariés, en 1986.Existence d'un fonds d'archives privées.Des notes complémentaires indiquent que la filature de coton créée en 1791 est rachetée sous la Restauration par le rouennais Adeline. Lui succède la filature de lin créée en 1840 par Eugène Cosserat et Marest (Crampon). Mention d'une roue Sagebien, en 1871 et d’un groupe électrogène autonome, en 1941.