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Plateforme ouverte du patrimoine

Les anciennes carrières artisanales de Tu-es-Roc (Erquy)

Désignation

Dénomination de l'édifice

Carrière

Précision sur la dénomination de l'édifice - hors lexique

Carrières de grès rose

Titre courant

Les anciennes carrières artisanales de Tu-es-Roc (Erquy)

Localisation

Localisation

Bretagne ; Côtes-d'Armor (22) ; Erquy

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Communes littorales des Côtes-d'Armor

Canton

Pléneuf-Val-André

Lieu-dit

Tu-es-Roc

Références cadastrales

1848 AD ; 1987 AE ; A4

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

En écart

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

19e siècle ; 1ère moitié 20e siècle

Description historique

"L'exploitation artisanale des carrières de la garenne d'Erquy commence à la fin du 18ème siècle avec la famille Le Doledec, qui tiraient avec difficulté une pierre de grain fin, se prêtant à la taille, et qu'ils appelaient "granit". Sous le règne de Louis Philippe, la population locale va "cornir", prélever en surface la pierre "de renard" ou poudingue dans la garenne, déjà utilisée au Moyen Age pour la construction des églises (Erquy, Pléboule, Pléneuf). Les premières carrières furent ouvertes vers la fin du 1er Empire, alors que la Garenne appartenait à l'Etat français. C'étaient des carrières familiales, exploitées par des maçons, dont plusieurs habitaient Carroual. En plus des Doledec au Petit Port, les Cholet exploitaient la dangereuse carrière du Pendu contre le Noirmont ; Pierre Dayot autour du rocher du Sémaphore, Jean Rault, la carrière le Gentil. En 1848, un entrepreneur de Saint Servan, Claude Jouanne obtint du préfet, l'autorisation d'ouvrir la carrière du Maupas (aujourd'hui Lac bleu) pour en tirer les matériaux nécessaires à l'exécution de la route nationale n° 137. C'est à cette époque que le schiste de Saint-Cast (le platin) commence à être remplacé par le grès dans les constructions rurales.L'urbanisation du hameau ouvrier, marin et agricole de Tu Es Roc, grâce à l'exploitation domestique des carrières proches (la rue du nord des carrières), allait apporter une certaine homogénéité architecturale à ce quartier populaire, encore appréciable aujourd'hui.Trois principales exploitations artisanales et familiales de grès d'Erquy fonctionnaient au début du 20ème siècle dans le quartier de Tu Es Roc :- la carrière de Edouard, François et Henri Gour (rue du Four à boulets)- la carrière de Augustin et Joseph Rault (sous le sémaphore)- la carrière des frères Lefebvre (rue de la pierre levée)Ainsi que la carrière de l'entreprise de bâtiment Bourdon, exploitée en 1951.Ces carrières artisanales fournissaient des pavés pour la Société des Carrières de l'Ouest et alimentaient en pierre de taille le marché local de la construction et de l'art funéraire, jusqu'aux années 1970. En 1974, fermait la dernière exploitation familiale Lefebvre de Tu Es Roc. C'est certainement grâce à cet artisanat local que le paysage architectural d'Erquy a su offrir un bâti de caractère aussi homogène, que l'on retrouve autant dans la construction balnéaire que dans un habitat plus modeste. L'exploitation du grès dans la Garenne aura participé de la sauvegarde de ces espaces naturels face au risque d'une urbanisation intensive du trait de côte.La dernière carrière artisanale (derrière le sémaphore) en fonctionnement aujourd'hui est celle de Gilles Bovyn "Grès roses d'Erquy", reprise par sa fille (La Couture, départementale 34).Sur le cadastre de 1846, plusieurs carrières sont signalées :- les carrières du sémaphore en section A XI 15 bis- les carrières des côtières devant la rade ou carrière du petit port en A VI- les carrières de Tu Es Roc en XIII (chemin des carrières) On peut encore voir au niveau des affleurements de grès, la succession des strates brèches (site d'extraction par creusement, appelé front de taille en bord de mer au 15ème siècle et en surplomb (exploitation en gradins, escaliers) aux 19ème et 20ème siècles), les traces de forage, les éclats de taille, les déchets rejetés, vestiges des anciennes carrières privées, artisanales, et des différents postes de taille de la pierre (qui rappellent les process de traitement du grès). Les outils des carriers et des forgerons sont conservés dans les familles (Rault, Bertoni, Tassel). Ils peuvent encore aujourd'hui servir à des démonstrations pédagogiques.A remarquer que les tailleurs de pierre étaient autrefois appelés : "effileurs de grès" et que de nombreux Terre-neuvas allaient travailler dans les carrières entre deux campagnes.La carrière a été exploitée par Julien Lefebvre jusqu'à son décès en 1960 puis par Elise Lefebvre avec comme ouvrier Roger Hallouet."

Description

Commentaire descriptif de l'édifice

Les carrières étaient exploitées sur les substrats gréseux quartzite des fronts de taille avec des gradins peu inclinés et de faible hauteur. La dernière entreprise de grès de la commune se situe à la Couture sur la départementale 34.

État de conservation (normalisé)

Désaffecté

Protection et label

Intérêt de l'édifice

À signaler

Observations concernant la protection de l'édifice

Les anciennes carrières artisanales témoignent du savoir-faire des carriers et de l'utilisation des ressources locales. Un plan d'interprétation du grès pourrait être envisagé pour présenter ce patrimoine industriel et artisanal.

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété privée

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2005

Date de rédaction de la notice

2004

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Prigent Guy

Typologie du dossier

Sous-dossier

Adresse du dossier Inventaire

Région Bretagne - Service de l'Inventaire du Patrimoine Culturel - 283 avenue du général Patton - CS 21101 - 35711 Rennes Cedex 7 - 02.22.93.98.35