Description historique
La ville d'Auterive, détenue par la très ancienne famille des seigneurs de Montaut, fut dévastée à maintes reprises (croisade, épidémies, brigandage). A la fin du 14e siècle, les Montaut durent vendre une grande part de leurs biens aux Isalguier. Annoblie en 1328, cette famille toulousaine connaît au 14e siècle une ascension liée à l'exploitation de ses domaines fonciers. En 1361, Bernard-Raimond Isalguier acquiert, au couvent des Frères prêcheurs, la baronnie d'Auterive contre 2000 florins, donnant naissance à la lignée des Isalguier de Fourquevaux-Auterive. De 1374 à 1405, les Isalguier sont en procès avec les Frères Prêcheurs de Toulouse, lesquels contestent cet achat. Ils recevront des compensations en froment d'Auterive. De tous les fiefs de Jacques Isalguier, Auterive est le plus élevé en dignité. Il y possédait un four commun, des moulins, leud et péage. L'immeuble de la rue Saint-Michel est attesté dans un dénombrement présenté par Jacques Isalguier devant le Sénéchal de Toulouse le 19 janvier 1457 : «item l'ostel principal que ledit Izalguier a dedans la dite ville». Il fut construit dans l'îlot bâti situé entre la rue de la Lèze, la rue du Four, la rue Saint-Michel et une petite rue détruite par l'aménagement de l'actuelle place Occitania. Dès 1460 cependant, la fortune des Isalguier est en déclin. En 1532, la maison fait partie des biens d'Auterive que Jean et Guy Isalguier vendent au roi de Navarre. Elle changea dès lors plusieurs fois de mains : le roi de Navarre ayant inféodé la maison au bourgeois Simon de Portes, celui-ci la vend en 1542 à noble Jean de Saint-Etienne, seigneur de Camparnaud, époux de Béatrice de Tournemire, dame du Secourrieu. Les descendants de cette dernière furent par la suite contraints de la vendre au Cardinal de Joyeuse qui la céda en 1606 à Jean-Georges de Caulet, conseiller au Parlement de Toulouse. Sa descendante, Marie de Caulet, par son mariage avec Jean de Rességuier, président au Parlement, transmet la maison à la famille de Rességuier qui la conserve jusqu'à la Révolution. Le caractère massif et apparemment homogène de la construction grâce à l'usage exclusif de la brique tendent à masquer son évolution chronologique : il s'agit en effet, d'une bâtisse construite en plusieurs étapes. Le bâtiment sur rue en particulier a été construit en deux étapes, la première autour de 1540 (partie de droite), la deuxième (partie de gauche) peu après probablement (16e siècle). Cette deuxième étape a pu concerner l'aménagement d'un local commercial en rez-de-chaussée (ouverture cintrée en brique) en relation avec un dispositif spécifique découvert dans le sol de la cave correspondante (support de moulin à huile ou à pastel ?). Le bâtiment sur rue a reçu plusieurs modifications (réfection de baies au 18e siècle, cloisonnements au 19e siècle...).