Château
Château de la Croix Chemin (Saint-Léger-des-Prés)
Bretagne ; Ille-et-Vilaine (35) ; Saint-Léger-des-Prés
Ille-et-Vilaine
Combourg
Croix Chemin (la)
1826B1 108-117 1982 B1 59, 61-63, 638, 725
En écart
Communs ; puits ; croix de chemin
16e siècle ; 17e siècle ; 2e moitié 19e siècle
En 1664, Pierre Guéheneuc, sieur de la Fontaine, et son épouse Jeanne Aoustin acquièrent le logis noble de la Croix-Chemin, délaissant leur ancien manoir de la Rivière-Chantegrue, situé à environ un kilomètre à l’ouest du bourg. Le domaine, mentionné sur le cadastre de 1826, se trouvait à un carrefour marqué par une croix de chemin, encore visible aujourd’hui, qui a donné son nom à la propriété.Le logis primitif, probablement construit au 16e siècle, présente encore quelques éléments d’origine : porte avec linteau en anse de panier, baies avec chanfrein dotées de linteau en accolade, lucarne à galbe. L'appareil en pierre de taille se distingue encore clairement sur la partie centrale de la façade antérieure. En 1690, René Guéheneuc, fils des précédents, entreprend une importante transformation du manoir afin d'en faire une demeure conforme au goût de l’époque. Le corps central est alors flanqué de deux pavillons aux proportions différentes, coiffés de toits à forte pente. Ces dissemblances, visibles dans l’organisation des faîtages, révèlent un chantier modeste et des contraintes économiques ayant limité l’ampleur des travaux. Une travée supplémentaire est ajoutée au corps central pour relier les deux parties, avec un raccordement bien visible entre l’ancien logis et les nouvelles constructions. Ces extensions sont également coiffées de lucarnes à fronton en arc segmentaire. La porte de l’ancien logis est obstruée à la faveur d’une nouvelle ouverture dans l’axe de l’escalier dans-œuvre rampe sur rampe. Au 18e siècle, les propriétaires successifs embellissent les pièces principales du château avec des boiseries de style Louis XV, encore visibles au rez-de-chaussée, tandis que les chambres du premier étage conservent des éléments de décor datant de la seconde moitié du 18e siècle.Au 19e siècle, Marc de Guéheneuc de Bois Hue hérite de la propriété et, après son mariage avec Marie Lemercier des Alleux en 1872, engage des travaux d'agrandissement du château. Un imposant pavillon est construit à l’est du logis, dans un style inspiré du 17e siècle, ajoutant deux salons au rez-de-chaussée et quatre chambres à l’étage. En plus de l'ajout et du remaniement de plusieurs ouvertures, le sol de l'entrée est couvert d'une mosaïque à décor d'hermines réalisée par Isidore Odorico (père). Parallèlement, plusieurs bâtiments de communs, bordant autrefois la cour, sont détruits, ainsi que l’aile nord du pavillon ouest, figurant encore sur le cadastre de 1826. Les nouvelles dépendances sont reconstruites plus à l’écart, à l’est, tandis que la route qui longeait le château est déviée vers l’ouest, isolant ainsi la demeure au cœur d’un parc paysager.Transmise par héritage sur plusieurs siècles, la propriété, laissée en partie à l’abandon, est finalement acquise en 2013 par de nouveaux propriétaires. Ces derniers entreprennent une restauration complète des bâtiments.[Julien Huon, contribution ponctuelle, 2024]La maison noble du Croix chemin fut acquise en 1664 par Pierre Guéhenneuc et Jeanne Aoustin son épouse, seigneur et dame de la Rivière-Chantegrue, délaissant ainsi l'ancien manoir éponyme de la seigneurie qui s'élevait au lieu-dit la Rivière. Ainsi que le montre le cadastre de 1826, la demeure se trouvait anciennement à un carrefour, face à une croix conservée in situ, qui lui a valu son nom. Quelques éléments du logis originel ont été conservés : la porte à arc surbaissé aujourd'hui murée et la seconde travée à partir de l'ouest avec la fenêtre et lucarne dont la modénature accusent le XVIe siècle. René Guéhenneuc, fils des précédents, fait reconstruire le manoir en 1690. Afin de donner une allure de château à la mode à la demeure, le corps central est cantonné de deux pavillons coiffés de toits à fortes pentes. Le pavillon ouest, aménagé dans le sens de la profondeur semble tributaire de la structure ancienne, tandis que celui de l'est a été construit de toute pièce dans le sens de l'élévation ainsi qu'une travée du corps central qui se raccorde à l'ancien bâtiment par un collage bien visible. Ces irrégularités de structure donnent à penser qu'une évidente économie de moyens a déterminé la nature du chantier, somme toute assez modeste. A la fin du XIXe siècle, un corps saillant en forme de pavillon est construit à l'est, à la manière du XVIIe siècle. C'est à cette époque que sont détruites les anciennes dépendances agricoles qui fermaient la cour au sud tel qu'elles sont figurées sur le cadastre de 1826. On rebâtit alors un bâtiment de communs à l'est du logis principal, où l'on remarque de nombreuses pierres de réemploi, en respectant là aussi l'unité de style. L'ensemble a fait l'objet d'une importante restauration à partir de 2013.[Xavier Gilbert, inventaire préliminaire, 2001]
Granite ; moellon ; pierre de taille
Ardoise
1 étage carré
Élévation à travées
Toit à longs pans
Escalier dans-oeuvre
Remanié ; restauré
Propriété privée
2001
(c) Inventaire général ; (c) Région Bretagne
2001 ; 2024
Gilbert Xavier ; Huon Julien
Dossier individuel
Région Bretagne - Service de l'Inventaire du Patrimoine Culturel - 283 avenue du général Patton - CS 21101 - 35711 Rennes Cedex 7 - 02.22.93.98.35