Description historique
A l'origine de l'église Saint-Nicolas est le voeu fait par les habitants du quartier, redoutant les ravages des inondations successives, d'édifier une église sous l'invocation de saint Nicolas, "patron et saint tutélaire de ceux qui vont par eau et craignent le naufrage" (Catel, 1626). L'église est mentionnée pour la première fois dans un acte de 1197. De cette église de la fin du 12e siècle datent peut-être la base quadrangulaire du clocher, les fenêtres à la hauteur des voûtes, un chapiteau servant de socle à une statuette à l'angle de la rue Bourdelle et de la Grande rue Saint-Nicolas (volée en 1974) ainsi qu'une petite pierre sculptée et très mutilée encastrée dans le mur des chapelles de cette même rue. Dans la seconde moitié du 15e siècle l'église est presque entièrement rebâtie. Les travaux réalisés à cette période - notamment la construction des voûtes de la nef - sont attribués à l'architecte Jean Constantin. Le portail situé sur le côté sud du clocher massif fait partie de cette campagne. La réalisation de son programme sculpté est attribué à l'atelier de Pierre Viguier, actif dans la région toulousaine, l'Albigeois et le Rouergue dans la deuxième moitié du 15e et le début du 16e siècle. La Vierge à l'enfant du tympan a été rapprochée de la statue de Notre Dame de Grasse (Musée des Augustins), parfois attribuée à Pierre Viguier. Les chapelles latérales sont édifiées à partir du début du 16e siècle. Contrastant avec l'austérité de son architecture extérieure, l'église Saint-Nicolas abrite un riche décor de choeur du 18e siècle. En 1826, le porche qui précédait le portail est détruit. Dans le dernier tiers du 19e siècle, une importante campagne de restauration est entamée à Saint-Nicolas, submergée jusqu'au premier niveau d'élévation par la terrible crue de 1875. Les travaux sont entrepris par l'architecte Henri Rocher sous l'impulsion de l'abbé Tournamille, directeur du cercle catholique ouvrier de Saint-Cyprien. Ce dernier fait appel au peintre toulousain Bernard Benezet pour réaliser de 1891 à 1894 un cycle de peintures murales sur la vie du saint patron de l'église. Malade, le peintre n'achève pas son travail. C'est un de ses élèves, Léon Cazelles, qui exécute le dernier tableau. Antoine Borios se charge quant à lui des peintures décoratives. L'ensemble a été mutilé, surtout au niveau du portail. Des six statues qui devaient orner les ébrasements, quatre sont parvenues jusqu'au début du 20e siècle (elles ont été classées Monument Historique en 1906). Les sculptures, taillées dans un calcaire fin et gélif (pierre de Roquefort-sur-Garonne, Boussens et Belbèze), ont beaucoup souffert des intempéries et de la pollution (mais aussi des jeux des enfants) depuis la destruction du porche : l'ensemble des statues médiévales a été déposé au début des années 1980. Le groupe du tympan a été mis à l'abri dans la deuxième chapelle du côté sud à l'intérieur de l'église et remplacé sur le tympan par des moulages. Les statues médiévales des ébrasements sont très mutilées : leurs fragments sont conservés dans les réserves du Musée des Augustins.