Description historique
Abbaye fondée au 12e siècle ; reconstruction au 15e siècle pour l'abbé Robert : inscription en lettres gothiques non déchiffrée remployée en 1682 ; en 1663 union à la congrégation de Sainte-Geneviève et décision de reconstruire les bâtiments, travaux achevés en 1682, inscription : Anno 1682 à Claustris Septemtr ad merid met transtulerunt canonici reg C Gail (l'an 1682, les chanoines, sous l'administration de C. Gail, m'ont transféré du cloître nord au sud) ; travaux en 1770 : potager de la cuisine (porte la date) ; en 1789, reconstruction partielle pour l'abbé du Boisrouvray, interrompue par la Révolution et restauration du corps de logis actuel (façade sur cour) ; en 1791, vente de l'abbaye à Mailhos ; vers 1800, démolition de l'église et de la nouvelle maison abbatiale inachevée ; aménagements intérieurs au cours du 19e siècle et construction des parties agricoles ; armoiries illisibles en face sud du logis.(J. -P. Ducouret)L´abbaye fut probablement fondée entre 1130 (1er établissement de Chanoines réguliers en Bretagne à Guingamp) et 1156 (la maison de Josselin existe à cette date) par un vicomte de Porhoët, soit Geoffroi (1116-1142), soit Eudon II (1142-1180). Les chanoines y suivaient la règle de saint Augustin.. En 1402, l´abbé Robert [Lescuyer] fait rebâtir les bâtiments et notamment le cloître, comme en témoigne une inscription en lettres gothiques, mal déchiffrée, sur une sablière remployée en 1682. En 1663, l´abbaye s´unit à la Congrégation de France, fondée par le cardinal de la Rochefoucauld, et dont le siège était l´abbaye Sainte-Geneviève de Paris, d´où le nom de Génovéfains que prennent les chanoines. Décision est prise de reconstruire les bâtiments dont les travaux sont partiellement achevés en 1682 ; une inscription sur la même sablière mentionne : Anno 1682 a Claustris Septemtr ad merid met transtulerunt canonici reg C Gail [l'an 1682, les chanoines, sous l'administration de C. Gail, m'ont transféré du cloître nord au sud]. À deux reprises, en 1733 et en 1778, la démolition des anciens bâtiments et leur reconstruction est décidée, mais les travaux jamais réalisés ; seul le moulin de Saint-Jouan, qui dépend de l´abbaye, est reconstruit vers 1750. En 1789, intervient une campagne de construction et de réparation de la maison conventuelle : grand corps de logis à l´exception de l´ancienne cuisine, et au nord, galerie menant à l´église, sur deux niveaux ; cette campagne est exécutée par un entrepreneur de Josselin, Joseph Le Guerson, qui doit reconstruire les bâtiments « à neuf et [...] dans les mêmes proportions et dimensions qu´ils sont actuellement, tant en longueur, largeur, hauteur et épaisseur ; les mêmes largeur et hauteur des ouvertures des portes, fenêtres et cheminées en pierre de grain... ». La campagne de travaux est interrompue par la Révolution ; en 1791, vente de l'abbaye, comme bien national à un sieur Mailhos pour 46 300 livres ; vers 1800, l'église consacrée à la Sainte-Trinité est détruite ainsi que la nouvelle maison abbatiale inachevée, les écuries et les fours. Entre 1815 et 1828, une distillerie est installée dans les dépendances ; après 1820, divers travaux sont réalisés dans la galerie nord et les écuries actuelles sont construites ; vers 1840, aménagements intérieurs dans le grand corps de logis et construction des parties agricoles.(M. -D. Menant)