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Plateforme ouverte du patrimoine

Verrerie royale de la Haie d'Iré (Saint-Rémy-du-Plain)

Désignation

Dénomination de l'édifice

Verrerie

Appellation d'usage

Verrerie royale de la Haie d'Iré

Titre courant

Verrerie royale de la Haie d'Iré (Saint-Rémy-du-Plain)

Localisation

Localisation

Bretagne ; Ille-et-Vilaine (35) ; Saint-Rémy-du-Plain

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Ille-et-Vilaine

Canton

Antrain

Lieu-dit

Haie d'Iré (la)

Références cadastrales

1987D1 160 à 163, 169 à 177, 182 à 183, 190 à 192, 789, 805 à 816

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

Isolé

Partie constituante non étudiée

Atelier de fabrication ; logement patronal ; enclos ; jardin ; tuilerie

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

1er quart 19e siècle ; 2e quart 19e siècle

Siècle de campagne secondaire de consctruction

1er quart 19e siècle ; 2e quart 19e siècle

Année(s) de(s) campagne(s) de construction

1803 ; 1804 ; 1811 ; 1819 ; 1820

Commentaires concernant la datation

Daté par source ; daté par tradition orale ; daté par travaux historiques ; porte la date ; daté par source

Auteur de l'édifice

Description historique

La présence d’un filon de quartz dans le sol de Saint-Rémy-du-Plain, à proximité immédiate de l’église, favorise l’implantation d’une activité verrière. Les pierres de quartz, qui contiennent de la silice, sont finement broyées au pilon pour servir de matière première à la fabrication du verre. Les forêts de Dingé et de Feins, à quelques kilomètres de la Haie d’Iré, fournissent le combustible nécessaire pour le fonctionnement des fours.1803-1819 : les débuts de l’activité verrière à la Haie d’IréSuite à la Révolution, le manoir de la Haie d’Iré est confisqué. M. Morin l’achète en 1793. En 1803, il s’associe avec Julien-François Carro, ancien directeur associé de la verrerie Javardan en Fercé en Loire-Inférieure, et Pierre-François Damicourt, premier ouvrier de cette même verrerie. Ils implantent une gobeleterie, encore visible aujourd’hui dont l’architecture s’appuie sur le modèle de Javardan.En 1804, de premières difficultés financières obligent le propriétaire des lieux à vendre le site. Le comte Duplessis de Grénédan, riche entrepreneur et homme politique ambitieux, achète le manoir et la gobeleterie ainsi que les parts de M. Damicourt. Il se retrouve donc associé à M. Carro. Duplessis de Grénédan finance des travaux à la gobeleterie, qui se voit dotée d’une halle neuve, ainsi que la rénovation du manoir, où logeaient les verriers, et qui devient le logis patronal. En 1811, il fait reconstruire la halle suite à un grave incendie.La gobeleterie emploie 19 ouvriers en 1806 et une trentaine en 1812. A cette date, quatre types de verre différents sont produits. On y fabrique des contenants en verre aux fonctions diverses : carafes, bocaux, flacons, gobelets, verres, vases …En 1816, Duplessis se sépare de son associé et devient seul actionnaire de l’entreprise.1819-1835 : la période faste de la verrerieDuplessis de Grénédan se lance dans l'agrandissement de son établissement afin d'y créer une unité de verre en plat, en plus de la gobeleterie et de la fabrication de vases pour la chimie et la pharmacie. De gros travaux sont ainsi entrepris à la Haie d’Iré en 1819-1820, avec notamment la construction de la grande verrerie, sur les plans de l’architecte rennais Le Roux. Il restaure également la gobeleterie, qui reçoit un nouveau four, d’où la date 1819 et les initiales MDP inscrites sur la girouette.Désormais pourvue de deux fours de fusion à huit creusets et de six fours à étendre, l'usine est alors la plus grande verrerie en plat de haute Bretagne.Le 21 août 1822, l'établissement reçoit le titre prestigieux de manufacture royale. Elle est un modèle de verrerie fonctionnant au bois. En 1826, attestation de deux machines à vapeur destinées à concasser les matières, à scier les planches, à puiser et à distribuer les eaux nécessaires.La production de verre à vitre augmente remarquablement jusqu’en 1830, une partie étant notamment dirigée vers les îles anglo-normandes. En 1826, deux machines à vapeur destinées à concasser les matières, à scier les planches, àpuiser et à distribuer les eaux nécessaires sont installées dans l’aile sud de la grande verrerie. Les années suivantes, l'établissement va être confronté à une concurrence toujours plus dure. La crise économique, qui s'amorce en 1830,va confirmer le déclin de l'entreprise lié aussi à sa situation géographique qui devient un réel handicap. L'utilisation du bois comme combustible pour les fours, au lieu du charbon de terre, entraîne aussi sa perte. En janvier 1833, la faillite est déclarée. En 1836, la verrerie est cédée aux frères Leclerc, alors directeurs de la verrerie de la Balue à Bazouges-la-Pérouse (35).1835-1860 : une deuxième vie pour la verrerieLes frères Leclerc concentrent leur activité sur la production de gobelets. Ils font vivre l’entreprise jusqu’en 1860, date de fermeture définitive de la Haie d’Iré. En 1806, la verrerie emploie dix-neuf ouvriers, une trentaine en 1812 et soixante-quinze en 1860.Les bâtiments sont par la suite déclassés en ferme avant leur rénovation au début du 21e siècle.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Schiste ; moellon

