Description historique
"Le domaine est acheté en 1826 par les Buffards qui y construisent le château actuel, entouré d'un parc à l'anglaise. L'édifice a été construit entre 1826 et 1850, après la destruction d'un ancien manoir. L'existence de l'ancien manoir est attestée dès le début du 16e siècle, époque durant laquelle il appartenait à la famille du Châtellier. En 1575, la Folletière passe par alliance aux Becdelièvre, seigneurs du Bouëxic puis, elle est unie au Bas-Châtellier en Saint-Germain-en-Coglès de 1618 à 1789. L'ancien manoir fut, en 1796, le quartier général de Joseph de Puisaye qui tenta d'organiser un soulèvement des départements de l'Ouest.Des plans, conservés par le propriétaire actuel, témoignent de la construction de cet édifice lors du second quart du 19e siècle. Ces plans sont signés de l´architecte Jourdin, architecte fougerais qui a notamment travaillé au milieu du 19e siècle sur des églises telles que celles de Saint-Jean-sur-Couesnon, de Vendel, de Châtillon-en-Vendelais, Montauban-de-Bretagne...Ces plans datent de 1847, ce qui laisse supposer que la construction du château remonte à la fin des années 1840. A cette époque, le jardin était déjà dessiné et l´ancien manoir était détruit. Il existe en effet également plusieurs plans de projets pour les jardins, qui datent, selon toute vraisemblance du second quart du 19e siècle car le château y figure ainsi que l'emprise au sol des anciens bâtiments, visibles sur le cadastre de 1833. Il existe deux projets différents ; le second projet est le plus proche du plan actuel des jardins de la Folletière (emplacement de la ferme au nord-ouest du château notamment). Sur un de ces deux projets, figure une chapelle au sud-ouest du château, au bord de la pièce d'eau.A la fin du 19e siècle, le bâtiment a subi des aménagements intérieurs : création d'un hall et suppression du "couloir" central. Des plans attestent en effet de ces aménagements ; ils datent de février 1895 et sont signés de Jean-Baptiste Martenot, architecte de la ville de Rennes de 1858 à 1895 (Halles de la Place des Lices, Palais du Commerce...). Les communs datent de 1867 ainsi qu´en témoigne une date portée sur une horloge.Des remises à voitures ont été construites au début du 20e siècle. Abandonné et vidé de ses décors au cours du 20e siècle, l'édifice a été racheté en 1994 par M. Jouno qui l'a réaménagé (transformation en appartement et chambres d'hôtes). Le parc paysager, également longtemps abandonné, a été transformé en plusieurs jardins thématiques pour devenir aujourd'hui le Parc floral de Haute-Bretagne. L'architecture de ce bâtiment n'est pas sans évoquer celle des demeures construites par les armateurs malouins au cours de la première moitié du 18e siècle appelées "malouinières". A l'instar de ce château, de nombreuses malouinières sont en effet couvertes d'une toiture à croupes ; les façades rythmées par un nombre impair de travées ainsi que l'existence d'avant-corps sur ce château sont également des éléments très fréquents dans l'architecture des malouinières. L'existence d'épis de faîtage sur le toit à croupes et la présence de frontons triangulaires sont également des éléments caractéristiques de l'architecture des malouinières. L'avant corps central surmonté d'un fronton triangulaire de la façade sud de ce château n'est pas sans rappeler celui de la malouinière du Vaulerault construite vers 1725 à Saint-Méloir-des-Ondes, même chose pour les sept travées qui rythment la façade de ce château ainsi que celle de la malouinière de la Chipaudière à Saint-Malo, élevée vers 1715. Ainsi, un siècle après la construction de ces malouinières, l'architecte Jourdin s'est très probablement inspiré de ces modèles pour la construction du château de la Folletière. Cet architecte a d'ailleurs apparemment assez peu travaillé sur l'architecture civile ; au contraire, nombreuses sont ses interventions sur les églises du département d'Ille-et-Vilaine. Plusieurs châteaux furent construits sur des sites d'anciens manoirs autour du milieu du 19e siècle dans la commune : la Vieuville, la Folletière et Fretay. L'architecture de ces trois bâtiments atteste de l'extraordinaire richesse et de l'éclectisme de l'architecture de cette époque car ils témoignent tous d'un style très différent : le style néo-classique pour la Folletière, le style néo-gothique pour la Vieuville et le style "Troubadour" pour Fretay."