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Plateforme ouverte du patrimoine

Lycée Jacques Cartier, 31 rue de la Balue (Saint-Malo)

Désignation

Dénomination de l'édifice

Lycée

Titre courant

Lycée Jacques Cartier, 31 rue de la Balue (Saint-Malo)

Localisation

Localisation

Bretagne ; Ille-et-Vilaine (35) ; Saint-Malo ; de la Balue (rue) 31

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Bretagne

Adresse de l'édifice

De la Balue (rue) 31

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

En ville

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

3e quart 20e siècle ; 4e quart 20e siècle ; 1er quart 21e siècle

Année(s) de(s) campagne(s) de construction

1954 ; 1958 ; 1962 ; 1964 ; 1989 ; 2005 ; 2010

Commentaires concernant la datation

Daté par source ; daté par source ; daté par source ; daté par source ; daté par source ; daté par source ; daté par source ; daté par source ; daté par source ; daté par source

Commentaires concernant l'attribution de l'édifice

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Description historique

D'abord une annexe du lycée Charcot et un lycée climatiqueLe Lycée Jacques Cartier a ouvert ses portes en 1958. C'est dans un premier temps une annexe du lycée Charcot de Saint-Servan (les communes de Saint-Malo, Saint-Servan et Paramé fusionnent en 1967) destinée à l'enseignement des jeunes filles. Il devient ""lycée d’État"" en 1962, et accueille pendant quelques années des élèves à la santé fragile, venues d'autres régions, en tant que ""lycée climatique"" (on peut parfois lire ""lycée de grand air"").La commune de Saint-Servan, avait construit, sous la direction de l'architecte Jules Morvan, entre 1883 et 1885, les bâtiments du lycée Charcot, devenu ""simple"" collège, en 1968, une fois que les élèves de second cycle l'ont quitté pour le lycée Jacques Cartier, devenu mixte.Cette même commune avait acquis, dès 1947, pour 12 millions de francs, les sept hectares de terrain du parc de la malouinière de la Balue, dans lequel est implanté le lycée.Louis Arretche, architecteL'architecte en chef des Bâtiments civils et Palais nationaux, Louis Arretche, par ailleurs architecte en chef de la reconstruction de Saint-Malo en cours d'achèvement, est choisi pour dresser les plans. De l'ancien domaine, il ne conserve que la malouinière proprement dite mais s'efforce de sauvegarder, autant que possible, les arbres et les cheminements existants.Un compte-rendu de la section spéciale des bâtiments d'enseignement du conseil général des Bâtiments de France, réunie le 16 octobre 1951, nous apprend que l'architecte a remis quatre esquisses pour le lycée climatique de Saint-Servan, et que le conseil donne un avis favorable à la 4e de celles-ci. Ses membres estiment que le plan ""dispersé"" qu'elle propose est acceptable, bien que l'internat soit nettement séparé des externats, dans la mesure où l'architecte s'est efforcé ""d'implanter les bâtiments dans les parties les moins boisées du parc"". La même section approuve le projet d'ensemble le 20 mars 1952, ainsi que l'acquisition, par voie d'expropriation, pour une somme de 676 000 francs (indemnité de réemploi comprise), de 65 ares supplémentaires, le 19 janvier 1953.Le compte-rendu d'une nouvelle réunion de ladite section, le 27 septembre 1954, nous indique que le coût total de l'opération est estimé à 600 millions de francs. La première tranche, en cours de réalisation, atteignant les 100 millions. Lors de cette réunion, les membres discutent quelque peu, mais acceptent in fine à l'unanimité, le choix de l'architecte de casser la monotonie des façades en différenciant les hauteurs d'allèges des fenêtres.La construction de l'ensemble des bâtiments s'étale sur dix ans et s'achève par la livraison du gymnase, en 1964.Lycée ""Jacques Cartier""Le lycée prend le nom de Jacques Cartier, le célèbre navigateur malouin, qui a entre autres exploré le premier, en 1534, le golfe du Saint-Laurent (arrêté ministériel du 12 janvier). Les villes de de Saint-Malo et de Saint-Servan avaient toutes deux émis un vœux en ce sens. Quelques années auparavant (délibération du conseil municipal du 24 avril 1960), Saint-Servan avait pourtant souhaité que le lycée se nomme Chateaubriand, dont la mère est décédée dans la malouinère de la Balue, en 1798. Elle espérait profiter ainsi ""d'une part de sa gloire littéraire"".Le lycée aujourd'huiAu bâti d'origine ont été ajoutés deux édifices nouveaux : l'un pour héberger le CDI, en 1989, l'autre les classes et laboratoires de sciences (Michel Grignou architecte, 2010). Le service de restauration a par ailleurs été profondément restructuré, en 2004-2005, par une équipe d'architectes composée de J.-M. Van Haecke et de l'atelier Perrin - Martin architectes, pour un montant de 2,7 millions d'euros.Le lycée accueille en 2018-2019, 1209 élèves, dont 60 internes. Il reste marqué par son histoire de lycée de filles. Elles représentent en effet encore les deux tiers de l'effectif. Il prépare aux bacs généraux, à des bacs professionnels (accueil relation clients-usagers, prospection négociation suivi clients), technologiques (STMG, management gestion, gestion et finance, mercatique, ressources humaines et communication) ainsi qu'au BTS management des unités commerciales.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Béton ; béton ; béton armé

