Description historique
Jusqu'au milieu du XIXe siècle, le port de la Creusille semble n'avoir été constitué que d'un vaste espace de travail, non construit et dépourvu de cale d'abordage. L'accès au port s'effectuait au moyen de rampes descendant de la levée. Le tableau réalisé par Gauché d'après Mandar en 1784 représente diverses activités fluviales sur le port, notamment le déchirage ou la réparation de bateaux. En 1841, les commerçants de la rive gauche souhaitent que le port soit aménagé mais rien ne se fait. L'année suivante, Alexandre Parfut, cordier au 8 rue de la Chaîne à Blois, demande l'autorisation d'établir un atelier de corderie sur le port mais la Préfecture refuse de la lui accorder car "l'endroit sert de lieu de dépôt pour les bois qu'on y embarque ou qu'on y débarque journellement". Le règlement du port de Blois de 1845 stipule que les bateaux chargés de moellons, pierres à plâtre, pierres de taille, charbon de terre, charpente, ainsi que les trains de bois doivent être amarrés et déchargés au quai du Petit Pré ou au chantier de la Creusille exclusivement. Les déchargements des bois à brûler, planches, cercles, carreaux, ardoises doivent également s'effectuer aux ports du Petit Pré ou de le la Creusille. La carte de l'ingénieur en chef Coumes (1848), les cartes de la Loire du milieu du XIXe siècle ne mentionnent pas de cale descendant vers la Loire. Le port est constitué d'un "port de déchargement" engazonné de forme irrégulière sur laquelle sont indiqués des "emprunts de terre" (?). L'une de ces carte mentionne une ébauche de cale abreuvoir simple orientée vers l'aval dans la partie aval du port qui correspond à la cale aval actuelle mais cette ébauche semble avoir été ajoutée postérieurement à la carte. Le rapport du conducteur subdivisionnaire Aillard daté de 1909 relatif au port de la Creusille apporte quantité de précisions quant à la datation des ouvrages et à la configuration de l'endroit. Le texte accompagné d'un plan précise qu'au tout début du XXe siècle, le port de forme trapézoïdale mesure 670 m de long sur 50 mètres de large et bénéficie de trois cales abreuvoirs simples et de trois accès depuis la levée. D'après Aillard, les deux cales d'abordages situées en aval ont été établies vers 1870-1871 pour remplacer dans la partie contiguë au mur de quai Amédée Contant un glacis perreyé en pente douce. La cale la plus près du pont sert d'abreuvoir. On ne sait pas à quelle époque a été construite la cale amont du port. En 1909, dix personnes (entrepreneurs ou privés) sont autorisées à déposer du sable et du jard sur le port de la Creusille en attendant leur enlèvement. En outre, l'administration a autorisé la Compagnie « la Rémoise » à établir sur le port des voies ferrées système Decauville pour favoriser l'extraction et le dépôt des sables et graviers. Cette activité se poursuit après la première guerre mondiale puisqu'en 1920, un industriel de Blois, Lebouc, sollicite encore l'autorisation d'occuper un emplacement sur le port de la Creusille pour y déposer du sable dragué dans la Loire. En aval du port de la Creusille, à l'extrémité de la levée de l'Eperon, une "Croix de pêcheurs" est mentionnée sur plusieurs plans du XIXe siècle (entre 1835 et 1884). Aujourd'hui, cette croix ancienne a disparu mais elle a été remplacée par une croix de bois de facture récente.