Description historique
Une église est mentionnée à Seissan en 1110, le quart des dîmes étant alors donné à l'église Sainte-Marie d'Auch (Cartulaire noir). Le ««castrum»« n'apparaît dans la documentation écrite qu'en 1266 (Monlezun). Il semble que celui-ci se soit formé bien avant, probablement au cours de la seconde moitié du 12e siècle.£En 1266, l'abbé de Faget, seigneur du lieu, place le castrum de Seissan sous la protection du comte d'Astarac qui devient seigneur paréager. Le bourg est alors un village castral organisé de manière plus ou moins circulaire autour du château des abbés de Faget dont il subsiste une tour en élévation. Les habitants sont mentionnés dans l'acte de paréage ainsi que le marché qui se tient déjà sur la place proche du château. C'est probablement de cette période que date l'installation d'une bastide au nord du village castral préexistant. Le terme de ««bastide»« n'est jamais employé pour désigner Seissan dans la documentation écrite médiévale, mais la présence d'une vaste place et de rues se croisant à angles droits permet tout de même de définir l'extension du bourg de Seissan comme une bastide.£Lors de la chevauchée de 1355, le Prince Noir a séjourné à Seissan, probablement suite à une négociation avec les seigneurs et/ou les consuls du lieu, sans pouvoir empêcher l'incendie du bourg par ses troupes (Ardiley). Peut-être que cet épisode tragique a pu marquer un coup d'arrêt dans le lotissement et l'extension de la bastide. Aucun élément ne permet d'affirmer qu'à cette date l'ensemble du bourg était protégé par une enceinte. Il est plus probable que seul l'ancien village castral était fortifié. La destruction n'a pu alors concerner que la ««bastide»«, l'extension du bourg hors des murs. Cela permettrait d'expliquer la très faible conservation du parcellaire médiéval dans le bourg, notamment du côté de la bastide.£Le 15e siècle est marqué par un conflit entre l'archevêque d'Auch et le comte d'Astarac au sujet des droits usurpés par le comte en Astarac, et notamment à Seissan. Cette opposition donne lieu à une transaction en 1435 au cours de laquelle l'archevêque d'Auch recouvre ses droits sur Seissan (Livre rouge). Par la suite, l'archevêque apparaît à plusieurs reprises comme coseigneur du bourg de Seissan avec l'abbé de Faget.£En 1565, un marché hebdomadaire et deux foires annuelles sont concédés à Seissan par le roi de France à la demande de l'abbé de Faget (Trésor des chartes). La fonction marchande de ce bourg, déjà attestée au 13e siècle, se voit ainsi confirmée. Cette fonction s'est maintenue au fil des siècles et encore aujourd'hui plusieurs halles sont conservées dans le bourg.£Peu de vestiges médiévaux sont conservés en élévation en dehors de la tour du château (limite 12e 13e s. ?), quelques moellons de l'enceinte du village castral (13e s. ?), la façade occidentale de l'église (13e s.) et la maison au bord du Gers dite maison de l'abbé (fin Moyen Age ?). L'architecture conservée dans le bourg date principalement des 19e et 20e siècles. Quelques édifices mériteraient une étude approfondie, notamment ceux en lien direct avec l'activité marchande (halles, boutiques, hôtels, etc.). Plusieurs lotissements et zones commerciales ont été installés au nord, à l'ouest et au sud du bourg à l'Epoque contemporaine.