Commentaire descriptif de l'édifice
L'architecture de l'hôtel-Dieu se rattache à l'architecture ventilée dont les préceptes furent définis en 1788 par le chirurgien Jacques René Tenon (1724-1816), mandaté par l'Académie des sciences, dans son ouvrage qui prenait pour référence les hôpitaux parisiens. La réflexion sur l'hygiène publique était déjà amorcée depuis le milieu du 18e siècle, mais, dans le domaine médical, ce fut l'incendie en 1772 de l'emblématique hôtel-Dieu de Paris qui fut le point de départ d'un long et profond débat autour des questions liées à l'hygiène et à la conception architecturale des hôpitaux. Plusieurs projets furent présentés, puis Tenon, dans l'application des nouvelles théories, proposa un modèle d'hôpital calqué sur l'hôpital militaire anglais de Stonehouse à Plymouth. Il s´agissait de refuser la concentration architecturale et par conséquent celle des malades. Il suggéra donc de créer une segmentation des bâtiments (ou pavillons), reliés entre eux par des galeries ouvertes permettant la circulation de l'air, de part et d'autre de vastes cours, donnant une apparence de double peigne à ces hôpitaux.L'hôtel-Dieu d’Orléans qui adopte ce plan en double peigne constitue un exemple précoce de cette nouvelle norme architecturale. Il est contemporain de l'hôpital de la Reconnaissance de Garches (1835-1843), qui fait référence, et réalisé avant l'hôpital Lariboisière à Paris (1839-1854), considéré comme l'hôpital modèle de la typologie pavillonnaire en France. En 1844, à l'arrivée des premiers malades, il se composait du bâtiment principal d'accueil, couronné d'un fronton central, percé de grandes arcades en plein cintre, donnant sur la cour d'entrée ouverte sur la rue et complété par deux ailes en retour (ou pavillons) et communiquant à l'arrière, par un porche à trois arcatures, avec une vaste cour d'honneur (ou cour principale) rectangulaire bordée de bâtiments sur ses quatre côtés. Ces bâtiments, qui offraient au rez-de-chaussée un portique à arcatures formant galerie de circulation (libres à l'origine et closes après 1907), étaient prolongés, du côté occidental, par deux ailes perpendiculaires et de l'autre côté par une seule aile au sud-est, qui accueillaient les salles de malades.La partie sud, derrière la cour d’honneur, autour des deux petites cours intérieures était occupée par l’intendance, en particulier les cuisines et par l'amphithéâtre destiné aux cours de l’École de médecine qui fonctionna quelques années, de 1845 à 1849. Les bâtiments comportent deux niveaux rythmés par de hautes fenêtres en plein cintre. Sur les plans sont indiquées les salles de malades, à l'est les salles de femmes, à l'ouest les salles d’hommes. A l'ouverture, les salles de femmes, au rez-de-chaussée, se nommaient Saint-Nicolas au nord-est (l'unique salle ayant toujours conservé son nom d'origine) et Froberville au sud-est ; au second niveau, Sainte-Angèle au nord-est et Sainte-Claire au sud-est ; les salles d´hommes se nommaient, au rez-de-chaussée, Besnard au nord-ouest et Saint-Paul au sud-ouest ; au second niveau, Saint-Lazare au nord-ouest et Saint-Laurent au sud-ouest. Chaque grande salle accueille a minima une quarantaine de lits, disposés de part et d'autre d'une allée centrale.La cour d'entrée et la cour d'honneur sont construites en pierres de taille provenant des carrières de Malvaux (Nièvre) et Briare (Loiret). Les façades latérales et de l'arrière sont constituées de moellons enduits ; les soubassements, encadrements des ouvertures, pilastres et entablements sont en pierres de taille. Les marches des escaliers de distribution sont en pierre de Château-Landon, les menuiseries en chêne.Le bâtiment bas qui clôt l'hôtel-Dieu sur son flanc occidental renfermait les sanitaires destinés aux hommes dans la partie sud, et aux femmes dans la partie nord. Au milieu du mur de cette façade, rythmée de pilastres, trois arcatures évoquent l'emplacement de l'extrémité du pavillon central non réalisé.