Matériaux de la couverture

Ardoise

Description de l'élévation intérieure

1 étage carré ; étage de comble

Typologie de couverture

Toit à longs pans ; croupe

Source de l'énergie utilisée par l'édifice

Énergie thermique ; produite sur place

Commentaire descriptif de l'édifice

Le manoir en schiste, devenu logis patronal, reconstruit au 18e siècle, présente un plan en L et compte un étage carré et un étage de comble. Sa façade antérieure est rythmée par cinq travées de baies sur le corps principal et deux travées sur l'aile en retour d'équerre. Il est couvert d'un toit à croupes en ardoises. Les encadrements des baies sont en granite. Deux travées est de l'aile en retour d'équerre présentent des fenêtres surmontées alternativement d'un fronton triangulaire puis circulaire. A l'est du manoir, il ne subsiste qu'une faible partie des bâtiments de production du verre à vitre, dont l'atelier de fabrication destiné au broyage des matières premières. Construit en schiste, il est à un étage carré couvert d'un toit à longs pans. De l'autre côté de la chaussée : la tuilerie, exploitée pour la fabrication des pots et des fours, est construite en schiste en rez-de-chaussée couvert d'un toit à longs pans en ardoises ; la métairie est couverte d'un toit à croupes ; la halle de la gobeleterie, bâtiment complexe, porte la date de 1819 sur l'une des girouettes située sur le faîte du toit, date de sa première restauration. Bâtiment de plan rectangulaire, la halle présente sur ses façades nord et sud, deux avant-corps en abside correspondant à l'axe du four. La couverture de la gobeleterie, relativement complexe, présente dans sa partie basse un toit à longs pans, à croupes arrondies pour les absides, et couvert dans sa partie haute d'un second toit à croupes. La jonction de ces deux types de couverture en ardoises est volontairement décalée, de façon à assurer une ventilation parfaite.

État de conservation (normalisé)

Établissement industriel désaffecté

Protection et label

Intérêt de l'édifice

À signaler

Eléments remarquables dans l'édifice

Atelier de fabrication

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété privée

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

1998

Date de rédaction de la notice

1998 ; 2012

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Gasnier Marina ; Robillard Camille

Typologie du dossier

Dossier individuel

Adresse du dossier Inventaire

Région Bretagne - Service de l'Inventaire du Patrimoine Culturel - 283 avenue du général Patton - CS 21101 - 35711 Rennes Cedex 7 - 02.22.93.98.35

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Gobeleterie : vue générale prise du sud-ouest ; Vue générale de la gobeleterie.
Gobeleterie : vue générale prise du sud-ouest ; Vue générale de la gobeleterie.
(c) Inventaire général, ADAGP
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Vue générale de la gobeleterie.
Vue générale de la gobeleterie.
(c) Inventaire général, ADAGP
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