Château ; manoir
Château, Kermezen (Pommerit-Jaudy fusionnée en La Roche-Jaudy en 2019)
Bretagne ; La Roche-Jaudy
Commune fusionnée après inventaire : Commune inventoriée sous le nom de Pommerit-Jaudy
Schéma de cohérence territoriale du Trégor
Roche-Derrien (La)
Pommerit-Jaudy ; Kermézen
Isolé
Écurie ; colombier ; parc ; chapelle seigneuriale ; croix monumentale ; lavoir ; fontaine
4e quart 15e siècle ; 1ère moitié 17e siècle
3e quart 19e siècle
1637 ; 1860
Porte la date ; daté par source
Attribution par travaux historiques
Kermel Prigent de (commanditaire)
Originaire de Pleubian, la famille de Kermel occupe la seigneurie de Kermezen depuis le 15e siècle : Prigent de Kermel est signalé en 1481 à Kermezen, c'est probablement lui qui fait construire le manoir d'origine avec sa tourelle d'escalier postérieure et son système défensif avec enceinte et tours de défenses. Les seigneurs de Kermel exerçaient leur droit de haute justice dans la chapelle Saint-Eutrope de La Roche-Derrien qui tenait lieu d'auditoire. Les fourches patibulaires de la seigneurie étaient situées au sommet de la colline de ""Penn-ar-Chrec'h"" face à La Roche-Derrien, au lieu dit Justisso (les justices). Geoffroy de Kermel est gouverneur de la ville de La Roche-Derrien. Louis 1er de Kermel est sénéchal de la ville en 1613.Au 17e siècle (1632), le logis est agrandi vers l'ouest d'un pavillon qui se signale par sa haute toiture à quatre pans. C'est probablement à cette époque que la tour de défense ouest est réaménagée en colombier et que le mur d'enceinte fermant la cour au nord est détruit au profit d'un portail. Une perspective est dessinée devant le logis en direction de la chapelle seigneuriale construite en 1637 (date portée), à une trentaine de mètres au nord du manoir. Elle abrite les sépultures des Kermel et les armoiries de la famille avec toutes les alliances depuis son installation à Pommerit-Jaudy. L'aspect résidentiel prend le pas sur la vocation défensive du manoir originel.Vers 1860, des travaux importants sont réalisés par Joseph de Kermel pour moderniser le logis et son environnement immédiat (plan daté). L'aile ouest figurée sur le cadastre ancien, construite contre le pavillon du 17e siècle, est détruite. Les traces de portes bouchées au rez-de-chaussée et à l'étage signalent une communication intérieure entre cette aile et le pavillon. Cette suppression permet l'édification de la tour d'escalier carrée devant le pavillon du 17e siècle afin de fluidifier la circulation intérieure. De nouvelles écuries et remises sont bâties sur le côté ouest de la cour. A l'est, la seconde aile qui reliait la tour de défense au logis est également abattue afin d'ouvrir la cour sur l'espace environnant. A l'intérieur du manoir, l'aménagement est repensé au rez-de-chaussée : la cuisine est rejetée à l'extrémité ouest du logis dans un bâtiment secondaire construit à cet effet, dans le prolongement du pavillon ; des cloisons sont montées pour ménager de nouveaux espaces (vestibule d'entrée, pièce à usage de bureau, petit salon, grand salon). A l'extérieur, la façade nord est entièrement remontée avec de grandes baies disposées en travées dans un soucis de symétrie. Le décor est inspiré du style Renaissance : porte d'entrée surmontée d'une archivolte ; fenêtres de l'étage à appui saillant mouluré et linteau à décor de losanges ; lucarnes ; corniche à modillons. Au-dessus de la porte d'entrée figurent les armes des Kermel ""De gueules à la face d'argent accompagnée de deux léopards d'or"". Les façades sud sont également percées de nouvelles baies afin d'ouvrir sur le jardin.
Ardoise
1 étage carré
Élévation ordonnancée
Toit à longs pans pignon couvert ; toit en pavillon ; toit conique noue
Escalier hors-oeuvre : escalier en vis sans jour, en maçonnerie
Le manoir initial de Kermezen présentait un plan allongé associant une cuisine au pignon de la salle, comme en témoigne le passe-plat ménagé dans le mur de refend entre les deux pièces principales. Toujours en place, l'escalier en vis logé dans une tourelle en hors-oeuvre sur la face postérieure dessert l'étage. Un cellier, aujourd'hui disparu mais figuré sur le cadastre ancien, jouxtait la tour d'escalier et venait doubler la cuisine à l'arrière amorçant une sorte de plan en L. Des bâtiments annexes construits en retour d'équerre du manoir, à l'est et à l'ouest, étaient reliés entre eux par le mur de clôture de la cour et les tours de guet. Ce plan primitif a évolué avec la transformation du manoir en château : dans un premier temps, un pavillon est ajouté dans le prolongement à l'ouest ; dans un second temps le réaménagement intérieur avec ses nouveaux cloisonnements se traduit par le remontage de la façade et la suppression des dépendances est et ouest pour ouvrir la cour et offrir de nouvelles perspectives. Cette suppression permet de construire une tour carrée devant le pavillon pour abriter un second escalier et faciliter la distribution intérieure.
Propriété privée
2015
(c) Région Bretagne
2015
Tanguy-Schröer Judith
Dossier avec sous-dossier
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