Description historique
Au XVIe siècle, une bonne partie de la communauté villageoise de Salles embrasse la religion réformée. Deux des coseigneurs les plus importants, Antoine Baron et Isaac Bar, sont des capitaines huguenots qui font construire un temple à Salles vers 1580, dans le quartier des Aires. Ce temple servira au culte pendant cent ans. Durant les troubles religieux, en 1652, François de Castellane-Adhémar, seigneur de Grignan, tenta d'empêcher par les armes l'exercice du culte à Salles ; la population huguenote réagit en intentant un procès au seigneur de Grignan et obtint gain de cause dans un premier temps. Mais trente ans après, ce procès aboutira à un arrêt du Parlement de Grenoble, le 5 septembre 1683, ordonnant la démolition du temple de Salles. Après la révocation de l'Edit de Nantes (1685), on dénombre de nombreuses abjurations de protestants, 66 familles reviennent au catholicisme, probablement sous la contrainte, et 16 personnes sont de nouveaux convertis. Cependant le protestantisme persiste à Salles ; ainsi, en 1772, sur 104 ménages, 92 sont catholiques et 12 protestants. £ Au XIXe siècle le culte était célébré dans une maison particulière louée par la municipalité. En 1862, une paroissienne, madame Coton épouse Gras, lègue à la commune un don de 1000 F. pour la construction d'un temple, legs qui est homologué en 1873. Cette année-là deux habitants cèdent gratuitement un terrain pour le bâtir. La donation par Philippe Timothée Gourjon et les époux Martel (Victor Martel est maire de Salles) d'une parcelle de terrain de 2a 10 ca, située au village, parcelle A 759, pour y établir un temple protestant est enregistrée par acte notarié le 10 décembre 1876. Entre temps, le maire a fait dresser un projet par Chaix, agent voyer cantonal (10 octobre 1875). Mais il faut attendre encore pour rassembler les fonds. Le 18 avril 1881, Cultil, architecte de Montélimar, établit le devis et le cahier des charges, approuvés par le conseil municipal en 1882 (on ignore si Cultil a repris ou modifié le projet de Chaix). La construction est adjugée en novembre 1882 à Parfait Vergier. Le temple est achevé en 1884, Cultil signe la réception provisoire des travaux en novembre et la réception définitive le 25 octobre 1885. Des réparations ont été faites en 1902 (plafond et toiture) et la toiture refaite dans les années 1990. Aujourd'hui, le temple ne sert au culte que pour des cérémonies de baptême, mariage ou funérailles ; il reste un bâtiment communal utilisé comme lieu d'expositions.