Tunnel
Tunnel du Rove
Tunnel du Rove
Provence-Alpes-Côte d'Azur ; Marseille 16e arrondissement
Oeuvre située en partie sur la commune : Gignac-la-Nerthe, Marignane
Grand Projet de Ville, l'Estaque-les Riaux
Riaux (les) ; Corbières
Marseille au Rhône (canal de)
1er quart 20e siècle
Attribution par travaux historiques ; attribution par travaux historiques
L'idée d'assurer la liaison intérieure (par voie non maritime) Rhône-Marseille naît dès la fin du 18e siècle. Mais le chaînon montagneux de l'Estaque, qui sépare Marseille de l'étang de Berre, constitue un obstacle infranchissable et rend les projets vains jusqu'au début du 20e siècle. Fortement soutenu par les politiques, les militaires et la Chambre de Commerce et d'Industrie de Marseille, ce projet de grande ampleur est déclaré d'utilité publique par la loi du 24 décembre 1903. La liaison Arles-Marseille doit être réalisée sur la base d'ouvrages existants : le canal d'Arles à Bouc (Référence : IA13004106), le chenal de Caronte (Référence : IA13004127) et le canal Saint-Louis (Référence : IA13004103). L'étang de Berre doit être endigué, afin de guider les navires vers le futur tunnel du Rove, qui prendra place sous l'Estaque, et qui permettra à la navigation fluviale de rejoindre la navigation maritime, au port de Marseille et vice-versa. Les travaux du souterrain du Rove sont estimés à 17.800.000 F. L'entreprise Léon Chagnaud est adjudicataire des travaux en 1908 sous la maîtrise d'oeuvre du Port Autonome de Marseille. Le percement côté sud (Marseille) débute en 1910, côté nord (Gignac-la-Nerthe) en 1912. Le percement est achevé en février 1916. La construction de la voûte est achevée fin 1923, l'enlèvement du noyau central en 1924, le creusement définitif de la cuvette le 20 septembre 1925, la tranchée de Gignac-la-Nerthe en mars 1926. L'entrée monumentale de la tête sud a été réalisée d'après les études de Gaston Castel, architecte en chef du département.La livraison de l'ouvrage est retardée par la pénurie de main d’œuvre liée à la guerre. Le tunnel est finalement inauguré le 26 avril 1927 par le président de la République Gaston Doumergue (plaque d'inauguration sur site : Annexe n° 1, Fig. 12). Le canal du Rove qui constitue l'ouvrage hydraulique souterrain le plus long de France est un symbole des avancées techniques françaises de l'entre-deux-guerres.Un éboulement s'est produit dans la voûte en juin 1963. En conséquence le tunnel a été fermé à la navigation qui a été détournée par la mer. Depuis lors, sa réouverture fait l'objet de multiples débats, plus liés à l'écologie qu'à l'usage de transport maritime, car le tunnel semble n'avoir pas les dimensions requises pour le matériel naviguant actuel. Cet équipement est propriété du Grand Port Maritime de Marseille.
Calcaire ; pierre de taille ; bossage ; moyen appareil ; grand appareil ; béton
Voûte en berceau plein-cintre
Le tunnel du Rove est un souterrain maritime qui relie le port de Marseille à l'étang de Berre, en passant sous la chaîne de la Nerthe. Le souterrain à double voie est long de 7 118 mètres, large de 22 mètres, haut de 15,40 mètres. La cuvette de 18 mètres de large sur 4 mètres de profondeur est bordée de deux banquettes de circulation de 2 mètres de large. Tous les 100 mètres est aménagée une niche de refuge en dehors du gabarit et tous les kilomètres, une chambre de refuge. L'entrée monumentale côté Marseille présente un décor architecturé qui joue avec les matériaux : l'appareil cyclopéen à bossage utilisé pour le soubassement et la bordure de l'arc contraste avec la pierre de taille à joints vifs utilisée pour le reste de la tête du tunnel. L'entrée côté étang de Berre est simplement revêtue d'un appareil polygonal.L'entrée amont du tunnel se trouve sur la commune de Marignane (au niveau de la rue Adolphe Sax), au débouché du canal de Marseille au Rhône (Référence : IA13004128) dont il constitue l'ouvrage terminal. Le canal se poursuit en souterrain sous le territoire des communes de Gignac-la-Nerthe, du Rove et de Marseille, et débouque dans le bassin du Port de la Lave, dans l'anse de l'Estaque, à l'extrémité occidentale de cette dernière commune. Il s'agit d'un ouvrage de 7,29 km de long. Avec un mouillage de 4 m et une largeur de 22 m, il autorisait le croisement de deux péniches de 1.500 tonnes. La voûte intérieure en berceau plein-cintre est constituée d'anneaux maçonnés de 6 m de large qui forment des sections. Ses parois sont en moyen appareil régulier, mais depuis l'effondrement, certaines parties ont été renforcées par des contre-voûtes en béton d'1 m d'épaisseur. Une carte postale ancienne (Fig. 5) montre un intérieur flanqué d'une rangée d'arcades de chaque côté du canal. Côté Marseille, l'entrée du tunnel, au bas du massif de l'Estaque, est traitée de façon monumentale. L'ouverture offre un extrados en bossage. La façade en grand appareil régulier est surmontée d'une corniche. Elle est flanquée de chaque côté de trois piliers, en grand appareil régulier également, disposés en retrait les uns par rapport aux autres, et reposant sur une base en bossage rustique. Du côté du Rove, l'entrée du tunnel est en contrebas des pentes talutées du canal. Elle est plus modeste mais répond à la même structure : extrados de la voûte en moellons équarris à bossage avec clé ; deux massifs latéraux de chaque côté de l'ouverture avec, comme la façade d'entrée, un parement en moellons à tête dressée et chaînage en moyen appareil à bossage.
Désaffecté
Remarquable par ses dimensions : son gabarit permettait le croisement de deux péniches de 1500 tonnes. Il était lors de sa construction l'un des tunnels sinon le tunnel le plus long du monde. Il est emblématique du secteur de l'Estaque et marque la fin du territoire communal. Longtemps la silhouette du ponton-bigue Samsonne (Référence IM13000241) s'éleva près de son entrée. Il a reçu le label patrimoine XXe siècle en 2000. Une baraque de chantier qui aurait servi pour le tunnel du Rove était encore visible dans la courée dite cours Arnaud en 1998 (Référence IA13001327).
Propriété d'un établissement public
Grand port maritime de Marseille (GPMM), établissement public industriel et commercial.
2000
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
2007 ; 2011
Gontier Claudie ; Fuzibet Agnès ; Havard Isabelle ; Redon Clotilde ; Decrock Bruno
Dossier individuel
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Direction Culture et Patrimoine - Service de l'Inventaire général du patrimoine culturel Grand Horizon, 11-13 boulevard de Dunkerque, 13002 Marseille - 04 88 10 76 66