POP

Plateforme ouverte du patrimoine

Église paroissiale Saint-Pierre

Désignation

Dénomination de l'édifice

Église paroissiale

Vocable - pour les édifices cultuels

Saint-Pierre

Titre courant

Église paroissiale Saint-Pierre

Localisation

Localisation

Occitanie ; 46 ; Saint-Pierre-Toirac

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Lot

Canton

Cajarc

Références cadastrales

2010 C02 793

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

En village

Partie constituante non étudiée

Réduit

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

4e quart 12e siècle ; 2e moitié 14e siècle (?)

Siècle de campagne secondaire de consctruction

17e siècle ; 2e quart 19e siècle

Année(s) de(s) campagne(s) de construction

1612 ; 1827

Commentaires concernant la datation

Porte la date

Description historique

Si la tradition selon laquelle l'église et le lieu de Saint-Pierre-Toirac ont été donnés en 889 par l'évêque de Rodez à l'abbaye Saint-Sauveur de Figeac n'est pas vérifiée, l'appartenance au monastère figeacois en 1146 est certaine. Un prieur est mentionné en 1244, mais aucun moine de Saint-Pierre-Toirac n'est jamais mentionné par la documentation, ce qui pourrait laisser entendre qu'il s'agissait d'un prieuré non conventuel : il n'y aurait donc pas lieu de rechercher d'hypothétiques bâtiments monastiques qui auraient disparu. La datation de l'église, et plus exactement de sa partie orientale, a été controversée, les chapiteaux étant attribués au 11e siècle ou bien considérés comme des oeuvres archaïsantes qui ne pouvaient être antérieures à la fin du 12e siècle, voire le milieu du 13e. La controverse est en elle-même significative de l'intérêt de l'édifice pour notre compréhension de l'évolution de l'art roman, en Quercy et au-delà. Le seul point d'accord résidait dans l'identification de deux phases de construction bien distinctes. L'étude a été reprise en 2008-2009 (Anaïs Charrier, 2009) en recourant aux méthodes de l'archéologie du bâti. Elle a surtout permis de démontrer qu'en dépit de l'apparente disparité qui existe, notamment du point de vue de la sculpture, entre les parties orientales et occidentales, l'édifice est le fruit d'un projet unique. Le chantier a été conduit simultanément par deux équipes. L'une, travaillant le grès, ouvrit le chantier à l'est et construisit l'ensemble du chevet. L'autre, travaillant le calcaire, partit de l'ouest, éleva les murs gouttereaux des bas-côtés, puis l'intérieur de la nef. Les irrégularités de plan visible dans la nef résultent d'un changement de parti en cours de travaux pour créer une croisée du transept de plan carré au lieu de la travée rectangulaire initialement prévue. La datation doit être fondée sur les formes reconnues comme étant les plus récentes, en particulier la croisée d'ogives et les arcatures trilobées des fenêtres hautes de la travée droite du choeur, qui ne peuvent être antérieures au milieu du 12e siècle, et qu'il faut plus probablement situer dans les deux dernières décennies du siècle. C'est donc avec près d'un siècle de distance que le décor sculpté du chevet, délibérément archaïque, fait explicitement référence aux grands modèles de Saint-Sauveur de Figeac et de Sainte-Foy de Conques. C'est peut-être dès les premières décennies de la guerre de Cent ans, dans la seconde moitié du 14e siècle, que l'absidiole nord est remplacée par une tour, en même temps qu'est ajouté à l'ensemble de l'église un niveau fortifié qui sera complété en 1513 (L. d'Alauzier, 1951) et fera l'objet de nouveaux travaux au 17e siècle. En 1490, la fabrique avait commandé deux cloches à Guillaume Ricard, payrolier de Figeac. Dès le 13e siècle, semble-t-il, la façade occidentale a fait l'objet de reprises en raison d'un défaut de stabilité du sol à cet endroit. Un cartouche avec la date de 1612 (ou 1618), témoigne d'une autre campagne de réparation. Un porche lui est ajouté en 1827, date inscrite sur le portail néo-classique. Les vitraux sont signés L. V. Gesta de Toulouse.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Calcaire ; grès ; pierre de taille ; moellon

Matériaux de la couverture

Tuile plate ; calcaire en couverture

Typologie de plan

Plan allongé

Description de l'élévation intérieure

3 vaisseaux

Typologie du couvrement

Cul-de-four ; voûte d'ogives ; voûte en berceau plein-cintre ; voûte d'arêtes ; fausse coupole

