Siècle de campagne secondaire de construction
2e quart 19e siècle ; 2e quart 20e siècle ; 1er quart 21e siècle
Commentaire concernant la datation
daté par source ; daté par travaux historiques ; daté par source ; daté par travaux historiques ; daté par source ; daté par travaux historiques ; daté par source ; daté par travaux historiques ; daté par source ; porte la date
Description historique
L'activité de la grande saunerie (ou grande saline) est attestée dès le haut Moyen-Âge. Entre le milieu du 10e siècle et 1497, elle est rattachée au Bourg-Dessus (dit le Sire) alors que la petite saline, dite aussi puits à Muire, dépend du Bourg-Dessous (dit le Comte). A la fin du 15e siècle, ces deux établissement seront reliés par une galerie souterraine passant sous l'entre-deux-bourgs, ou surin. Deux grandes excavations maçonnées, appelées puits et où sont collectées et séparées les eaux douces et salées, ont été foncées, vraisemblablement au 13e siècle : le puits d'Amont, au sud, relié par un passage voûté de 150 mètres au puits à Grès (ou Grey), au nord. Après divers incendies (1352, 1409), les bâtiments de la surface (ateliers d'évaporation ou bernes, magasins à sel, entrepôts de stockage du bois de chauffe et ateliers divers) sont reconstruits en pierre au début du 15e siècle, incluant des éléments fortifiés bordant la Furieuse : tours de Flore, de Reculot et du Perroquet. Au milieu du 18e siècle est mis en place dans le puits d'Amont un système de pompage des eaux mu par une roue hydraulique actionnée par les eaux de la Furieuse (un tel système sera implanté plus tard dans le puits à Grès). L'incendie qui détruit une grande partie de la ville en juillet 1825 touche les bâtiments bordant l'entrée de la saline à l'est. Seule sera reconstruite vers 1830 une porte monumentale, portant aujourd'hui l'inscription ANCIENNE SALINE NATIONALE. Dans les années 1820, l'utilisation du charbon de terre s'accompagne de l'augmentation de la taille des poêles d'évaporation, désormais rectangulaires. Vers 1845, la technique du sondage (ou forage) permet d'atteindre le banc de sel et d'obtenir des eaux jusqu'à dix fois plus concentrées, autorisant des rendements très supérieurs. La production passe de 36 000 quintaux de sel en 1804 à 60 000 en 1864. Du fait de la concurrence du sel marin diffusé par voie ferroviaire à partir de la seconde moitié du 19e siècle, la saline n'est plus suffisamment rentable au 20e siècle mais continue de fonctionner pour fournir des eaux-mères (eaux résiduelles de cuite chargées en sulfates et chlorures divers) à l'établissement thermal. Les bâtiments de surface situés dans la partie nord sont rasés pendant la Seconde Guerre mondiale, une partie des matériaux étant déversée dans le puits à Grès. La saline cesse définitivement son activité en 1962. La ville achète les terrains en 1966, la salle des poêles et la galerie sont ouvertes à la visite en 1968. Couvrant le puits d'Amont, la maison dite du Pardessus, à fonction administrative, a été occupée par un casino entre les années 1970 et 2007, date à laquelle le bâtiment est ravagé par un incendie. L'édifice servant originellement d'écurie est aujourd'hui occupé par l'office de tourisme et la conservation du musée de la Grande saline. Des tennis et un jardin public ont été aménagés sur l'esplanade libérée pendant la Seconde Guerre entre les années 1970 et 2010. Les bâtiments de surface ont été protégés au titre des Monuments historiques, tandis que la galerie souterraine et ses installations ont été classées en 1971. La grande saline a été inscrite en 2009 sur la liste du Patrimoine mondiale de l'Unesco (extension de l'inscription de la saline d'Arc-et-Senans). A la fin de la décennie 2000, le musée de la Grande saline est redéployé dans l'ancien grenier à sel, jouxtant la salle des poêles au nord. Une extension, réalisée par l'agence d'architecte Michel Malcotti et Catherine Roussey (également auteur du nouveau casino bâti à côté en 2009) a été construite sur le pignon nord du grenier à sel.