Matériaux de la couverture

Béton en couverture ; zinc en couverture

Commentaire descriptif de l'édifice

Contexte urbain et paysagerLe lycée Jacques Cartier est implanté dans le parc de près de 8 hectares, richement boisé, de la malouinière de la Balue, sur le territoire de l'ancienne commune littorale de Saint-Servan. Lors de sa construction, le parc situé le long de la route de Rennes est encore largement entouré de terres agricoles. Aujourd'hui, il est intégré dans un tissu urbain à dominante de maisons individuelles et d'immeubles d'habitation de quatre et cinq niveaux. Le bâti est dispersé à travers le parc. L'architecte l'a en effet implanté dans les parties les moins boisées, en périphérie de parcelle. Au nord sont situés les externats, à l'est les internats, au sud les logements, la restauration et l'ancienne infirmerie, aujourd'hui occupée par des services administratifs. Au centre demeure la malouinière.Description et évolution du bâti.La malouinière de la Balue, construite à partir de 1715 par Luc Magon, un négociant malouin, accueille le logement de fonction du chef d'établissement, son bureau et une partie de l'administration. En mai 1940, le Génie avait prévu d'y installer une école de mécaniciens télégraphistes. Le chef de bataillon Guével, chef du Génie, en avait dressé les plans. Mais la débâcle en décida autrement et la Balue fut occupée par l'armée allemande. Incendiée en 1943, elle a été reconstruite après guerre, avec de fortes modifications de la toiture. Les autres bâtiments de l'exploitation agricole, établis à travers le parc, affectés également par la guerre, n'ont pas été conservés, à l'inverse des chemins que l'architecte du lycée a essayé de maintenir. La malouinière fait l'objet d'un autre dossier d'étude.Les bâtiments de Louis ArretcheL'architecte en chef des Bâtiments civils et Palais nationaux, Louis Arretche, est chargé d'établir les plans du lycée. La revue L'Architecture française, dans son n° 203-204 d'août 1959, décrit ainsi le projet (sous la plume de Louis Arretche lui-même, membre du comité de rédaction ?), sous le titre ""Lycée de grand-air de Saint-Servan"" :""Les constructions neuves concernent l'externat et l'internat.L'externat comporte trois bâtiments (classes du premier cycle - classes spécialisées - classes du second cycle) et un gymnase.L'internat comporte deux bâtiments de dortoirs avec salles d'études et foyers, une infirmerie avec centre médico-social, les réfectoires avec cuisines et annexes, les logement du personnel, le logement du gardien.Dans la disposition des bâtiments comme dans les aménagements extérieurs, on a tenu compte de la configuration du terrain et des chemins existants dont la plupart ont été conservés.Construction.Murs composites à parement de moellon de béton de granit et contre-parement en béton de gravillon banché. Planchers en béton armé avec hourdis en terre cuite. Ossature, poutres, chaînages, escaliers en béton armé. Appuis de baies, consoles et bandeaux en béton moulé brut de décoffrage. Cloisons en parpaings de ciment ou briques creuses. Enduits extérieurs en mortier bâtard.Couverture en zinc sur voligeage jointif et feutre bitumineux, portée par une