Description historique
L´ancien manoir ainsi que ses dépendances : métairie, chapelle, fournil... sont figurés sur le premier cadastre communal réalisé en 1832. Le manoir de la Bretonnière avait un droit de haute justice. Il appartenait aux de Coglès en 1430, puis aux du Châtellier en 1470. C´est vraisemblablement l´une de ces deux familles qui a été commanditaire de la construction de la partie Est du logis. Par la suite, il passe par alliance à de nombreuses familles dont celle de Pinczon, seigneurs de la Pinczonnière à la fin du 16e siècle puis, il passe aux Hay des Nétumières au 17e siècle. En 1789, la Bretonnière appartenait aux des Euzenou, seigneurs de Kersalaun.Le corps de logis se trouve au nord-est de l´ancien ensemble manorial, alors que les dépendances se trouvent plutôt au sud et que les bâtiments situés à l´ouest semblent correspondre à l´ancienne métairie. Le manoir possédait également une chapelle qui a été détruite en 1841, il est fort possible qu´il s´agisse du bâtiment figuré au sud-ouest du logis sur le cadastre de 1832. En effet, ce bâtiment n´existe plus actuellement et la partie Est de ce dernier était composée de trois pans rappelant l´orientation et la forme du chevet d´une chapelle. Cette chapelle existait déjà au milieu du 17e siècle, date à laquelle elle est mentionnée au moment de la présentation par Françoise Pinzcon, dame de la Bretonnière, de François Macé pour desservir la chapelle. Cette chapelle était déjà ancienne à l´époque car, Madame de Marboeuf dut la faire réparer en 1684. La fondation de la chapelle remontait peut-être à la date de construction du logis, c´est-à-dire le milieu ou la seconde moitié du 15e siècle.La salle du rez-de-chaussée est équipée d´une cheminée dont le décor est propre à l´architecture de la seconde moitié du 15e siècle (corniche entre le linteau et la hotte, décor des corbeaux...). La fenêtre de la salle située en façade sud possède une grille en fer forgé dont le centre est orné d´un losange. Cette fenêtre est équipée, à l´intérieur, de coussièges (bancs ménagés dans l'ébrasement d´une fenêtre afin de profiter de la lumière du jour, de lire ou de pouvoir observer ce qui se passe à l´extérieur). A gauche de la cheminée située sur le mur de refend Est, se trouve une porte de communication avec la pièce à feu située à l´Est. Cette pièce possède une cheminée sur le mur pignon Est ; cette dernière est de taille beaucoup plus réduite que celle de la salle. Dans l´angle sud-ouest de cette pièce, sont visibles les vestiges d´un escalier en vis en bois qui desservait les deux pièces de l´étage. Ces deux pièces étaient situées au-dessus de celles du rez-de-chaussée ; il s´agissait de deux chambres. Celle qui se trouve au-dessus de la salle du rez-de-chaussée possède une porte en façade sud qui donnait accès au cabinet situé au-dessus du porche de l´entrée. Cette pièce était-elle une pièce destinée à l´observation des environs ou bien plus vraisemblablement un cabinet de retrait (pièce de travail conçue pour que l´on puisse s´y isoler) ? La chambre de l´étage située à l´Est possède, comme la salle, une cheminée datable des environs du milieu du 15e siècle ; le réglet soulignant la face antérieure de l´unique colonne formant piédroit est en effet tout à fait caractéristique de cette époque en architecture. Alors que la partie Est du logis est relativement uniforme en termes d´architecture et de datation (milieu, voire seconde moitié du 15e siècle), la partie ouest de l´édifice, beaucoup plus remaniée et par conséquent beaucoup plus difficile à interpréter, semble avoir été ajoutée par la suite. Toutefois, grâce à des photographies prises dans les années 1970 lors d'une précédente enquête d'inventaire du patrimoine, nous connaissons l'aspect originel de cette partie qui a été quelque peu transformée depuis cette époque. Il semble que l'étage de cette partie a été occupé par une pièce à feu car la façade sud est percée d'une fenêtre de dimensions importantes. Dans les années 1970, il existait encore à la Bretonnière, au dessus du pilier Est du porche, un exceptionnel cadran solaire portant le monogramme du Christ IHS. Ce cadran solaire a aujourd'hui malheureusement disparu. Les bâtiments de dépendances qui se trouvent au sud du logis abritait, d'ouest en est, un fournil, un cellier/étable ainsi qu'une grange.