Manoir
Manoir de Kermerrot (Coatréven)
Bretagne ; Côtes-d'Armor (22) ; Coatréven
Schéma de cohérence territoriale du Trégor
Tréguier
Kermerrot
Moulin
Limite 15e siècle 16e siècle ; 1ère moitié 19e siècle
2e moitié 19e siècle
Le manoir de Kermerrot est datable de la fin du 15e siècle-début du 16e siècle, comme en témoignent plusieurs éléments architecturaux : cheminées aux piédroits chanfreinés, planchers à poutres et solives, portes à accolades, mais aussi par ses dispositions telles que ses trois portes en tiers point au rez-de-chaussée (porte d'entrée, porte de l'escalier et porte de la cuisine). Déclassé en ferme certainement à la fin du 18e ou début du 19e siècle, le manoir subit des remaniements en façade et dans son aménagement intérieur. Quelques baies sont percées sur son élévation sud et le niveau de plancher est modifié entre le premier étage et le comble. Ce dernier est, au cours du 19e siècle, transformé en lieu de stockage et trois petits jours d'aération sont percés en dessous de la toiture. Parmi les dépendances agricoles, construites au début du 19e siècle autour de la cour du manoir, la plupart ne sont désormais plus couvertes et menacent ruines. A l'ouest, une dépendance accostée au logis est construite dans la seconde moitié du 19e siècle.
Granite ; moellon ; schiste ; moellon ; granite ; pierre de taille
Ardoise
Plan rectangulaire régulier
Rez-de-chaussée ; 1 étage carré ; étage de comble
Charpente en bois apparente
Élévation ordonnancée
Toit à longs pans
Escalier demi-hors-oeuvre : escalier en vis sans jour, en maçonnerie
Organisé autour d'une cour pavée, l'ensemble se compose du logis manorial au nord et de dépendances agricoles à l'est, au sud et à l'ouest à usage d'écuries, d'étables et de grange. Un portail, en partie démonté, marque l'accès à l'ensemble manorial au sud. Un puits est également présent dans la cour. Les états de section du cadastre signalent en 1834 à K[er]merote, en plus du logis et des dépendances (parcelle n°502), la présence d'un colombier (parcelle n°502 bis), deux jardins (parcelles n° 503 et 505) et deux vergers (parcelles n° 500 et 501). Cette dernière parcelle, présentant une forme circulaire à son extrémité nord-ouest, garde probablement la mémoire d'une ancienne fortification aujourd'hui totalement disparue.A l'est de cet ensemble, le cadastre ancien signale également la présence d'un étang aujourd'hui asséché (parcelle n°497), associé à un moulin (parcelle n°491) toujours en place. Un nord, un routoir est également signalé (parcelle n°514), le long d'un ruisseau. L'ensemble des bâtiments est édifié en moellon de granite et de schiste, avec encadrements en pierre de taille de granite. Le logis, dont la façade principale est orienté au sud, se compose d'un rez-de-chaussé, d'un étage carré et d'un étage de comble. Il couvert en ardoise à pignons découverts à rampants et présente trois souches de cheminée.Il présente un plan rectangulaire simple en profondeur à deux pièces par étage. La partie ouest se compose de trois salles superposées et la partie est d'une cuisine en rez-de-chaussée et de deux chambres superposées. Un mur de refend vient séparer les deux partie sur toute la hauteur de l'édifice. L'intérieur est accessible, au rez-de-chaussée, par une porte à archivolte en accolade et ornée de crochets. Cette dernière donne accès à une première salle accueillant, à l'ouest, une cheminée monumentale datable de la fin du 15e ou du début du 16e siècle. Le mur nord est percé par une double porte à arc brisé dont l'une menait probablement à l'origine sur un cellier. La cuisine, à l'est, conserve sa cheminée ancienne (dont la gueule d'un four aujourd'hui disparu est visible sur son contre-cœur) et les restes d'un évier surmonté d'un petit jour (caractéristique du Trégor?). L'accès aux étages se fait par un escalier en vis logé dans une tour d'escalier polygonale demi-hors-œuvre, certainement plus élevée à l'origine pour accueillir une pièce haute. Le premier étage, accessible par deux portes à linteau à accolade, est le plus remanié de l'édifice, certainement dans la seconde moitié du 19e siècle. La chambre situé à l'est conserve cependant sa cheminée ancienne sur son mur pignon. Le second et dernier étage est occupé par le comble, qui conserve sa charpente à ferme et panne d'origine. A l'ouest, la salle est transformée en lieu de stockage au cours du 19e siècle. Cette dernière a vu son niveau de sol rabaissé et son surcroît sud percé de trois jours d'aération. C'est également le cas pour la chambre située à l'est. La présence de cheminées sur le refend nous indique que ces deux pièces sous charpente étaient chauffées et donc habitables.
2018
(c) Région Bretagne
2018
Tissier Anaïs
Dossier individuel
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