charpente en sapin.Menuiseries extérieures en niangon. Revêtement de sol en grès cérame.Chauffage à eau chaude pulsée et convecteurs. Régulation automatique par pendules.""Il convient d'ajouter à cette description précise, que les trois bâtiments de l'externat, reliés entre eux, ont un plan en double équerre et qu'une haute cheminée, implantée dans l'un des angles, domine cet ensemble. L'architecte a par ailleurs pris le parti d'élévation r+1 - à l'exception d'un internat r+2, et des logements. Les barres sont donc de faible hauteur, alors que la production standardisée conduit généralement à généraliser les élévations r+2 et r+3. Autre choix fort de l'architecte, que ne souligne pas la revue : les bâtiments sont reliés par de longues galeries de circulation en béton, portées par de fines colonnes en béton moulé dont les marques de coffrage ne sont pas sans évoquer les rainures des colonnes grecques.Le service de restauration a été restructuré par Jean-Marie Van Haecke et l'atelier Perrin-Martin architectes en 2005 : création d'un hall d'accueil, d'une cafétéria, de quatre salles de restaurant et aménagement d'un self pour 1200 couverts.Les constructions contemporainesUn CDI (bâtiment B4) prend place, en 1989, entre les externats et l'internat, en avant du bâtiment central des premiers, dont cache assez largement la façade est. Ce bâtiment est en rupture avec l'ensemble : formes courbes, matériaux de revêtement blancs.A l'inverse, en 2010, pour le nouveau bâtiment scientifique (bâtiment B6), l'architecte Michel Grignou renoue avec le plan rectangulaire et les tons marrons des façades - certes bardées de métal et de panneaux solaire utilisés comme brise-soleil. Il manifeste ainsi un souci d'intégration au bâti existant que conforte le choix d'une élévation r+2 et de pilotis en rez-de-chaussée. Ces derniers permettent en outre d'articuler harmonieusement le préau aux galeries de circulation.Décoration au titre du 1% artistiqueLa décoration du lycée au titre du 1% est très riche. Elle a été confié à Antoniucci Volti qui a créé une statue, plusieurs bas-relief en céramique et une longue frise dans le réfectoire. Elle est présentée dans un autre dossier.Collections pédagogiquesLe lycée possède quelques objets d'enseignement des sciences. La collection de papillons mérite d'être signalée.

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété de la région

Précisions sur le statut juridique du propriétaire

Code : 0350048M

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2019

Date de rédaction de la notice

2019

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Goyet Thierry

Typologie du dossier

Dossier individuel

Adresse du dossier Inventaire

Région Bretagne - Service de l'Inventaire du Patrimoine Culturel - 283 avenue du général Patton - CS 21101 - 35711 Rennes Cedex 7 - 02.22.93.98.35

Vue aérienne prise du sud-est, au cours de la construction du bâtiment scientifique (2010). A l'arrière plan, la baie de Saint-Malo.
Vue aérienne prise du sud-est, au cours de la construction du bâtiment scientifique (2010). A l'arrière plan, la baie de Saint-Malo.
(c) Région Bretagne
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