Description historique
La première grande opération immobilière à l'origine de la création de la station du Cap-D'Ail est lancée en 1881 par Charles-Alfred-Léon Nicolle, plus connu sous le nom de baron de Pauville. C'est un Parisien fortuné, introduit dans le monde de la finance et de la politique, qui tire sa fortune de ses placements en bourse. Séduit par la beauté du site et convaincu de son fort potentiel touristique avec l'achèvement récent de la voie ferrée et de la route, il acquiert entre 1881 et 1896 vingt et un hectares de terres agricoles constituées de bois, de pâtures et de champs d'oliviers, situés en bordure de mer dans le secteur du Cap Mala. Son but est de réaliser une opération très avantageuse en y implantant une station touristique. Ce pari audacieux, en cet endroit désert, s'appuie sur un projet complexe fondé sur un double programme immobilier: un hôtel de luxe sera construit sur une partie des terrains, l'autre sera aménagée en lotissement. Le principe, déjà appliqué avec succès dans nombre de stations balnéaires de la côte atlantique, consiste à attirer une clientèle fortunée par la promotion faite autour de l'hôtel, la séduire en lui offrant tout le confort moderne et l'inciter à acheter une parcelle dans le lotissement voisin pour y construire une villa. Dès l'acquisition des terrains, le baron de Pauville sollicite son ami Léon Say, alors ministre des Finances, pour convaincre la compagnie du PLM de construire une gare en contrebas du futur hôtel. Celle-ci est réalisée en 1881. Dès lors un important travail de voirie est entrepris entre 1881 et 1884 pour aménager les accès à l'hôtel et désenclaver les terrains. Ces derniers, viabilisés, sont vendus en 1885 avec une forte plus-value au Comptoir d'Escompte de Paris qui achève leur mise en valeur et se charge de leur commercialisation. Pour faciliter les transactions, une agence est installée dans l'hôtel. On peut supposer que la plus-value perçue par le baron au cours de cette vente lui a permis de financer une partie de la construction de l'hôtel de voyageurs baptisé Hôtel Eden. En 1897, soit sept années après l'achèvement de l'édifice, le baron, affaibli par de fortes pertes financières causées par de mauvais placements en bourse, vend son hôtel et les terrains restants. En 1900, il est déclaré en faillite. Ruiné et malade, il se retire à Monaco où il décède quelques mois plus tard. Un second financier, Auguste Thomas, attiré par le succès de la station et sans doute informé du revers de fortune de son créateur, se lance à partir de 1897 à la conquête de Cap-d'Ail. Il crée une société immobilière, la Compagnie du Littoral de la Méditerranée, dont il préside le conseil d'administration. Dès lors, la compagnie rachète l'Hôtel Eden et les terrains appartenant au Comptoir d'Escompte de Paris, puis environ dix hectares de terrains situés dans le quartier de Cap-Fleuri pour y créer un second lotissement.