Description historique
Logis vraisemblablement datable du 16e siècle transformé en maison d’habitation et agrandie vers le nord par l'architecte Émile Brunet en 1904 à la demande de Jules Guillerm, maire de Tréguier, son propriétaire. C’est à cette occasion que la tour d’escalier nord a été arasée. L’intervention de cet architecte a été identifiée grâce à deux planches du projet d’agrandissement daté du 4 avril 1904 et conservées par l’actuelle propriétaire madame Thévenet. Architecte parisien, Émile Brunet a été nommé Architecte en chef des Monuments historiques en 1899 en charge des départements des Côtes-du-Nord (actuelles Côtes-d'Armor), de l'Eure-et-Loir, de la Seine-et-Marne et de l'Aisne. Il a en outre la charge de la cathédrale Notre-Dame à Paris. Adjoint à l'inspection Générale en 1933, il est nommé inspecteur général des Monuments historiques en 1937. L’architecte est notamment intervenu pour la restauration de la basilique de Saint-Quentin, de la cathédrale de Soissons, la cathédrale, l'église Saint-Pierre à Chartres et l'église Notre-Dame à Laon. En Bretagne, il a contribué à restaurer le château de Dinan et l'ancienne cathédrale de Tréguier. Grâce aux archives personnelles de la propriétaire, nous avons pu retrouver le nom des propriétaires successifs de ce logis, voici la dévolution :Avant 1850 : famille Cabanac. Selon les états de section du cadastre, cet ensemble localisé "rue Treusse"" composé d'une ""maison , bâtiment et cour"" (parcelle n° 331) et d'un jardin (parcelle n° 332) appartient en 1835 à ""Cabanac, la veuve à Tréguier"".11 juin 1851 : achat par le major Roger Pommeroy-Gilbert, ancien officier de l’armée anglaise, originaire de Killaloe en Irlande. Ce dernier est mort à Tréguier le 30 mai 1864. Son frère Francis Gilbert, ancien officier de l’armée anglaise demeurant à Killaloe vend la maison.25 juillet 1864 : achat par Gabriel Jean François Bruté de Rémur et sa femme Marie Thérèse Guillo Lohan pour la somme de 9500 francs. Ce dernier est receveur de l’enregistrement et des domaines à Tréguier (acte signé chez maître Charles Le Gac, arrière-grand-père de Marie-France Morvan, propriétaire actuelle de La Psalette). L’acte de vente décrit une ""maison d’habitation avec cour au-devant et jardin sur le derrière"".28 mai 1877 : achat par Jules Guillerm, ""propriétaire"" et son épouse Anna Tassel pour la somme de 15 000 francs. Jules Guillerm fut maire de Tréguier au début du 20e siècle. La demeure donnant sur la rue de la Poissonnerie et la rue Treuz est décrite ainsi : ""une maison d’habitation avec au midi, puits, écurie, remises et autres logements dans la cour, jardin au nord et au levant"". En 1877, Bruté de Rémur demeure à Pontivy : il est conservateur des hypothèques.31 décembre 1893 : Sylvain Le Moniès de Sagazan (1852-1932) vend à Jules Guillerm les dépendances de sa propriété dite ""l’ancien presbytère"" (en conservant la partie donnant dans sa cour).Selon le recensement de population de 1906 (conservé aux archives départementales des Côtes-d’Armor), 11 personnes vivaient dans cette maison : Jules Guillerm (né en 1859 à Louannec) et sa femme Anna Tassel (née en 1863 à Louannec) ainsi que leurs cinq enfants nés à Tréguier (Marie, Marguerite, Juliette, André et Jules, âgés de 5 à 21 ans). Jeanne Luyer (36 ans) assure la fonction de ""cuisinière"", Anne-Marie Zétrat (22 ans), celle de ""bonne d’enfants"", Perrine Tanguy (78 ans) est ""domestique"" et Marie Gratien (28 ans) est ""femme de chambre"". Jules Guillerm est recensé comme ""propriétaire"" (vivant de ses rentes).28 avril 1909 : achat par François Le Gueut et Marguerite Salliou. Ces derniers étaient les grands-parents de madame Thévenet, actuelle propriétaire de la maison. François Le Gueut était docteur en médecine dans l’armée ayant le grade de capitaine. Pendant la première guerre mondiale, il a exercé à l’hôpital militaire de Tréguier (dans l’ancien séminaire) comme médecin chef. Sa cantine militaire a été précieusement conservée. L’acte notarial décrit à cette occasion : ""une belle propriété de maître de construction récente composée de : 1. Une maison d’habitation à deux étages comprenant vestibule, cuisine et salle à manger au rez-de-chaussée, deux chambres et cabinet à chacun des étages avec grenier au-dessus.2. En retour contre la longère nord de la précédente, autre maison élevée sur caves avec perron donnant sur le jardin d’hiver au-rez-de-chaussée, chambres et cabinet de toilette à chacun des deux étages.3. Cour au midi et au levant de la maison d’habitation avec pompe et porte-cochère donnant sur la rue. 4. Au midi de la cour, un bâtiment construit en pierres et couvert en ardoises comprenant remise, sellerie et écuries avec box et stalles et autres logements.5. Au nord et au levant des maisons d’habitation, jardin anglais et potager avec serre, cabinet d’aisances et poulailler.Deuxièmement. Par annexe à ladite propriété. Une portion distincte de l’ancien presbytère comprenant un appartement avec vestibule au rez-de-chaussée et chambre de cabinet au-dessus. 2. Cour au nord"".La petite dépendance flanquant le logis ancien a été construite entre 1911 et 1914 : elle était surnommée le ""trou à fouillis"". C’est dans cet espace vitré vers le jardin - que Françoise Thévenet, l’actuelle propriétaire de la maison, faisait ses devoirs.