Description historique
Fondé par la ville en 1658, cet hôpital disposait de revenus modestes, de sorte qu'en 1759, il n'était pas en mesure d'accueillir plus de 12 malades malgré ses 24 lits. Les sources manuscrites (AD 21 H dépôt 557 et 3 X 557) permettent de retracer l'histoire de l'établissement, depuis sa fondation en 1658, par le testament d'Elisabeth Nivelet, confirmée par lettres patentes en 1662 et 1663. La famille de Saulx-Tavannes fait partie des premiers bienfaiteurs. L'établissement d'origine, qui regroupait des fondations plus anciennes (hôpital et chapelle Saint Jacques, Saint Philippe de Saint Usage, Chaussin, Aubigny, Bonnencontre, Esbarre), connaît des problèmes de fonctionnement (expulsion des deux premières directrices, religieuses du tiers ordre de Saint François, dites de sainte Elisabeth) ; il est fondé à nouveau en 1680. Au 17e siècle, l'hôpital comprenait, au rez-de-chaussée, une chapelle, voisine de l'apothicairerie, deux salles de malades séparées par une grille, le réfectoire des soeurs, l'infirmerie et la chambre de la supérieure ; trois chambres destinées à des malades payants, la salle de réunion du conseil d'administration, le local des archives, la lingerie et le dortoir des soeurs occupaient l'étage. Après les travaux d'agrandissement du 18e siècle, qui donnèrent à l'établissement son plan en U, la salle des femmes fut établie au rez-de-chaussée du corps central, la salle des hommes perpendiculairement dans l'aile ouest et une infirmerie, le réfectoire des soeurs, les cuisines et les offices dans l'aile est. Deux soeurs venues de Dôle, installées par l'évêque de Langres, sont remplacées au 18e siècle par les soeurs, dites "bleues", de la congrégation de la Charité de Beaune, jusqu'à la guerre de 1914. Les campagnes de travaux les plus significatives, de 1724 à 1727, commencent par la nouvelle salle des femmes, puis le cimetière en 1727 et la chapelle, dont le clocher est couvert en 1728 et la cloche bénite en 1733. Un retable y est posé, grâce au legs de soeur Jeanne Bramaille. Cette chapelle est remaniée en 1745 car les malades ne pouvaient y entendre la messe depuis leurs lits. En 1743, une chapelle dédiée à Saint Joseph est consacrée dans l'infirmerie des soeurs. Avant cette date, l'établissement, à l'origine regroupement de 5 maisons, fait quelques travaux (clocher, infirmerie), mais les projets successifs de restructuration d'envergure n'aboutissent pas. On connaît aussi des destructions, comme celle de la chapelle en 1753, ce qui explique que le linteau conservé dans l'établissement, daté de 1612, soit en fait un remploi. En 1790, une description cite une pharmacie, deux salles pour les deux sexes et un accueil d'orphelins. Il y a une chapelle indépendante des deux salles de malades. Le 19e siècle complète surtout le jardin et les annexes de type agricole (serre et orangerie en 1848-1849 et en 1872, terrasse). En 1903, on aménage un bloc opératoire et des bains. Une nouvelle salle de 10 lits est aménagée en 1905-1907. En 1908-1909, on consolide la salle des vieillards et on installe un chauffage. En 1911-1914, le clocher de l'hôpital est démoli et reconstruit. Dans les années 1950 et 1960, on perfectionne les sanitaires, installe le chauffage central et construit une maternité au premier étage, au dessus des bains douches. On ferme une ancienne loggia adossée à la chapelle entre 1961 et 1964. L'ancien réfectoire devient parloir et le service des invalides représente 25% de la population. Les derniers travaux sont faits en 1968-1969 (service des invalides, au rez-de-chaussée). Les belles boiseries de l'apothicairerie du 17e siècle ont été démontées et vendues. Le bâtiment fut victime d'un incendie important le 21 avril 1980. De nouveaux bâtiments ont été contruits au nord et à l'est vers 1995.