Manoir ; dépendance
Manoir de Keranroux (Plufur)
Bretagne ; Côtes-d'Armor (22) ; Plufur
Schéma de cohérence territoriale du Trégor
Plestin-les-Grèves
Keranroux
Isolé
16e siècle ; 17e siècle
1ère moitié 19e siècle
Cet ensemble bâti ancien, à la fois résidence seigneuriale et exploitation agricole, est situé à 1500 mètres au nord-nord-est du bourg de Plufur. Établi à 98 mètres au-dessus du niveau de la mer, il se trouve à proximité immédiate de l'un des petits affluents du Dour Elégo Rau connu également sous le nom de ruisseau de Rosanbo ou de Saint-Conay (selon le tableau d'assemblage de 1848). Ce petit ruisseau alimente l'étang du moulin à eau de Keranroux situé à moins de 400 mètres au nord. Une avenue bordée d'une double rangée d'arbre longue de 250 mètres mène vers l'est à la cour du manoir (un arbre abattu a permis de dater - par comptage des cernes - les plus anciens arbres de 160 à 170 ans). Entre 1816 et 1848, un chemin a été aménagé partant de l'avenue et allant au moulin à eau. A un carrefour proche (immédiatement au sud-ouest), situé sur une hauteur, se dressait une croix nommée "Croix Keranrous[x]"", elle a aujourd'hui disparu (un socle de croix a été observé au pied de la façade ouest du logis). Le toponyme ""K[er]anroux"" est mentionné sur les cadastres de 1816 et 1848. Il est formé de ""Kêr"" qui signifie le village, le lieu habité ancien et de ""ar Rouz"" (rous en moyen breton ; Keranrous en 1816 et Keranroux en 1848), patronyme et surnom supposé de quelqu'un aux cheveux ""roux"".Selon Yannick Botrel (Les justices seigneuriales de l'évêché de Tréguier), la seigneurie de Keranroux s'étendait dans les paroisses de Plufur, Plestin(-les-Grèves), Trémel et Plounévez-Moëdec. Elle possédait une cour, un droit de haute justice ""à quatre piliers dont la potence se dresse dans un champ appelé Parc Bastil"" et ""un poteau armorié des armes de Keranroux avec collier et chaînes de fer pour exposer les délinquants"". Cette juridiction, littéralement en latin ""l'action de dire ce qui est juste"", était rendue au bourg de Plufur où se trouvaient l'auditoire et la prison (édifices détruits pendant les Guerre de la Ligue). La seigneurie de Keranroux possédait également divers droits : droit de gruerie (droit royal de percevoir une partie des coupes de bois), droit de panage (droit de mener les porcs à la glandée dans une forêt) et champart (impôt seigneurial, prélevé en nature, proportionnel à la récolte), droit de moulin, droit de marchés, droit de foires et celui de ""lever une coutume le jour du pardon de Plufur"". Le seigneur de Keranroux a fondé l'église de Plufur, la chapelle Saint-Yves et la chapelle Saint-Maurice à Trémel dont il a des droits de prééminences.La seigneurie de Keranroux à Trémel a appartenu à la famille Le Long dont les armoiries sont ""d'argent à trois chevrons de sable"" et qui est citée dès le 15e siècle :- Rolland Le Long, seigneur de Keranroux ;- Rolland II Le Long, seigneur de Keranroux ;- Robert Le Long, seigneur de Keranroux ;- Prigent Le Long, seigneur de Keranroux (1532) ;- Rolland III Le Long, seigneur de Keranroux (1553) ;- François Le Long, seigneur de Keranroux ;- Olivier Le Long, seigneur de Keranroux (1583 ; 1603) ;- Jean Le Long, seigneur de Keranroux (1633) ;- Marie Jean Le Long, héritière de Keranroux a épousé Jean du Chastel, seigneur de Coatangars (Plouzévédé), Launay (Ploëzal) et Bruillac (Plounérin) (1639) ;- Ignace-Francois du Chastel, seigneur de Keranroux (1667) ;- Joseph du Cosquer (1633-1699, conseiller au parlement de Bretagne), seigneur de Rosanbo et de Keranroux (1689) ;La famille Le Peletier de Rosanbo est née du mariage de Geneviève du Cosquer de Rosanbo avec Louis Le Peletier en 1688.- Louis Le Peletier de Rosanbo, seigneur de Keranroux (1699).Le manoir de Keranroux appartenait toujours à la famille Le Pelletier de Rosanbo au 20e siècle : il avait été déclassé en ferme comme on peut le voir sur les photographies de 1969.D'après l’examen des cadastres anciens, le type de mise en œuvre, l'étude stylistique (comme la présence de deux linteaux en arc segmentaire et de plusieurs linteaux à clé datables des années 1830-1840), le logis a été profondément remanié entre 1816 et 1848. La réutilisation de meneaux comme linteaux des fenêtres ouest de l'étage trahit une reconstruction importante. On signalera également la présence de trous à pigeons dans l'élévation ouest. La métairie (?) comporte des éléments datables de la fin du 16e siècle voire de la première moitié du 17e siècle (portes avec linteaux en arc segmentaire, petites fenêtres et jours). L'extrémité ouest semble avoir été en partie reconstruite au 19e siècle comme le montre l'absence de logique dans le remontage des piédroits - grange notamment. Le manoir de Keranroux avait été photographié en 1969 lors du pré-inventaire de la commune de Plufur.
Schiste ; moellon ; granite ; moellon
Ardoise
1 étage carré
L'ensemble manorial se compose d'un corps de logis principal orienté vers l'est et d'un grand bâtiment (de près de 40 mètres de longueur) orienté vers le sud.
Bon état
Propriété privée
2015
(c) Région Bretagne
2015 ; 2021
Lécuillier Guillaume
Dossier individuel
Région Bretagne - Service de l'Inventaire du Patrimoine Culturel - 283 avenue du général Patton - CS 21101 - 35711 Rennes Cedex 7 - 02.22.93.98.35