Manoir
Manoir, le Grand Corcé (Nouvoitou)
Bretagne ; Ille-et-Vilaine (35) ; Nouvoitou
Ille-et-Vilaine
Châteaugiron
Grand Corcé (le)
1979 A3
En écart
Milieu 17e siècle
18e siècle
Extrait d'un article de l'Association historique du pays de Châteaugiron, 1993 : Les terres et fiefs de la seigneurie de Corcé s´étendaient en plusieurs paroisses : Nouvoitou, Vern-sur-Seiche, Chantepie, Saint-Armel... Le premier seigneur attesté fut en 1381 Jamet de Corcé. La seigneurie passa par alliance au 16e siècle à la puissante famille de La Magnane, bientôt convertie au protestantisme. En 1629, elle était à Pierre Mellet, seigneur du Verger, en 1655 à Jean Pellicot, seigneur du Chesne, avocat au parlement de Bretagne et par le jeu des successions appartint en 1691 à Julien Guyet, sieur du Teil et en 1781 à Jean Primaignier. Le dernier seigneur de Corcé avant la Révolution de 1789 fut Germain Touzé de La Sentiène. En 1808, le manoir appartenait à Jean Marie Claude Borieu, rentier à Rennes. Il passa ensuite à la famille Ramé qui l´a conservé jusqu´à aujourd´hui. L´édifice, situé à la limite de Nouvoitou et de Vern, tel qu´il se présente aujourd´hui, remonte pour l´essentiel au milieu du 17e siècle, période à laquelle Jean Pellicot et sa femme Perrine Bréal décidèrent de reconstruire le manoir primitif. On sait notamment que les seigneurs de Corcé dotèrent la nouvelle chapelle construite vers 1654 et consacrée à la Vierge, de 75 livres de rente, y fondant une messe pour tous les dimanches et fêtes chômées. Typique de l´architecture du milieu du 17e siècle, le manoir de Corcé appartient à un ensemble de demeures nobles (manoirs et hôtels urbains) homogène qui a fleuri à Rennes et tout autour de la capitale bretonne entre 1640 et 1670, dans la mouvance du plus grand chantier architectural breton du 17e siècle : le parlement de Bretagne. Tous les éléments développés à Corcé renvoient en effet à cette vague de chantier : présence d´un grand escalier en bois central dans le logis, parfaite harmonie de la façade où l´emploi d´un calcaire pour l´entourage des portes, fenêtres, oeils-de-boeuf et lucarnes tranche sur le schiste local du gros-oeuvre et met en valeur l´extrême symétrie de la composition (il est toutefois certain que les ouvertures, comme l´intérieur du château ont été en grandes partie remaniées par la suite, probablement au 18e siècle : les lucarnes à frontons triangulaires et plein cintre sont en tout cas postérieures). Le parti classique du logis flanqué de deux pavillons d´angle est toutefois traité ici d´une manière particulière. Seul le jeu des toitures, au-dessus d´une façade complètement uniformisée, permet de rappeler l´existence des pavillons. Il s´agit d´une étape importante dans l´évolution du château qui mènera aux principes de l´uniformité et de la simplification des volumes caractéristiques du 18e siècle. Le manoir possédait aussi un colombier, disparu sans doute à la Révolution. Au début du 19e siècle, il avait encore sa grande avenue, ses jardins entourés de douves, son vivier et sa châtaigneraie.
Schiste ; calcaire
Ardoise
Restauré
Propriété privée
2004
(c) Inventaire général
2004
Lécuillier Guillaume
Dossier individuel
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