Commentaire descriptif de l'édifice
Traversé par un ruisseau venant de Traou an Dour (le vallon de la source) et coulant vers le Jaudy, le site manorial de Saint-Renaud comprenait notamment une chapelle, un moulin à eau, sa digue, son étang et son bief, plusieurs dépendances dont un four à pain et plusieurs routoirs dont la présence est liée à l’activité de transformation du lin. Au nord de Saint-Renaud se trouve une exceptionnelle concentration de routoirs. Du nord au sud, alimenté par le ruisseau de Traou an Dour : cinq routoirs à "Goajou Kernevec [Convenant Kernevec]"" (parcelles n° 689, 690, 691, 692, 693), six routoirs à ""Goajou Kervegan"" (parcelles n° 694, 695, 696, 698, 699, 700) et deux routoirs immédiatement au sud près de Traou an Dour (la propriété des routoirs est protéiforme).Les trois parcelles immédiatement situées au nord-nord-ouest du logis étaient closes de mur. L’accès au manoir se faisait à l’origine par un chemin filant vers l’est jusqu’au portail fermant la cour. Dans le jardin, croix ancienne déplacée.Selon les états de section du cadastre de 1835, les parcelles sont désignées comme : ""l’entrée, futaie [barré] pâture"" (n° 717), deux ""routoirs"" (n° 718 et 719), ""chlos ar leur, labour"" (n° 720), ""bâtiment et cour"" (n° 721), ""jardin"" (n° 722), ""jardin dun [?] traou, jardin"" (n° 723), ""bâtiment et cour"" (n° 724), ""bâtiment et cour"" (n° 725), ""maison et cour"" (n° 726), ""bâtiment"" (n° 727), ""jardin"" (n° 728), ""maison, bâtiment et cour""(n° 729), ""jardin"" (n° 730), ""chlos bras, labour"" (n° 731). Dans le périmètre immédiat du manoir se trouvaient au moins deux moulins désignés comme le ""moulin de haut"" (n° 715) et son étang ""stang ar milin creiz"" (n° 712) et ""milin dan traou"" (n° 775), littéralement le moulin du vallon et son étang ""ar stang"" (n° 771) (ces moulins appartenaient à ""Jean Goarin, enfant"" habitant à Langoat).Corps de logis en équerre comprenant quatre pièces au sol : salle basse orientée nord-sud, cuisine orientée est-ouest (une étroite niche - à sel ? - est aménagée dans le piédroit de la cheminée), chambre basse orientée est-ouest et cellier ou arrière-cuisine en appentis arrière. Salle basse et cuisine disposent chacune d’une porte dédiée : la porte principale en arc plein cintre mouluré comprend une archivolte avec fleuron blasonné (buché) ; la porte de la cuisine à linteau surbaissé est ornée d’une grande accolade. Deux fenêtres du rez-de-chaussée ont conservé leurs grilles défensives dont le décor se caractérise par l’emploi de motifs géométriques. Une lucarne à gable aigu de style gothique flanquée de crossettes sculptées domine l’étage de comble. L’escalier en pierre de taille de granite est de type rampe sur rampe à volées droites : sa construction semble très homogène. Sous cet escalier a été aménagé un cellier accessible via une porte dédiée depuis la salle basse et depuis la cuisine. Au niveau de l’étage de comble, les vestiges d’une cheminée (piédroits à chanfrein et griffes) témoignent de la présence d’une ancienne pièce haute située au-dessus de l’escalier.Deux cheminées sont également conservées au premier étage ainsi que des portes de communication à linteau droit. Le logis était vraisemblablement doté de latrines accessibles directement de l’escalier et depuis la chambre haute (une descente de latrines et deux portes ont été identifiées : l’une d’entre elles menait vraisemblablement à une garde-robe/latrines aujourd’hui disparue) et donnant sur la façade nord.