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Plateforme ouverte du patrimoine

Réservoirs à poissons : les pêcheries sur la commune de Lancieux

Désignation

Dénomination de l'édifice

Réservoir

Titre courant

Réservoirs à poissons : les pêcheries sur la commune de Lancieux

Localisation

Localisation

Bretagne ; Côtes-d'Armor (22) ; Lancieux

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Communes littorales des Côtes-d'Armor

Nombre d'édifices concernés par l'étude

5 repérées ; 5 étudiées

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

Préhistoire ; 1er quart 18e siècle ; 18e siècle ; 19e siècle ; 1er quart 20e siècle ; 20e siècle ; 1er quart 21e siècle

Description historique

D'après les recherches de Noël Mars, moine de l'Abbaye de St-Jacut, Il existait au milieu du 18ème siècle, 12 pêcheries entre l'Arguenon et Lancieux. L'inventaire de l'inspecteur des pêches Le Masson du Parc en 1726 relèvait 10 pêcheries en baie de Lancieux, dont 2 pêcheries en bois (à détruire), détenues par des Jaguens et 8 pêcheries en pierre abandonnées sur les 29 pêcheries inventoriées dans les deux baies. Un arrêt du Conseil d'Etat du 27 août 1732 relèvait parmi les bouchots à démolir sur le territoire de 'Landt-Cieu', dans la rivière du Drouet, une pêcherie appartenant à François Hervé et celui placé sous les Landes appartenant au dit François Hervé. Les bouchots tant de Lancieux que de Notre Dame de Landouart (ancien nom de la paroisse de St-Jacut sous l'Ancien Régime) étaient placés sur le territoire des abbés de St-Jagu, seigneurs du fonds et ayant droit seigneuriaux. Un acte du 6 avril 1720 mentionnait les pêcheries en baie de Lancieux, possessions de l'Abbaye de St-Jacut, mais tenues, selon les conditions de cet acte par Julien Dagorne (Jean Bouton signant à sa place), Jacques Dagorne et Jacques Hesry (Fig. 1, 2, 3). Il nous apprend qu'il y avait au moins 4 pêcheries disposées au Sud-Est du rocher de la Charbotière. Cependant, les pêcheries en bois appartenaient aux Jaguens selon Le Masson du Parcet ne figuraient donc pas sur l'état des biens de l'Abbaye en 1789. Les habitants de Lancieux, comme les Jaguens, étaient seulement contraints par des droits sur les grèves et les eaux, qui disparurent en 1790. Les conditions d'exploitation des pêcheries sont peu connues entre 1790 et 1830, malgré les différentes réglementations mises en oeuvre. En 1836, Habasque rapportait qu'en traversant la baie de Beaussais, il y constatait cinq pêcheries dont la forme était celle d'un parc en V, mais il n'en précisait pas l'état. Toutefois, ces pêcheries étaient en récession dans cette baie, puisque leur nombre était passé de 10 en 1726 à 5 en 1836. L'application de la loi de 1853 sur les pêcheries et la pêche à pied devait progressivement mettre un terme à l'exploitation des pêcheries. En 1888, malgré nombre de pétitions des populations locales (en particulier pour garantir la fourniture de l'affare ('affart' en gallo, appât) fourni par les pêcheries pour la pêche aux maquereaux), il ne restait plus qu'une seule pêcherie en activité à Lancieux. La dernière pêcherie en activité dans la baie de Lancieux au début du 20ème siècle était détenue par Marie Dagorne et Marie Blochet. Ce témoignage oral de Jean Clouette en 1997 fut relayé par celui de Auguste Loraine (né à la fin du 19ème siècle) qui citait une pêcherie en pierre en face de la Houle Causseul. La carte des Ingénieurs géographes de 1770, place les pêcheries citées, disposées en rangées (au nombre de six) à mi chemin entre la Houle Causseul et la pointe de l'Etoupet (pointe de Lancieux). Sur cette carte, ces pêcheries paraissent jointes par la base et leur extrémité Ouest est à peu près dans l'alignement Nord/Sud de la tourelle de Platus et du Château de Beaussais.Les pêcheries suivantes ont été repérées et étudiées dans le cadre de cet inventaire :- la pêcherie sur la rive gauche du Frémur en pierres (en V)- la pêcherie en pierres de la pointe du Rocher- la pêcherie moderne en pierres (ayant remplacé une pêcherie plus ancienne) de l'Islet- les pêcheries ou parc en pierres de la plage de Saint-Sieu.

Description

Commentaire descriptif de l'édifice

Les pêcheries sont appelées 'bouchots' lorsqu'elles sont en bois et 'écluses' lorsqu'elles sont en pierres. Les pêcheries en bois étaient moins nombreuses (une douzaine dans les deux baies de l'Arguenon et de Lancieux) que les pêcheries en pierre (plus du double), à cause de leur fragilité aux tempêtes. Les pêcheries en bois forment un ensemble de deux alignements de pieux enfoncés dans la vase, dont les bras se rejoignent pour former un V, avec la pointe tournée vers le large. Cet étroit passage triangulaire réceptionne, au jusant, les poissons restés prisonniers dans le filet fixe entrelacé à hauteur de ces pieux. La hauteur moyenne de ces pieux est de 2 mètres, la longueur de chaque bras de 200 mètres et la base du V mesure environ 150 mètres (dimensions moyennes). Ces pêcheries, immergées à mare haute, se succèdent sur un alignement parallèle à la côte et dans le sens du jusant. Les pêcheries en pierre ont à peu près les mêmes dimensions en surface mais sont disposées en V, en arc de cercle ou encore sous la forme d'un rectangle irrégulier. Leur hauteur est variable et inférieure à 2 mètres. Les vestiges observés des pêcheries en pierre ou en bois ne représentent pas leurs dimensions d'origine : les pannes (encore appelées 'bras' ou 'ailes') ont souvent été détruites. Les pierres on été bousculées par les marées et il ne reste souvent que le moignon des pieux, ne dépassant du sol que de quelques centimètres. D'autre part, le niveau de la grève au pied de ces pêcheries a pu varier (souvent augmenter) au cours de leur histoire. Le phénomène d'ensablement et le phénomène des courants sont aussi à prendre en compte pour estimer et décrire l'emplacement de la pêcherie et de son pertuis (porte de la pêcherie).

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2008

Date de rédaction de la notice

2008

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Prigent Guy

Typologie du dossier

Dossier collectif

Adresse du dossier Inventaire

Région Bretagne - Service de l'Inventaire du Patrimoine Culturel - 283 avenue du général Patton - CS 21101 - 35711 Rennes Cedex 7 - 02.22.93.98.35

Plan de situation des pêcheries en 1726 d'après l'inventaire de Le Masson du Parc (collection particulière Michel Le Chapelier)
Plan de situation des pêcheries en 1726 d'après l'inventaire de Le Masson du Parc (collection particulière Michel Le Chapelier)
(c) Conseil général des Côtes-d'Armor
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