Manoir
Manoir, la Grande Boutriais (Poilley)
Bretagne ; Ille-et-Vilaine (35) ; Poilley
Pays de Fougères
Louvigné-du-Désert
Grande Boutriais (la)
Isolé
Écurie ; étable ; cellier
15e siècle ; 16e siècle
Les terres de la Boutriais relevaient de la seigneurie de Poilley. La Boutriais est passée entre les mains de plusieurs familles : les La Fontaine en 1399, Jeanne Labbé dame du Haut-Châtellier veuve de Colin le Bateur en 1430, le Bateur en 1445, Léziard en 1513, Servaude seigneurs du Plessis vers 1539, La Vallette vers 1602, Hardy en 1620, Benoît en 1680, Françoise Lesné dame de Torchamps douairière de Poilley au début du 18e siècle, au comte de Poilley son fils, et en 1739 aux Lesné seigneurs de Torchamps.La lecture du cadastre de 1833 ne laisse pas apparaître de fossés, l´aspect fermé de la cour palliait donc à ce manque. L´ensemble des bâtiments s´articule autour d´une cour autrefois close. Seule une petite construction assimilable à un four se remarque à l´extérieur vers le nord.La partie la plus ancienne correspond à la partie centrale de l´aile est puisqu´elle date probablement de la fin du 15e siècle. La pièce du rez-de-chaussée de ce logis devait être l´ancienne salle du manoir. Il est possible qu´elle ait été transformée en cuisine lors de la construction de la partie sud, à moins qu´elle n´ait servi de logement au métayer.La pièce au sud de cet aile, basse de plafond et sans cheminée, était un cellier. Une seconde campagne de travaux va consister à reprendre le cellier et créer une chambre au-dessus avec une belle cheminée à colonnes. Sur le pignon sud, à gauche de la cheminée subsiste les vestiges de latrines reposant en encorbellement sur deux consoles. Parallèlement, un grand logis est construit, il s´articule autour d´une tour d´escalier qui permet une circulation verticale et horizontale entre les deux corps de bâtiments. La volumétrie du bâtiment sud est caractéristique de la 2e moitié du 16e siècle. La datation du logis sud est confirmée par l'aveu de 1560 qui mentionne une salle et maison neuve au bout vers midi. Il fut sans doute construit par Jean de Sevaude, les armes des Servaude, quatre fusées accolées, se lisent encore sur l'écu placé au-dessus de la portre d'entrée. Le bâtiment était couvert dès l´origine en tuile comme le mentionne un aveu de 1736, l'aile est était alors couverte d'essente. Le logis est accosté d´un petit édicule sans doute une colonne de latrines. Le bâtiment sud était occupé par deux pièces superposées : la salle et la chambre à l'étage avec ses latrines. Ces pièces ont perdu leur cheminée d'origine.
Granite ; moellon ; pierre de taille
Ardoise ; tuile
Ce manoir se compose de deux corps de bâtiments en équerre à l´est et au sud reliés dans l'angle rentrant par une tour d'escalier circulaire. Celui de l´est est prolongé vers le nord par une étable, dont il est difficile de dire si c´est là son usage d´origine et s'il ne s'agit pas de l'emplacement du manoir primitif remontant au 14e siècle. Elle semble avoir subi plusieurs remaniements comme l'attestent les reprises de maçonnerie. En face, à l'ouest, se trouvent deux remises, celle en bel appareil de pierre semble dater du 18e siècle, tandis que l'autre avec ses ouvertures chanfreinées peut dater du 17e siècle.Les bâtiments qui composent le manoir sont en grande partie aveugles vers l'extérieur. Hormis l'aile sud, aucune fenêtre de taille importante n'est ouverte au rez-de-chaussée, on note également la présence de meurtrières. Des grilles protégeaient les baies.Dans la partie centrale de l'aile est, les baies de taille réduite sont délardées en cavet et leur base est traitée avec un petit ornement triangulaire datant de la fin du 15e siècle.La mise en œuvre de l'appareillage est très soignée. Le site a fourni des pierres d'une dimension remarquable, les plus importantes étant utilsées pour former les doubles harpages d'angles et le double rouleau de la porte d'entrée. Le bâtiment est couvert en partie en tuile dès l'origine.Pour le logis sud on note la simplicité des baies traitées avec un simple chanfrein, les pignons saillants, les couronnements de cheminées modillonées et le nombre important de meurtrières, typiques du 16e siècle. Le logis est accosté sur son pignon ouest d'un petit édicule, des latrines, couvert d'un toit en bâtière indépendant.
Propriété privée
2009
(c) Région Bretagne
2010
Bardel Stéphanie
Dossier individuel
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