Description historique
La grange figure avec son emprise actuelle sur le cadastre de 1834. Une étude dendrochronologique de la charpente a permis de situer sa construction à la fin du Moyen Age.£LES DISPOSITIFS MEDIEVAUX :£Sur les cinq fermes en place, quatre sont constituées de bois coupés et mis en oeuvre à la fin du 15e siècle. Les trois fermes est, formées d'arbalétriers courbes ennoyés dans les murs gouttereaux, se rattachent à une même phase d'abattage réalisée au printemps 1487. En revanche, la ferme située à l'extrémité ouest du bâtiment ne peut avoir été mise en oeuvre avant les années 1492-1493. La panne reliant les quatre dernières fermes sur le versant nord est également datée de la fin du 15e siècle, mais elle a probablement été remontée lors de la réfection de la toiture. Deux hypothèses sont ainsi plausibles : une construction initiale en 1487, avec un agrandissement vers l'ouest autour de 1493, ou bien une construction de l'ensemble après 1492, avec des chênes stockés quelques années. L'homogénéité des maçonneries, en dépit de nombreuses reprises et d'une reconstruction partielle du mur sud, plaide plutôt en faveur de la deuxième hypothèse.£LES RECONSTRUCTIONS DU 18e SIECLE :£Seule la quatrième ferme, reposant sur deux blochets et définissant un angle plus ouvert, semble étrangère aux dispositions médiévales. Elle s’inscrit dans le même plan de toiture que le mur-pignon est, alors que les fermes anciennes, ultérieurement rehaussées de cales, définissent un profil de toit plus pentu. La dendrochronologie confirme ici l'hypothèse d'une réparation tardive, au moyen de bois coupés au début du 18e siècle et, probablement, d'un remploi daté du début du 16e siècle.£Près de cette ferme centrale, le mur sud révèle des traces de reprise des parements intérieur et extérieur : elles pourraient correspondre à un bouchage consécutif à la dépose d'un arbalétrier ennoyé dans la maçonnerie. La ferme sur blochet aurait ainsi remplacé une ancienne ferme à courbes établie dans la continuité des trois premières.£A la réfection du toit et de la charpente, on peut associer la reconstruction du mur-pignon qui a reçu une nouvelle porte charretière, un pigeonnier de pignon et une petite soue latérale. Les maçonneries de cette dernière présentent un appareil soigné, similaire à celui du pignon servant de pigeonnier. Les traces de reprise du pignon permettent de restituer un profil symétrique pouvant correspondre à l’état du 18e siècle. Un appareil plus irrégulier, visible au centre de la façade, signale les reprises ultérieures qui ont modifié la forme du pignon.£EVOLUTIONS A LA LIMITE DES 19e et 20e SIECLES :£D’autres remaniements sont intervenus dans un troisième temps, notamment au niveau de la toiture. Ils ont consisté à renforcer la charpente ancienne au moyen de blochets et de sablières permettant de soulager les arbalétriers. Cette adjonction est contemporaine d'une reprise de l'arase du mur gouttereau sud réalisée au moyen d’un mortier de chaux rose largement débordant. Les assemblages observés au sud attestent d’une modification réalisée dans un second temps après la mise en œuvre de la quatrième ferme sur blochets. Ces travaux pourraient être liés au remplacement de l’ancienne toiture en chaume par une couverture plus lourde en tuiles plates. On peut raisonnablement les situer entre le milieu du 19e et le début du 20e siècle.£Sans doute à la même période, le mur-pignon a été à nouveau reconstruit et lié à la soue préexistante. Cette réfection aboutit à un pignon asymétrique qui servait d’appui à un auvent sur poteaux précédant l’entrée de la grange. Entièrement disparue, cette structure a fait l’objet d’un relevé par Christian Lassure au début des années 1980 (publié dans Obereiner 1982, p. 51). La réfection de la toiture, la reprise du mur-pignon et l’édification de l’auvent dans le prolongement du toit relèvent sans doute d’une même campagne de construction.£Dans ses "Notes d'architecture rurale", publiées en 1982 dans Quercy-Recherche, Jean-Luc Obereiner voyait dans la présence de blochets et de sablières un critère de perfectionnement par rapport à des granges à courbes datées de la même époque (Saint-Médars-Catus, ferme du Rouergoux). Cependant, le caractère assez récent de ce dispositif, probablement lié à un changement de couverture, ne laisse aujourd'hui guère de doute.