Description historique
L'"ecclesia de Ferrerias" existait dès le 12e siècle, époque à laquelle remontent peut-être les parties les plus anciennes de l'édifice, le chevet et une partie du mur nord de la nef. La construction dut connaître des hésitations ou des reprises, comme semble l'indiquer le plan inhabituel de l'abside, dont le cintre n'affecte pas un demi-cercle parfait, mais présente au contraire un angle à la jonction avec les murs droits, au lieu de s'inscrire dans leur continuité. Le puissant clocher-tour adossé au flanc sud du chevet fut bâti après lui, comme le montrent les différences d'assises, mais les similitudes d'appareillage laissent supposer que sa construction n'est que de peu postérieure. Au 14e ou, plus probablement, au 15e siècle, un collatéral de largeur presque égale à celle de la nef est ajouté au sud de celle-ci. Les restes d'un portail de style gothique flamboyant, dégagés en 2009 avec la démolition du presbytère qui masquait partiellement le flanc sud du vaisseau, semblent corroborer cette datation tardive, de préférence à la datation haute (13e-14e siècle) proposée en 1984 par J. Cabanot et B. Suau. Parallèlement, les deux vaisseaux sont couverts de voûtes d'ogives et l'ensemble de l'édifice est étayé d'épais contreforts afin d'assurer sa stabilité. Le système défensif est renforcé dans le même temps, comme en témoignent les meurtrières et les deux bouches à feu percées dans le mur occidental. En 1546, le procès-verbal d'une enquête menée auprès des fabriques décrit l'église en bon état, le décor peint des deux vaisseaux achevé et celui du choeur en cours d'exécution (ces peintures ont totalement disparu) ; il signale en outre "tout joignant icelle [l'église], une maison pour le recteur (...) et ses vicaires, bien bastie avec deux cheminées". Ce presbytère, qui empattait l'angle sud-ouest de l'édifice et fut rebâti à plusieurs reprises, a été démoli en 2009 ; seul subsiste le seuil de pierre, gravé au nom d'un desservant du 19e siècle. L'église elle-même subit encore quelques modifications à l'époque moderne : les voûtes décrites en 1546, peut-être mises à mal lors des guerres de Religion, sont remplacées au 17e siècle (?) par un lambris de bois, puis en 1868 par des fausses voûtes d'ogives de briques, partiellement refaites en 2009 ; seuls les culots sculptés du premier voûtement ont été conservés.