Description historique
Guillestre est mentionné pour la première fois de manière certaine en 1118. A cette date la communauté s'organise autour du château des archevêques et d'un prieuré dépendant de l'abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon. La ville est alors à la tête d'un mandement placé sous la dépendance de l'archevêque d'Embrun seigneur temporel et spirituel et qui comprend les communautés de Ceillac et de Risoul. L'autorité des archevêques est établie par les diplômes impériaux de 1151 et 1251. Le 12 août 1329 une charte communale fixe les franchises et privilèges des communautés de Risoul et de Guillestre. L'archevêque ou son représentant résident souvent dans le château qui domine la ville. C'est également le prélat qui à la fin du 14e siècle décide du tracé du rempart destiné à protéger la communauté des incursions ennemies. La partie la plus ancienne de Guillestre, appelée Ville-Vieille dans les textes, se situe sous le château au sud du Rif-Bel. C'est là que se trouve le four communal. Le quartier au sud-ouest de l'église aux rues étroites et sinueuses remonte sans doute au 13e siècle, tandis que le nord du bourg, à la voirie plus régulière, se développe probablement à partir du 14e siècle, peut-être à la suite d'une décision archiépiscopale qui n'a laissé aucune trace dans les textes. On peut supposer que cette expansion est consécutive à la charte de 1329 ou à l'autorisation donnée par l'archevêque de construire une halle à l'intérieur des remparts, près de l'église. Au 15e siècle Guillestre qui est une ville étape pour les troupes armées est à la tête de l'un des trois escartons de l'Embrunais. Grâce à sa situation géographique au débouché des vallées du Queyras, elle joue également un rôle commercial important en accueillant des foires annuelles dont la plus importante est celle de la Saint-Luc à l'automne et un marché hebdomadaire qui attire les populations des vallées alpines. L'activité industrielle quant à elle se développe le long des torrents de Chagne et du Rif-Bel avec l'implantation de moulins à farine et de foulons situés au faubourg de Fontloube, où un moulin est mentionné dès le 15e siècle, à la Condamine et à Chagne sur la route de Risoul. Au lieu-dit le Martinet, des fabriques de drap et de fer s'installent dès le 17e siècle. A proximité de l'église, une fabrique de faux est également attestée à cette date. Aux 19e et 20e siècles, les anciens quartiers hors les murs, occupés essentiellement par des jardins et des prés depuis le Moyen Age, se développent avec la construction de nouvelles maisons. C'est le cas du quartier de la Plantation au nord-est de la ville sur la route du Queyras et du quartier de l'Amérique, à l'ouest de Ville-Vieille sur la route de Risoul.