Typologie de couverture

Toit à longs pans ; croupe ; croupe ronde

Emplacement, forme et structure de l’escalier

Escalier hors-oeuvre : escalier en vis sans jour, en maçonnerie

Commentaire descriptif de l'édifice

L'église est située au centre du village qu'elle domine de sa masse, résultat des campagnes successives de fortifications de ses parties hautes qui l'ont transformée en véritable donjon. Elle présentait au contraire à l'origine des volumes étagés, avec des toitures plus basses sur les absidioles et les collatéraux que sur l'abside, les bras du transept et le vaisseau central de la nef, au-dessus desquels se dressait la tour du clocher établie sur la travée droite du choeur. La nef de la fin du 12e siècle possédait deux portails, l'un au sud à double rouleau et sans décor, l'autre au nord à voussures soulignées d'un tore et de cavets et dont provient sans doute le tympan sculpté de Samson remployé dans la maçonnerie du porche de 1827. Les trois vaisseaux sont voûtés de berceaux en plein-cintre ou légèrement brisés, sur arcs doubleaux. Les quatre piles, cruciformes à colonnes engagées, sont décalées vers l'ouest, ce qui indique que les murs latéraux étaient déjà en partie construits lorsqu'a été décidée la modification du plan de la croisée. Celle-ci est aujourd'hui couverte d'une fausse-coupole en briques. Les bras du transept, non saillant, sont voûtés de berceaux en plein-cintre ; ils sont éclairés par une fenêtre haute au nord, et un groupe de trois fenêtres superposées deux et un au sud ; le pignon d'origine est encore visible dans la surélévation côté nord. Deux passages couverts en plein cintre mettent en communication le choeur et les deux chapelles latérales ouvrant sur les bras du transept. La chapelle nord présentait le même plan que la chapelle sud, avec une travée droite et une absidiole semi-circulaire, dont ne subsistent plus que les premières assises à la base de la tour du 14e siècle. Le choeur est établi sur un plan semblable, mais avec une abside polygonale. Il se distingue surtout par l'originalité affirmée des formes et de leur combinaison, qui se manifeste avec la croisée d'ogives de la travée droite, à grosses nervures carrées, dont les retombées entraînent une multiplication des supports de part et d'autre des baies en croix placées sous des arcatures trilobées, ou de l'arcature intérieure de l'abside aux intrados taillés en dents d'engrenage. C'est la même recherche d'effet qui conduit à réserver l'emplacement des colonnettes dans les tableaux du rouleau extérieur de la fenêtre d'axe. Dans la nef, le décor des chapiteaux se limite pour l'essentiel à des feuilles lisses, emboîtées, juxtaposées ou en couronnes superposées. La sculpture est au contraire omniprésente dans les parties orientales, principalement absidioles et choeur, où elle répond à la sophistication des formes architecturales. Une première série est constituée de chapiteaux à décor couvrant où dominent des entrelacs géométriques d'un dessin très varié, dont les brins se transforment en demi-palmettes ou plus exceptionnellement en têtes de monstre. Un deuxième groupe est formé de quelques chapiteaux historiés parmi lesquels on reconnaît Adam et Eve de part de d'autre de l'Arbre, des anges tenant chacun un livre, les autres scènes n'étant pas explicitées : un homme portant un loup, un roi trônant entre deux soldats, etc. Leur facture raide et plate leur confère un archaïsme qui fait écho à celui des décors d'entrelacs. Il faut sans doute attribuer à la même équipe de sculpteurs les anges plaqués sur les nervures de la croisée d'ogives, mais aussi le tympan où sont représentés Samson combattant le lion, et un ange.

Technique du décor des immeubles par nature

Sculpture

Indexation iconographique normalisée

Ornement végétal ; entrelacs ; ange ; homme ; animal ; Adam ; Eve ; lion

Protection et label

Date et niveau de protection de l'édifice

1903/08/30 : classé MH

Référence aux objets conservés

IM46207173 ; IM46207174 ; IM46207175 ; IM46207176 ; IM46207177 ; IM46207178 ; IM46207179

Intérêt de l'édifice

À signaler

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété de la commune

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2006

Date de rédaction de la notice

2010

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Séraphin Gilles ; Scellès Maurice ; Charrier Anaïs

Typologie du dossier

Dossier individuel

Adresse du dossier Inventaire

Conseil régional Occitanie - Direction de la Culture et du Patrimoine - Service Connaissance et Inventaire des Patrimoines 22, bd Maréchal Juin 31406 Toulouse cedex 9 - Espace Capdeville, 417 Rue Samuel Morse, 34000 Montpellier - 05.61.39.62.47

Chevet vu depuis le sud-est.
Chevet vu depuis le sud-est.
© Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; © Conseil départemental du Lot
Voir la notice image